La France, en la matière, fait figure d'exception.Dans les pays scandinaves, le consensus est là!!

Publié le par Alain Genestine



Gauche /droite mode d'emploi

sociaux démocrates et conservateurs en Europe

En dix ans, la gauche a perdu la majorité des gouvernements des 27. La social-démocratie est en crise et n'ose pas rompre les liens avec ses éléments radicaux, de peur de perdre des voix. Au point de ne pas en gagner. Jamais la droite n'avait eu autant de pouvoir en Europe. Capable de se moderniser et forte d'une identité néo-libérale affirmée, elle séduit de plus en plus l'électorat européen.

1998 : année phare de la gauche européenne. Tony Blair au Royaume-Uni, Lionel Jospin en France, Gerhard Schröder en Allemagne : les technocrates de la « troisième voie » cumulent les succès économiques. Entre social-démocratie et néo-libéralisme, la politique du centre-gauche semble de taille à rompre les crimes de l'ogre capitaliste, destructeur d'emplois et bouffeur d'Etat-providence.
Dix ans après : le socialisme est mort, enterré et oublié. Dans tous les pays de l'Union, les idéaux d'origine de la gauche sont mis à la trappe. Seuls l'Espagne de Zapatero et la Bulgarie de Serguei Stanichev se réclament encore d'un parti de gauche gauchisant. José Sócrates, Premier ministre du Portugal, assure que « l'affirmation du Parti socialiste se fait au centre ».

Revers cuisants pour la gauche

Entre espoir et désarroi, les sociaux-démocrates de tous les pays tentent l'union impossible avec la gauche radicale. Pour défendre un projet alliant exigences d'une économie sociale de marché à la défense des droits des travailleurs. Aucun parti de gauche réformiste ne réussit à l'emporter de cette façon.
Depuis les années 2000, la gauche connaît donc des revers cuisants. En Allemagne, Schröder laisse la place à Merkel. L'Islande de Geir Haarde, le Danemark d'Anders Fogh Rasmussen et la Suède de Fredrik Reinfeldt, à forte tradition sociale-démocrate, prennent le pari du libéralisme. En Pologne, les élections européennes de 2004 et les législatives de 2005 voient l'avancée de la droite chrétienne et populiste. Les frères Jaroslaw et Lech Kaczynskil'emportent contre l'union des socialistes.

Car cette crise d'identité se retrouve aussi chez les nouveaux entrants de l'Union. Comme en Slovénie, où le Premier ministre de gauche Janez Jansa ordonne les mesures les plus libérales que le pays ait connu. Ou en Hongrie, où se forme en 2004 une coalition du parti socialiste et des libéraux de gauche. Et entraîne d'énormes contestations en 2005 contre les réformes économiques sévères de Ferenc Gyurcsány. La division des socialistes lors des référendums hollandais et français sur le TCE le révèle : la gauche sociale-démocrate n'est plus capable de construire l'alliance entre classes moyennes et exclus, salariés et chômeurs. Une union qui garantissait son succès. Auparavant. Les classes moyennes voient leur intérêt ailleurs qu'à gauche. De plus en plus tournées vers la droite, qui a fait sien le combat pour une société toujours plus libérale. Avec quelques résultats notables.

Réformer l'Etat Providence

La moitié des gouvernements européens sont de centre-droit ou libéraux. A part en Pologne, la droite conservatrice a fait son temps en Europe. Place à la droite moderne ! Nationaliste, comme le Premier ministre letton Aigars Kalvitis ou son pendant maltais Lawrence Gonzi. Chrétien-social, comme Jean-Claude Juncker, au Luxembourg. Ou d'essence libérale, tel Andrus Ansip, en Estonie.
Tous s'entendent sur un même point et l'assument : l'Etat-providence a besoin d'être réformé pour réduire les dépenses et permettre aux entreprises de ne plus être menacées par la concurrence.
Exonération des charges sociales, réformes des retraites, démantèlement des services publics... Aux Pays-Bas, où Jan Peter Balkenende a dirigé les mesures les plus douloureuses, la croissance revient. En Belgique, le Premier ministre Guy Verhofstadt a autant contribué, par ses mesures libérales, au retour de la croissance qu'à la division du peuple belge.
La France, en la matière, fait figure d'exception. Les gouvernements successifs de Raffarin et Villepin font face à une contestation énorme contre les réformes des retraites et de la sécurité sociale.

Dans les pays scandinaves, le consensus est là. Le modèle danois de « flexsécurité » se retrouve dans tout le Nord de l'Europe. Le dialogue social suédois fait rêver jusqu'à Ségolène Royal. Mais ce qui fut imposé par les sociaux-démocrates dans les années 90 peut être menacé par les libéraux qui viennent d'être élus en Suède et au Danemark.

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