Vision du management des entreprises dans 10 ans

Publié le par Alain Genestine


Management stratégique : les sept défis à relever d'ici à 2016

Une étude anglaise publiée par l'opérateur Orange Grande-Bretagne décrypte la mutation des formes de travail et les enjeux majeurs pour les entreprises de demain, afin d'être au top de la compétitivité. Voici les challenges-clés pour les managers qui veulent rester dans la course.


 
 
 
 

2016, à peine une décennie. La plupart d’entre vous seront toujours actifs. A quoi ressemblera le monde du travail de demain ? Le dernier rapport d’Orange Future Enterprise coalition (OFEc), un groupe de réflexion de l’opérateur télécoms anglais, intitulé « Modes de travail : espace, lieux et technologie en 2016 », apporte une ébauche de réponse. Il envisage quatre scénarios d’organisation du travail puis développe les sept défis stratégiques que devront relever les entreprises si elles veulent rester compétitives. Dans cette optique, la flexibilité du temps et des lieux de travail ainsi que la propriété intellectuelle devront être leurs deux priorités managériales, estime le rapport.
La réflexion relève plus de l’anticipation que la science-fiction : elle est basée sur l’observation des tendances actuelles, en germe ou plus ancrées. D’ailleurs peut-être travaillez-vous déjà comme en 2016 sans le savoir…

1 - Future organisation du travail : les quatre « mondes » possibles

La réalité sera probablement un mélange de ces quatre scénarios souligne l’étude.

Les mondes mutuels. Tout se passe dans le cadre des communautés locales, vie privée comme professionnelle. Le modèle coopératif prévaut, au lieu du « big business ». Oubliés aussi dans ce système les trajets pour aller au bureau : les gens préfèreront travailler dans de petites entreprises locales, souvent connectées au réseau d’autres structures similaires.

Les « répondants » (en anglais « replicants »). La figure du consultant freelance deviendra dominante tandis que celle du salarié déclinera. Il ne sera pas rare de travailler pour plusieurs entreprises. On perdra en sécurité de l’emploi, en visibilité et en routine ce que l’on gagnera en liberté. La majeure partie des tâches s’effectuera chez soi, avec la possibilité de s’installer temporairement dans les bureaux de son client du moment. Dans un contexte d'incertitude sur l’avenir, les travailleurs alterneront périodes d’activité intense et repos. Ce sera à eux d’aller vers les entreprises et non l’inverse, même si celles-ci devront veiller à rester attractives.

Les cottages électroniques. Comme ce nom le suggère, le télétravail deviendrait la norme, univers privé et professionnel se confondant. Plus besoin de subir une heure de transport, les salariés se logueront de chez eux sur le réseau de l’entreprise. Les réunions se tiendront dans de petits bureaux centraux situés à courte distance. La flexibilité du temps de travail s’impose. Les salariés disposeront de plus de marge de liberté dans leur activité.

Les disciples de la nuée. Cette appellation poétique cache simplement une extension de l’organisation actuelle des grandes entreprises, avec des salariés se rendant sur un lieu de travail centralisé. Le rôle croissant des technologies de l’information multipliera les façons de collaborer et accroîtra l’efficacité. Le contrôle du travail sera omniprésent. La frontière entre travail et vie privée restera marquée.

2 - Sept défis pour les entreprise et leur managers

Quoi qu’il advienne, les entreprises et leurs dirigeants devront concentrer leurs efforts sur sept points-clés pour s’adapter. Voici quelques exemples de problématiques soulevées par le rapport et des pistes de solution.

Le leadership. Les managers devront, entre autres, savoir persuader et influencer des travailleurs beaucoup plus indépendants. Ils auront aussi à repenser les niveaux auxquels prendre les décisions stratégiques, en haut ou au contraire à des degrés moins élevés de la pyramide hiérarchique.
> Faire du management une force facilitant les activités transversales plutôt que la réduire à la seule fonction de décision.

La culture d’entreprise. Davantage de salariés capables de réfléchir seront nécessaires, tandis que les tâches qui peuvent être automatisées ou scriptées diminueront. Un des enjeux : créer une culture à même d’attirer et d’encourager les personnes présentant ces qualités de réflexion requises dans un contexte de compétition accrue et de plus grande indépendance des travailleurs.
> Passer, si nécessaire d’une culture d’entreprise forte à un mode d’engagement plus consensuel moins rebutant.

La marque. Conséquence du recours croissant à l’outsourcing, l’image d’une marque dépendra plus d’agents extérieurs qui ne fonctionnent pas forcément selon le même mode d’organisation. Comment garder le contrôle dessus ?
> Choisir le mode qui corresponde le plus à vos valeurs et prévoir un programme de risk management qui mette en évidence où les conflits sont susceptibles de jaillir.

L’innovation. Plus que jamais, il faudra faire face à une accélération du rythme de l’innovation, en proposant constamment des solutions adaptées.
> Tisser des partenariat stratégiques avec d’autres entreprises pour partager les coûts et les fruits de l’innovation.

Le défi opérationnel et technologique. De quelle façon contrôler l’information, c’est-à-dire faire en sorte que les bonnes personnes accèdent facilement à une information toujours en phase, tout en maintenant la sécurité ?
> Recourir à des « feuilles de route des futurs », synthétisant en une page les indicateurs sociaux et de consommation, ainsi que les évolutions technologiques et législatives qui influent sur les changements, et indiquant comment ils modifient vos marchés, vos clients et votre organisation.

La qualité. Si de nouveaux procédés ont pu dégrader la qualité, comme le recours à des centres d’appel externalisés, d’autres idées se sont révélées plus prometteuses, comme en témoigne le succès de certaines compagnies aériennes low cost. Elles ont su conjuguer prix serrés et services élevés, ce qui devra devenir la norme estime l’étude.
> Continuer de rechercher la qualité. Elaborez aussi une bonne prestation service qui inclut une livraison de qualité, voire créez-la en partenariat avec les consommateurs.

La législation. La question de la propriété intellectuelle pourrait être problématique. Elle est déjà source de conflits, comme en témoigne le procès pour violation de brevet intenté à RIM, le fabricant canadien du Blackberry, par NTP. Que pourra-t-on et que faudra-t-il protéger par un brevet ? Il sera également nécessaire d’adapter la législation aux nouveaux modes d’organisation.
> Collaborer avec les acteurs du même secteur et les législateurs pour développer les modèles des lieux de travail du futur et bâtir le droit le plus adéquat.

Orange a-t-il vu juste dans ses prévisions ? Rendez-vous dans neuf ans pour la réponse…

Publié dans Management

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