Me Royal et sa méthode participative, même les jeunes de L'UNEF ne sont pas consultés

Publié le par Alain Genestine


Le "contrat" de Royal
fait bondir les étudiants

NOUVELOBS.COM | 05.04.2007 | 11:29

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"Lancer un 'contrat première chance' ou un 'contrat première quelque chose' un an après le retrait du CPE, j'appellerais ça une connerie", a déclaré Bruno Julliard, président de l'Unef.

 

Bruno Julliard (AP)

Bruno Julliard (AP)

Le "contrat première chance" que Ségolène Royal propose pour les jeunes non qualifiés, dont le salaire et les charges seraient couverts par l'Etat pendant un an, a suscité mercredi 4 avril l'inquiétude de représentants des jeunes, dont l'ancien leader de la fronde anti-CPE Bruno Julliard (Unef) qui a qualifié cette idée de "connerie".
Ce contrat aidé, dévoilé la semaine passée par la candidate du PS, est destiné aux 190.000 jeunes qui sortent chaque année sans qualification du système scolaire. Salaire et charges seraient intégralement couverts pendant un an par l'Etat s'ils sont recrutés dans de très petites entreprises de moins de dix salariés, secteur où 500.000 emplois ne sont pas pourvus. Il s'appliquerait dès juin.

"Une connerie"

"Je ne suis pas un spécialiste de communication, je n'ai pas le parcours de Jacques Séguéla, mais lancer un 'contrat première chance' ou un 'contrat première quelque chose' un an après le retrait du CPE (contrat première embauche), j'appellerais ça une connerie", a expliqué sans fard mercredi à l'AP Bruno Julliard, président de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France), principal syndicat étudiant.
"C'est un énième contrat destiné aux jeunes" et "les contrats spécifiques jeunes n'ont pas eu d'impact", sauf pour les emplois-jeunes dans le public, souligne-t-il. "Si les jeunes ne l'ont pas accepté de la droite, ils ne l'accepteront pas de la gauche", avertit-il, jugeant cette mesure "assez proche du CPE" en l'état.
"C'est un CPE et un CIP réunis", a également regretté un ténor du PS sous couvert d'anonymat. Retiré en 1994 après d'importantes manifestations, le contrat d'insertion professionnelle permettait d'embaucher des jeunes rémunérés en dessous du minimum légal.
Bruno Julliard fait également part de son "inquiétude" sur la période d'essai. Si elle est d'un an, ce n'est "pas acceptable". Il juge "choquant" que l'Etat assume le salaire pour l'entreprise: "Le message qu'on adresse aux jeunes est insupportable, c'est de dire 'le travail que vous produisez ne produit pas de richesses'".
Surtout, l'ancien leader des manifestations contre le CPE redoute un "effet d'aubaine". En l'état, ce contrat ne prévoit aucun dispositif contraignant pour obliger l'employeur à embaucher le jeune en CDI (contrat à durée indéterminée) après un an. "Le Medef n'en avait même pas rêvé, l'emploi gratuit!", ironise-t-il. Les entreprises "prendront un jeune pendant un an, et qu'est-ce qu'elles en feront après?"

"Une mauvaise réponse"

"C'est une mauvaise réponse à une très bonne question", juge Bruno Julliard, qui prône une "reconnaissance des qualifications" pour que les jeunes diplômés n'occupent plus les emplois des jeunes non qualifiés. "Si les zones d'ombre ne sont pas éclaircies, pour nous ça n'apparaît pas acceptable", conclut-il, en attendant le rapport que Ségolène Royal a confié à la sociologue Dominique Meda.
Président du Mouvement des jeunes socialistes, Razzye Hammadi a pour sa part expliqué à l'AP que "l'idée a l'avantage de s'attaquer aux emplois vacants dans l'entreprise et dans l'artisanat". Mais "il ne faut pas laisser s'installer l'idée fausse d'un CPE de gauche. C'est pour cela que la période d'essai doit être de deux mois et non pas d'un an et le Smic doit être la référence", nuance-t-il.
Mercredi, Ségolène Royal a brièvement exposé son "contrat première chance" lors d'une conférence de presse sur la jeunesse au siège du PS, où elle est restée moins de quinze minutes. Une réunion avec les jeunes de la "Ségosphère", à laquelle le MJS n'était pas convié. "Sans commentaire", a sobrement déclaré Razzye Hammadi.
"Dans le cadre de la mission que lui a confiée Ségolène Royal sur la définition des modalités du contrat première chance", Dominique Meda devait rencontrer Bruno Julliard (UNEF) ce mercredi et Razzye Hammadi (MJS) jeudi, selon un communiqué. (AP)

Publié dans Jeunesse

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