Le Libéralisme vu par un intello du Nl-Obs

Publié le par charleston-blog-nl obs

04.03.2007
A l'origine du mot, avec Saint Simon et ses disciples, le socialisme, c'est du libéralisme à la française

Je trouve regrettable les attaques insensées qui viennent des fonctionnaires de la politique en France contre le libéralisme. On s'aperçoit dans les faits que ces attaques portent contre toutes les libertés sous les leurs. Il y a ici une arrogance incroyable pour une classe politique professionnelle qui vit du recyclage des impôts. Je ne dis pas ici qu'ils sont corrompus (cela est très marginal) mais que leur pratique professionnelle consiste à soutirer de l'argent dans les échanges économiques, par l'impôt, et à réinjecter cet argent par des subventions. Cette action est totale dans les capitalisme étatiques qu'ont été les pays dirigés par des partis communistes à partir de la Russie.

Ceci est le fait de tous les États. Ceux qui les dirigent s'appuient sur le monopole de la force physique pour imposer leur volonté à tous leurs sujets. Par conséquent, il y a une tradition forte en France qui va de Louis XI jusqu'à nos jours pour prendre et redistribuer l'argent de la société afin de maintenir un pouvoir politique central. L'étatisme est une valeur solide universelle de l'autoritarisme mondial qui regroupe Louis XIV, Bonaparte, Staline, Mao, Pétain, Mussolini, Hitler...et bien d'autres. Face à cette valeur autoritaire centralisée, il y a les défenseurs des libertés individuelles qui, de toutes les époques, ont que la vie a un charme en elle-même. Les partisans de l'autoritarisme sont des robots plus ou moins complexes qui veulent transformer tous les êtres humains en mécanique manipulables.

Or, la fonction politique est devenue industrielle au 20e siècle et a donné à ces fonctionnaires des pouvoirs extraordinaires de vie et de mort sur leurs semblables. Le plus important est celui qui peut les conduire à déclencher une explosion atomique pour détruire massivement le genre humain. Face à ce pouvoir délirant, s'est développé un courant libéral (au sens de l'action collective) et libertaire (au sens de l'action individuelle).

En France la confusion actuelle de vocabulaire sur le libéralisme vient de loin. Le libéralisme est toujours apparu comme "étranger" et donc "pas catholique du tout". C'est un style de vie d'homme libre qui a surtout caractérisé l'Angleterre au 18e siècle. Londres est alors avec Amsterdam, la ville de défense des libertés en Europe. Elles se mettent depuis longtemps en opposition avec l'absolutisme catholique dont le colbertisme est un avatar. Voltaire entreprend de diffuser ces idées dans notre pays. Ceci lui vaut des ennuis avec la royauté mais aussi une notoriété comme premier défenseur systématique de certaines libertés individuelles. Avec l'affaire Calas, il prend la défense d'un protestant persécuté au nom de la liberté individuelle et non pas en tant que partisan de la doctrine de Calvin qu'il rejette également.

La majorité de la gauche française a rompu avec Voltaire en inventant un mélange jésuitique de Bonaparte et de Marx dont le stalinisme du PCF a constitué le chef d'oeuvre. Ce curieux mélange a explosé dans la période qui a vu la chute de l'URSS. Nous sommes encore dans la queue de comète de cette période. L'héritage anti-libéral a cependant subsisté de manière cihérente dans l'extrême droite de Le Pen. C'est pourquoi, Marianne a une bonne idée en montrant qu'il est nécessaire de rétablir l'honneur du libéralisme véritable en France. Et de souligner ainsi que c'est une honte pour le PS de se définir comme anti-libéral comme les émules de Le Pen. Espérons que l'exclusion de Frêche est le début d'un salutaire redressement du discours PS vers sa pratique réelle qui tout à fait clientéliste. Ceci permettrait de constater que le socialisme (mot inventé par par Sieyès et redécouvert par Saint Simon et ses disciples) est tout simplement du libéralisme à la française. Michel Rocard avait toutes les qualités intellectuelles pour effectuer cette synthèse. Hélas, il n'a pas laissé de progéniture politique pour en assurer la continuité. Sa brillance personnelle a éclipsé ses velléités confuses de faire école. Ceci a donné un PSU parti intelligent au départ et conglomérat gluant à la fin.

Saint Simon proposait aux Français de faire la "révolution industrielle" (terme qu'il invente) au lieu d'une "révolution politique toujours en train de renforcer l'État centralisateur et despotique. Ainsi Bonaparte est-il vu dans cette optique comme l'un des pires dictateurs sous le régime d'un policier, Fouché, issu de la terreur (le crime) et d'un diplomate corrompu producteur de complots en série (Talleyrand), le vice.
 

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