#2 - Zones de conflits :

Publié le par AL de Bx

 

 

  • Quand le Hezbollah se fait l'outil de Téhéran pour

    menacer Israël

  • Intervention militaire au nord du Mali Hillary Clinton a-

    t-elle eu le quitus de Bouteflika ?

 

 

 

THEME 5 - 1 : Quand le Hezbollah se fait l'outil de

Téhéran pour menacer Israël

Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour

Date : 30 octobre 2012
Auteur : Sandra Noujeim

L'Iran dit détenir des photos de bases militaires israéliennes et d’autres sites sensibles envoyées en direct par le drone Ayoub (ou Job) du Hezbollah. Que cette information ait été démentie hier par un haut officier de l’armée israélienne est sans importance si l’on examine de près la déclaration du parlementaire iranien Esmail Kowsari (« nous avons aussi la capacité de produire des drones d’attaque », a-t-il martelé) mais aussi du responsable israélien, qui définit le drone Ayoub comme une « démonstration de savoir-faire », sans toutefois cacher ses craintes sur le développement éventuel de « drones suicidaires », qui pourraient être envoyés s’écraser sur des cibles israéliennes. Le drone Ayoub, outil stratégique militaire, reflète de toute évidence les tensions régionales accrues, mais incarne surtout l’implication logistique et matérielle déclarée du Hezbollah en faveur d’un combat iranien de plus en plus menaçant. De prime abord, les milieux proches du parti de Dieu rejettent toute répercussion de l’affaire du drone et de ses embranchements sur la scène interne. «C’est un message clair que le Hezbollah veut surtout adresser aux protagonistes régionaux : la priorité est de combattre Israël et les rangs doivent rester unifiés à cette fin », affirme à L’Orient-Le Jour une source proche du Hezbollah. Ce message devrait ainsi servir à absorber la crise qui secoue notamment la Syrie. C’est justement le rôle régional du Hezbollah que critique le coordinateur du secrétariat général du 14 Mars, l’ancien député Farès Souhaid. L’affaire du drone porte, selon lui, trois messages. « D’abord, c’est la preuve que la décision de la guerre et de la paix au Liban ne relève pas du Hezbollah uniquement, mais de l’influence iranienne imposée au Hezb, comme l’auront indiqué préalablement les révélations iraniennes sur la présence de pasdaran au Liban et en Syrie », affirme Farès Souhaid à L’Orient-Le Jour. Mais au-delà des arguments habituels qui dénoncent « la transformation du Liban en boîte aux lettres entre l’Iran et Israël », ou encore « le contrôle par le Hezbollah du sort des Libanais et du tournant de leur vie quotidienne », le coordinateur du 14 Mars met l’accent sur un élément concret de la stratégie interne (renouvelée) du Hezbollah. Le drone Ayoub aura en effet « sapé les efforts du chef de l’État qui croyait que la question du dialogue national pourrait assurer une libanisation du Hezbollah », affirme Farès Souhaid. Pourtant, la source proche du Hezbollah a encore invoqué à L’OLJ l’attachement du parti de Dieu au dialogue, qui prouverait sans l’ombre d’un doute son souci pour la stabilité du pays. D’ailleurs, « le Hezbollah aurait pu profiter des heurts récents à Tariq Jdidé et ailleurs pour déclencher la bataille, mais il ne l’a pas fait », déclare la même source. C’est que cette bataille se situe ailleurs, sur un terrain politique certes dénaturé par les armes, mais qui maintient une façade institutionnelle, entretenue par les centristes sur lesquels le Hezbollah semble vouloir resserrer l’étau, comme le relèvent certains observateurs proches du 14 Mars. D’abord, le président Sleiman avait amorcé une stratégie de défense qui reconnaît l’importance des armes du Hezbollah mais les place sous le commandement de l’armée. Cette directive est court-circuitée par l’affaire du drone Ayoub, en même temps que pèsent les menaces d’assassinat contre le chef du Front de lutte nationale Walid Joumblatt et que se réduit la marge de manœuvre du Premier ministre Nagib Mikati à l’égard du Hezbollah, surtout après l’assassinat du général Wissam el-Hassan. Mais l’angle du 8 Mars est tout autre, dissimulé derrière une interprétation parcellaire de la position des ambassadeurs occidentaux pour le maintien de la stabilité. « Quelle mainmise du Hezbollah lorsque l’on sait les tiraillements entre lui et les composantes du cabinet sur plusieurs dossiers socio-économiques ? » fait remarquer en outre la source du Hezb. Cela aussi est un argument puisé dans la phase ayant précédé l’assassinat du général Wissam el- Hassan. Il reste que le meilleur moyen pour le Hezbollah de contrecarrer la chute du régime syrien est de prendre le pouvoir dans l’absolu, au risque de se trouver asphyxié à l’intérieur du territoire libanais. C’est pourquoi, à l’heure actuelle, le mot d’ordre est à « la lutte régionale », qui rejaillit comme une priorité même dans les discours du Courant patriotique libre, comme l’a annoncé du Canada où il est en visite le député Gebran Bassil, cadre un des concepteurs de la politique de son mouvement. Un discours qui n’a jamais été aussi différent de celui du 14 Mars. Pour Farès Souhaid en effet, « l’heure en 2005 était à la position syrienne ; aujourd’hui, à l’heure du pré-effondrement du régime syrien, l’ennemi se trouve à l’intérieur du pays, dissimulé dans un habit libanais... ».


THEME 5 - 2 : Intervention militaire au nord du Mali

Hillary Clinton a-t-elle eu le quitus de Bouteflika ?

Source, journal ou site Internet : Liberté

Date : 30 octobre 2012
Auteur : Salim Tamani

Tout le monde est d’accord pour l’option militaire. Demeurent quelques inconnues : quand, comment et avec qui ? Sans oublier l’issue de la présidentielle US qui pourrait peser sur la suite des évènements. La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, est arrivée hier à Alger pour une visite d’une dizaine d’heures avec au menu un dossier aussi lourd qu’est la situation chaotique du Mali. Après la résolution adoptée le 12 octobre dernier par le Conseil de sécurité de l’ONU autorisant le déploiement d'une force internationale de quelque 3000 hommes au Mali et donnant jusqu'au 26 novembre à la Cédéao (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest) pour préciser ses plans, la question de l’intervention militaire pour libérer le nord du Mali ne se pose plus. Aujourd’hui, il s’agit de savoir comment va-t-elle se faire et qui y participera. Si Alger n’a jamais exclu cette option, elle a néanmoins privilégié le dialogue pour donner le maximum de chance à la solution politique. Mais force est de constater que la situation, aussi bien sécuritaire qu’humanitaire, se dégrade de jour en jour. Depuis le coup d’État du 22 mars dernier, les islamistes ont proclamé unilatéralement l’indépendance du nord de ce pays en occupant ses principales villes et en détruisant son patrimoine. Les pays occidentaux, et à leur tête la France, ont imposé l’idée d’une intervention militaire en concertation avec les pays de la Cédéao. L’ancien président Sarkozy, qui était le fervent défenseur de cette option, a été suivi par son successeur François Hollande qui n’en pense pas moins, même s’il choisit d’autres mots pour le dire. Mais la complexité de la situation au Mali, qui ne dispose pas de fortes institutions pouvant mener une lutte contre des groupes terroristes, appelle à un maximum de prudence. “Nous avons fait le point sur nos relations bilatérales extrêmement fortes et nous avons souligné le fait que nous venons tout juste de tenir une excellente conférence de dialogue stratégique qui s'est tenue la semaine dernière à Washington, comme nous avons eu des discussions très approfondies sur la situation dans la région et, surtout, la situation qui prévaut dans le nord du Mali”, a déclaré à la presse Mme Clinton, à l'issue de l'audience que lui a accordée le président Bouteflika. Et d’ajouter: “J’ai beaucoup apprécié l'analyse du président Bouteflika qui est fortement enrichie de sa très longue expérience de la région pour faire face à la situation très complexe et aux problématiques très compliquées au nord du Mali, mais aussi pour faire face aux problèmes du terrorisme et du trafic de drogue dans la région.” En effet, Alger connaît mieux que quiconque la difficulté de combattre la guérilla et il l’a fait pendant les années 1990 contre les groupes islamistes les plus radicaux. Son expérience en la matière fait de lui aujourd’hui un allié incontournable dans la lutte contre le terrorisme international et dans le cas du Mali, un pilier important dans toute stratégie qui pourrait être mise en place par les Nations unies, l’Union africaine et la Cédéao, à condition que les intérêts géostratégiques de certaines puissances n’entrent pas en jeu. Car, en effet, pourquoi cet empressement à mener une guerre au nord du Mali après avoir ignoré tous les signaux mettant en garde contre la mise en place graduelle des cellules d’Al-Qaïda dans le Sahel? C’est cette équation qui semble susciter des réticences à Alger qui ne souhaite pas d’intervention étrangère dans la sous-région et plaide pour une solution malienne, estimant que ce qui se passe au nord de ce pays est d’abord interne au Mali. Sur cet aspect, Hillary Clinton a indiqué que “nous avons convenu d'assurer le suivi de ces discussions par le biais des experts en mode bilatéral et dans le cadre de concertations avec les partenaires de la région, avec l'Union africaine, la Cédéao et les Nations unies pour essayer de trouver des solutions à ces problèmes”. En attendant le 26 novembre, les principaux acteurs impliqués dans le dossier malien sont appelés à accorder leurs violons. Mais avant, l’issue de la présidentielle US pourrait peser dans la suite des évènements. Les Occidentaux sont aujourd’hui formels. “Nous n’avons plus le temps, un jour de plus est un jour de trop et chaque jour qui passe renforce les groupes terroristes”, soutiennent-ils. Mais cette mobilisation occidentale ne donne-t-elle pas trop de crédit à des groupes extrémistes, aussi nombreux fussent-ils, qui ont profité d’une situation de non-État pour imposer leur diktat ? Le débat est donc là et il faudra un maximum de concertation et de prudence pour qu’une action militaire visant à déloger les “nouveaux colons” du Mali soit circonscrite dans le temps. Dans le cas contraire, les Occidentaux auront réussi à créer ce qu’ils ont voulu éviter. En l’occurrence, un nouvel Afghanistan dans le Sahel.

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