#2 - Sécurité intérieure :

Publié le par AL de Bx

 

 

  • Affaire Merah: deux policiers du renseignement

    toulousain égratignent la DCRI

  • Paris : un imam expulsé pour avoir valorisé le djihad

    « violent »

 

 

THEME 7 - 1 : Affaire Merah: deux policiers du

renseignement toulousain égratignent la DCRI

Source, journal ou site Internet : L’Express

Date : 31 octobre 2012
Auteur Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut 

 

Le brigadier qui a négocié avec le tueur au scooter ainsi que son supérieur ont été entendus la semaine dernière. Ils détaillent leur rôle dans l'enquête et pointent le manque de réactivité de la DCRI.


AFFAIRE MERAH - Les 22 et 23 octobre, le directeur de la DRRI de Toulouse et le brigadier qui a réalisé l'audition de Merah ont été entendus. Capture d'écran/Sept à Huit Alors que le ministère de l'Intérieur vient de rendre public un rapport d'évaluation sur les "défaillances objectives" observées dans l'affaire Merah, le juge Christophe Teissier, en charge de l'enquête judiciaire, poursuit ses auditions. Le magistrat avait déjà entendu Bernard Squarcini, l'ex patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) (lexpress.fr du 26 septembre). Les 22 et 23 octobre derniers, le magistrat a, cette fois, convoqué deux membres de la direction régionale (DRRI) de Toulouse, son directeur, Christian Balle Andui et le brigadier ayant réalisé l'audition de Mohamed Merah, à l'automne 2011. Leurs témoignages révèlent une divergence d'appréciation avec leur hiérarchie quant au parcours de cet islamiste atypique. Ils pointent notamment l'attentisme de la centrale, ainsi que sa responsabilité dans la mauvaise évaluation de la dangerosité du jeune homme. La première révélation de ces auditions concerne le déroulement de l'entretien du 14 novembre 2011 lorsque Merah est convoqué au commissariat à son retour du Pakistan. Les policiers toulousains affirment que deux spécialistes parisiens se sont déplacés spécialement. Ils expliquent que ces derniers ont mené la discussion, le brigadier local restant en retrait.


Manque de réactivité

Par ailleurs, ces témoignages évoquent, en filigrane, le manque de réactivité de la centrale de Levallois-Perret. La DDRI de Toulouse a réalisé une quarantaine de surveillances, entre février et juin 2011. Christian Balle Andui affirme que, devant les éléments recueillis, il avait envisagé la transmission du dossier au parquet antiterroriste dès le mois de juin 2011. Il aurait demandé l'avis de sa direction sans obtenir de réponse. Le 25 janvier 2012, soit deux mois avant les sept assassinats de Toulouse et de Montauban, la centrale aurait au contraire envisagé de recruter Merah comme source.

 

Cette "évaluation" revenait à la direction toulousaine. Balle Andui explique au juge avoir décidé de ne pas donner suite. Il doutait, dit- il, de la fiabilité du jeune homme, en raison de son parcours délinquant et de sa radicalisation. Le magistrat revient également sur le déroulement de l'enquête, après le premier meurtre de parachutiste, commis le 11 mars 2012. Quatre jours plus tard, alors que le tueur au scooter vient de frapper à Montauban, les responsables de la DRRI demandent à participer aux réunions des enquêteurs, sous la direction du parquet local. Celui-ci aurait refusé, le service de renseignement toulousain n'étant pas saisi judiciairement. Le lendemain, de sa propre initiative, la DRRI fournit néanmoins une liste resserrée de suspects, concernant l'extrême droite et les djihadistes. Parmi ces derniers figurent les frères Merah.


Une nouvelle demande de déclassification

A ce stade, le renseignement toulousain n'a toujours pas accès aux films de la vidéosurveillance, montrant la silhouette de l'assassin et sa fuite en scooter. Ce n'est que le 20 mars, le lendemain de la tuerie de l'école juive, que ces fonctionnaires locaux visionnent ces images. Ils reconnaissent alors à "80%" la façon de conduire de Merah. Ce même jour, on demande à la DRRI d'établir son portrait psychologique pour préparer l'intervention. Dans la nuit, le brigadier est même rappelé pour négocier avec le tueur. En complément de ces auditions, les avocats des parties civiles ont demandé de nouvelles déclassification de documents. Mes Marie-Laure Ingouf et Jean Tamalet, d'un côté, Mes Béatrice Dubreuil et Samia Maktouf de l'autre, souhaitent la transmission des rapports de la DGSE (le service de renseignement extérieur français), auxquels les magistrats n'ont toujours pas accès. Quant à Me Patrick Klugman, il exige les rapports de la DCRI, non seulement sur Mohamed Merah, mais aussi sur ses frères et soeurs.


THEME 7 - 2 : Paris : un imam expulsé pour avoir valorisé le djihad « violent »

Source, journal ou site Internet : Le Point

Date : 31 octobre 2012
 


Mohammed Hammami a été éloigné mercredi vers la Tunisie pour des "propos antisémites" et

avoir appelé "à fouetter, à mort, la femme adultère".

Le ministère de l'Intérieur à Paris. 

L'imam tunisien Mohammed Hammami, qui officiait à Paris, a été expulsé mercredi du

territoire français pour avoir "valorisé le djihad violent, proféré des propos antisémites et

justifié le recours à la violence" contre les femmes, a annoncé le ministère de l'Intérieur. "En

application d'un arrêté du 8 octobre 2012, l'imam Mohammed Hammami, qui était le

responsable religieux de la mosquée Omar, située dans le XIe arrondissement de Paris, a fait

l'objet, aujourd'hui 31 octobre, d'une mesure d'expulsion du territoire français. Il a été éloigné

vers la Tunisie, pays dont il est ressortissant", indique un communiqué. "Je crois qu'il a été

arrêté par la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) dans la rue, aujourd'hui, à

Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) où il habite", avant d'être conduit à l'aéroport, a déclaré

le fils du religieux, Hamadi Hammami


"Menace pour la société française et sa sécurité"

Pour l'Intérieur, les faits reprochés au religieux "sont particulièrement graves". "Lors de ses

prêches", souligne le ministère, l'imam "a tenu des propos ouvertement hostiles envers les

valeurs de la République. Il a valorisé le djihad violent, proféré des propos antisémites et

justifié le recours à la violence et aux châtiments corporels contre les femmes". "Ces

provocations, délibérées, répétées et inacceptables à la discrimination et à la violence

constituaient une menace pour la société française et pour sa sécurité", estime le ministère, en

assurant que "la République restera inflexible envers ceux qui tiennent des propos de haine".

 

En France depuis des décennies, Mohammed Hammami, qui a 5 enfants majeurs et 19 petits-

enfants, avait été accusé en janvier par l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant d'avoir

tenu "des propos violemment antisémites" et d'avoir appelé "à fouetter, à mort, la femme

adultère". Âgé de 77 ans et peinant à se mouvoir, Mohammed Hammami avait contesté la

totalité des accusations. Appartenant à l'association Foi et pratique, qui se réclame de la

mouvance rigoriste tabligh, l'imam officiait régulièrement à la mosquée Omar de la rue Jean-

Pierre Timbaud, dans le XIe arrondissement de Paris, jusqu'à il y a trois ans. Il avait été

hospitalisé début février, à la suite de l'annonce de son expulsion par Claude Guéant, le 23

janvier. Le 5 mai, ses avoirs avaient été gelés par le ministère de l'Économie, ainsi que ceux

de son épouse. Et le 15 mai, la commission d'expulsion, dont l'avis n'est que consultatif, avait

rendu un avis défavorable à l'expulsion de l'imam, estimant que son "expulsion porterait

atteinte à sa vie familiale".

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