Alternative Libérale, la tolérante, la libérale, ne châtiera point !

Publié le par Alain Genestine

Sommes-nous des moutons à prendre le bâton, quant bien même le berger n'est plus ?


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Pourquoi punir ? Evidemment, il y a des choses qu’on ne peut laisser faire, des actes qui ne sont pas justes ou des mots qui sont déplacés. Mais pourquoi
corriger et pas simplement dire et faire remarquer ? Pourquoi faut-il infliger, marquer, châtier ?

 

Nous avons bien quelques réponses toutes prêtes : il faut réprimander pour déranger et dissuader. La peine a alors pour fonction d’intimider. On empêche un acte de se reproduire en le rendant désagréable, en l’associant à une peine. De tentant qu’il était, il devient déplaisant. Certes. Mais cette mécanique en apparence facile n’est pas si contraignante. Car on outrage aussi en punissant. La peine peut autant dissuader qu’envenimer.

 

On n’éduque pas non plus nécessairement en corrigeant. La peine peut agir pour le meilleur comme pour le pire. Alors pourquoi fait-on appel à elle ? On tient pour évident qu’elle répare, qu’elle coupe court au conflit, mais il suffit de prendre un peu de recul pour constater l’ambiguïté de ses effets. On enrage d’être puni et la peine peut entraîner la haine.

 

On est tenté d’invoquer le besoin naturel de se venger. Les hommes sont bêtes et cruels, et aiment à rendre le mal pour le mal. Les hommes obéissent spontanément à une logique de rétorsion. Il faut donner de la douleur en échange de celle qu’on a reçue. Voilà ce qui est juste. On se sent soulagé, acquitté, compensé : l’autre souffre comme j’ai souffert. C’est justice.

 

Encore une fausse évidence ! Car en quoi une douleur commise répare-t-elle une douleur reçue ? On raisonne en géomètre avec nos souffrances, mais au fond on ne compense rien : on ajoute un mal à un mal. On ne rétablit pas d’équilibre, on fait pire et on empire.

 

Sans doute y a-t-il en nous de la cruauté. Mais pour imaginer l’équivalence fantastique entre un dommage et une peine, il faut quelque chose de plus qu’une jouissance cruelle. Il faut – selon Nietzsche – avoir le sens fondamental, originaire, de ces petits calculs. Méfions-nous, l’homme est un être de mesure.

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Publié dans Philosophie

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