Des viticulteurs se parent contre le "changement climatique"

Publié le par Alain Genestine

Enfouissement du CO2, déplacement des vignes dans des zones moins chaudes: des viticulteurs veulent apporter leur pierre à la lutte contre le changement climatique et tenter de se parer contre ses effets.

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L'Espagnol Miguel Torres se veut un pionnier en la matière. Conscient que la production de vin émet d'importantes quantités de dioxyde de carbone, le principal gaz responsable de l'effet de serre, il mène une expérience novatrice "de captage et stockage du CO2".

Au pied de la Cordillères des Andes au Chili, ce viticulteur "a mis en place le premier processus de récupération du CO2 issu de la fermentation" du raisin, a-t-il expliqué à Barcelone (nord-est de l'Espagne) lors du IIe Congrès sur les conséquences du changement climatique sur la production et la qualité du vin.

Plus de 350 experts - producteurs, scientifiques, oenologues - de 36 pays, dont l'Espagne, la France, l'Australie, les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, participent à ce congrès de deux jours dans la capitale catalane.

"Nous essayons de transformer le CO2 en quelque chose de solide, qui reste dans la terre, au lieu de se volatiliser dans l'air", a-t-il assuré.

C'est actuellement l'époque des vendanges au Chili mais "après cette petite expérience pilote, nous l'appliquerons en Espagne, avec un projet plus important", a ajouté M. Torres, qui espère obtenir pour cela le cofinancement du gouvernement régional de Catalogne.

Dans d'autres domaines, la technique d'enfouissement en profondeur du dioxyde de carbone fait déjà l'objet d'un certain nombre de tests, du stockage sous les fonds marins au large de la Norvège ou de l'Australie, au fonds d'un gisement pétrolier au Texas ou dans une veine de charbon en Pologne.

L'enterrement du CO2 a également été abordé par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), Prix Nobel de la Paix 2007 avec l'ancien vice-président américain Al Gore, et lors de la Conférence sur le climat de Bali en décembre.

Il s'agit de "premiers pas" en matière de stockage du CO2 "mais ils sont très importants", a estimé pour sa part l'Australien Tony Sharley, scientifique et responsable du complexe Banrock Station Wines en Australie, qui se veut un modèle de développement durable.

"La reforestation des zones proches des vignobles" peut contribuer au développement de cette technique, a-t-il précisé.

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Parallèlement à la lutte contre le changement climatique, l'Espagnol Miguel Torres cherche à protéger la qualité de son vin, le réchauffement se faisant déjà sentir dans certaines zones.

Il recherche depuis trois ans des zones moins chaudes pour ses vignes, en s'implantant par exemple au pied des Pyrénées, près de Lérida (Catalogne).

"Nous déplaçons les ceps vers des zones plus hautes et plus fraîches. Les ceps que l'on plantait avant sur la côte sont déplacés à l'intérieur des terres et des terres vers la montagne", explique-t-il.

Vendredi, des experts ont tenu à Barcelone des propos assez alarmistes, prévoyant la possible émergence de vins plus "durs" et moins aromatiques.

"Les conséquences du réchauffement climatique se font déjà sentir. La vendange intervient déjà dix jours plus tôt qu'avant dans presque toutes les régions vinicoles", a mis en garde le Français Bernard Seguin.

Par Marcelo APARICIO de Barcelone(AFP)

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