Régression de la Liberté dans le monde.

Publié le par Alain Genestine

Les autocraties sont en partie responsables de la régression des libertés dans le monde
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Dans son rapport annuel sur les libertés dans le monde, l'organisme Freedom House indique que, pour la première fois depuis quinze ans, le niveau des libertés à l'échelle mondiale a baissé deux années de suite, une situation qu'il explique par le rôle que des pays tels que la Russie, la Chine, l'Iran et le Vénézuéla jouent afin d'ébranler les mouvements en faveur de la démocratie à l'œuvre dans des pays voisins.

L'un des exemples marquants cités dans le rapport est la répression brutale, par le gouvernement militaire de Birmanie, du mouvement en faveur de la démocratie orchestré par des moines bouddhistes en 2007. C'est une action, a indiqué le 16 janvier aux journalistes Camille Eiss, analyste de Freedom House pour l'Asie du Sud-Est, qui a eu pour conséquences la mort de plusieurs centaines de personnes et l'arrestation de 3.000 à 6.000 autres.

 

La suppression des manifestations dans ce pays dont le dossier en matière de droits de l'homme est déjà l'un des pires du monde, a-t-elle souligné, montre qu'il a encore accentué son déclin.

 

« Les yeux du monde entier étaient fixés sur la Birmanie et ils se sont attardés sur la Chine, pays qui a une extraordinaire influence sur la junte militaire birmane, qui est son plus gros partenaire commercial et qui est, pour la région tout entière, un modèle d'incessante répression politique », a expliqué Camille Eiss.

Manifestation an faveur du mouvement pro-démocratique en Birmanie.
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Aung San Suu Kyi mécontente de son dialogue avec la junte

 

Le rôle que joue la Chine en Birmanie, en sa qualité d'appui diplomatique et économique, a été « particulièrement négatif », font valoir les auteurs du rapport. C'est un tel rôle que joue aussi la Chine en Corée du Nord en rapatriant de force des personnes qui ont fui le régime de Pyongyang, et en Afrique où elle fournit une aide diversifiée, notamment en matière de sécurité, à des régimes autoritaires et où elle affaiblit les initiatives des États-Unis, de l'Union européenne et des institutions multilatérales qui visent à y promouvoir une gouvernance honnête et transparente.

Si la Chine est qualifiée d'« obstacle » à la propagation de la démocratie en Asie de l'Est et en Afrique, la Russie, l'Iran et le Vénézuéla sont pour leur part décrits comme étant des « autocraties puissantes » qui ont une influence « négative » sur des pays voisins moins puissants et de plus petite taille, une situation que les auteurs du rapport qualifie de « phénomène particulièrement inquiétant ».

« Des dictatures pragmatiques, orientées vers le marché ou riches en énergie (...) essayent d'exploiter les forces du marché tout en conservant des systèmes politiques fermés », expliquent-ils, ajoutant que la puissante influence économique de ces pays provient du pétrole ou de capitaux résultants d'excédents commerciaux durables.

« Ces autocraties ne se confondent pas en excuses et sont de plus en plus sûres d'elles, tant chez elles qu'à l'étranger, lorsqu'elles déclarent que le paradigme d'une gouvernance se fondant sur le respect des droits de l'homme tel que l'a compris depuis longtemps la communauté internationale est dépassé au XXIe siècle », souligne le rapport.

À l'occasion d'un exposé à la presse, Arch Puddington, chargé de recherche à Freedom House a expliqué aux journalistes que les conclusions du rapport ont pour toile de fond une année « marquée par un important recul des libertés dans le monde ». Il a précisé que, pour la première fois depuis 15 ans, les enquêtes de l'organisme avaient mis à jour un déclin des libertés à l'échelle mondiale deux années de suite. Le rapport fait état de seulement 10 pays où des améliorations ont été enregistrées et de 38, soit un cinquième de l'ensemble des pays, où les libertés ont diminué.

Outre le rôle négatif que jouent les puissantes autocraties, Arch Puddington a attribué la régression des libertés dans le monde à des problèmes tels que la corruption qui a pour conséquence de réduire la confiance en la démocratie, et les difficultés rencontrées pour faire respecter la primauté du droit.

Concluant sur une note plus optimiste, il précisé que selon les données accumulées depuis 30 ans, le monde a enregistré des progrès « réguliers » en matière de libertés. En 1977, Freedom House avait déterminé que seulement 28 % des pays du monde étaient « libres ». Ce pourcentage était passé à 35 % en 1987, à 42 % en 1997 et à 47 % à la fin de 2007.

« La situation des libertés dans le monde n'a jamais été aussi bonne si l'on considère les tendances à plus long terme », a-t-il fait observer.

Publié dans Liberté individuelle

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