Quand la Chine s'éveillera, la France s'endormira !!

Publié le par Alain Genestine

Excédent commercial chinois record en 2007
Construction d'un nouveau quartier d'affaires, ...

L'excédent commercial chinois a bondi de 47,7% à un record de 262,2 milliards de dollars (177 milliards d'euros) en 2007, mais le détail des chiffres publiés vendredi suggère que les politiques visant à réduire les déséquilibres induits par cet excédent massif commencent à porter leurs fruits.

Le surplus pour le seul mois de décembre est ainsi ressorti à 22,7 milliards de dollars, moins que les 24,5 milliards attendus et que les 26,3 milliards de novembre, alors que les importations ont crû plus vite que les exportations pour le troisième mois consécutif.

Les cours pétroliers à des plus hauts historiques expliquent en partie la vigueur des importations mais sur l'ensemble de 2007, la croissance des exportations a ralenti de 1,5 point de pourcentage, alors que celle des importations a crû de 0,9 point de pourcentage.

"Cet excédent réduit est largement bienvenu et c'est un petit argument à l'appui de la thèse du gouvernement chinois selon laquelle ses efforts pour réduire cet excédent commencent à payer", estime Jun Ma, économiste en chef pour la Chine chez Deutsche Bank, à Hong Kong.

Pour agir sur ce dossier, Pékin a notamment laissé le yuan s'apprécier davantage - une demande formulée par Washington et Bruxelles - et réduit les avantages fiscaux concernant environ un tiers de ses gammes d'exportations.

La Chine devrait par ailleurs bientôt ravir au Japon la place de deuxième importateur mondial de pétrole brut. Elle a enregistré en 2007, selon des chiffres préliminaires des douanes, une hausse de 12,4% à 163,17 millions de tonnes (3,26 millions de barils par jour) de ces importations de brut, en raison du boom de son économie tandis que sa production nationale stagne.

Du côté français
Déficit commercial record en novembre


Le déficit commercial de la France s'est creusé de plus d'un milliard d'euros en novembre pour atteindre un record de 4,792 milliards d'euros, sous le coup d'un fléchissement général des exportations et d'une hausse des importations, selon les chiffres publiés par les Douanes.

Ce chiffre, en données corrigées des variations saisonnières, se compare à un solde négatif de 3,626 milliards en octobre (révisé de 3,637 milliards). Treize économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne un déficit de 3,5 milliards d'euros en novembre.

Il s'agit du déficit mensuel le plus élevé depuis l'introduction d'une nouvelle méthode de calcul en janvier 1998.

Cette détérioration, qui devrait peser sur la croissance au quatrième trimestre, coïncide avec la publication d'un excédent commercial de 19,8 milliards d'euros en Allemagne, un record depuis la réunification, en raison d'une baisse des importations qui a plus que compensé celle des exportations.

"Les chiffres d'aujourd'hui impliquent que le commerce extérieur apportera une contribution fortement négative à la croissance du quatrième trimestre", relève Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas, en notant que l'appréciation de l'euro pèse sur la compétitivité des exportations.

Alexander Law, chez Xerfi, observe que les exportations sont pénalisées à la fois par l'euro fort et par le ralentissement du commerce international. Le déficit énergétique, qui a atteint 4,532 milliards d'euros après 4,038 milliards en octobre, ne va pas se résorber par miracle en décembre et janvier alors que le prix du baril de brut léger américain vient d'atteindre les 100 dollars, ajoute-t-il.

"Tout cela est très inquiétant pour la croissance du quatrième trimestre qui va être proche de zéro, ce qui signifie 1,8% pour toute l'année", estime l'économiste de Xerfi.

Le gouvernement a une prévision de 2,0-2,5% pour la croissance en 2007 et 2008.

"PERTE DE COMPETITIVITE INTRINSEQUE"

Sur les 11 premiers mois de l'année, le déficit cumulé des échanges extérieurs ressort à 35,487 milliards en données brutes contre 25,710 milliards un an auparavant.

Les exportations ont marqué le pas en novembre, sous le coup de l'aéronautique et de l'automobile, tandis que les importations ont encore augmenté sous l'effet du renchérissement des approvisionnements énergétiques et d'une poussée des achats de produits en provenance de l'Union européenne, Allemagne notamment.

Exprimées en données CVS/CJO, les exportations FAB ont stagné à 33,304 milliards d'euros contre 33,911 milliards en octobre. Dans le même temps, les importations ont atteint 38,096 milliards d'euros après 37,537 milliards le mois précédent.

Avec l'Union européenne, le déficit des échanges a atteint 2,3 milliards d'euros, contre 1,6 milliard en octobre. Les échanges avec l'Allemagne ont dégagé un solde déficitaire de 1,89 milliard, contre 1,71 milliard en octobre.

"Les exportations vers l'Union européenne stagnent alors que les importations s'envolent. Les chiffres de novembre reflètent la perte de compétitivité intrinsèque de l'industrie française", souligne Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès.

La France a vendu en novembre 21 Airbus, qui lui ont rapporté 895 millions d'euros, alors qu'en octobre elle en avait écoulé 27 pour 1.353 millions d'euros.

Véronique Tison Reuters

 

Publié dans Travail et Economie

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