L'inflation est de retour aux USA, faut-il voir cela comme une inquiètude?

Publié le par Alain Genestine

Confrontés à un ralentissement économique, les États-Unis doivent aussi composer avec un renforcement des tensions inflationnistes, en novembre, sous l'effet notamment de la flambée du prix du pétrole.

 
 
WALL STREET OUVRE EN BAISSE APRÈS LES CHIFFRES ...
cliquez l'image pour dépêche Reuters

 
Selon le département du Travail, les prix à la consommation ont augmenté de 0,8 % le mois dernier. Il s'agit de la hausse la plus marquée depuis septembre 2005.


La Bourse de New York, le 1er octobre 2007 ...
cliquez l'image dépêche AFP

Certes, cette situation est principalement imputable à la hausse du prix du pétrole (+ 14,2 %), mais en dehors de l'énergie et de l'alimentation, des éléments traditionnellement volatils, la hausse a dépassé les prévisions, atteignant 0,3 %.

Au total, sur un an, la hausse des prix a atteint 4,3 % pour l'indice général et 2,3 % pour l'indice de base. Cette nouvelle est susceptible de déprimer les marchés, d'autant plus que la hausse des prix de l'énergie n'est pas la seule responsable.

Les prix des vêtements ont connu leur plus forte augmentation en huit ans (+ 0,8 %), et ceux des transports ont bondi de 2,9 %, en raison surtout de la montée des cours du kérosène. Les prix de l'alimentation, du logement et ceux des soins médicaux demeurent aussi en hausse marquée.

La reprise de l'inflation est problématique pour la Fed, la banque centrale américaine, dont l'orthodoxie voudrait qu'elle hausse les taux pour contrer les menaces inflationnistes. Or, les turbulences sur les marchés financiers et les craintes de récession économique la forcent à faire le contraire.

Risque de récession

Tout cela intervient dans un climat de crispation des marchés et au moment où les économistes évoquent de plus en plus l'hypothèse d'une récession aux États-Unis. Et pour cause, le marché du travail ralentit, le secteur de l'immobilier demeure en crise et personne ne sait combien de temps les consommateurs tiendront encore le coup.

De plus, la baisse des salaires (- 0,4 % en novembre) risque de nuire au pouvoir d'achat et donc à la consommation et à l'ensemble de l'économie.

La Fed avait abaissé d'un quart de point son taux directeur à 4,25 %, mardi, mais cela n'a pas suffi pour calmer les marchés. Une autre décision a été prise de concert avec les autres banques centrales pour augmenter les liquidités sur les marchés.

LA FED VA ALLOUER 20 MILLIARDS DE DOLLARS ...
Cliquez l'image pour dépêche Reuters sur la FED

Ne pouvant trop baisser ses taux du fait de l'inflation, la Fed doit désormais faire preuve d'imagination pour surmonter la crise financière. La prochaine réunion de son comité de politique monétaire est programmée pour les 30 et 31 janvier prochain.

Publié dans Travail et Economie

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