La démocratie à travers le monde, il faut la promouvoir.

Publié le par Alain Genestine

Barry Lowenkron
Secrétaire d'État adjoint à la démocratie, aux droits de l'homme et au travail

Barry Lowenkron

Par Barry Lowenkron
Département d'État des États-Unis

 

Nous pouvons tous citer des personnes et des faits extraordinaires qui nous inspirent. Pour ma part, il s'agit de la façon dont fut formé, en 1976, le premier groupe de surveillance des accords d'Helsinki. Un petit cercle de militants des droits de l'homme tint une conférence de presse dans l'appartement du lauréat du prix Nobel Andrei Sakharov pour annoncer la formation d'un groupe de citoyens ayant pour but de promouvoir l'application par l'Union soviétique de l'accord d'Helsinki de 1975 - accord qui liait la sécurité entre États au respect des droits de l'homme à l'intérieur de ces pays. Le chef de ce groupe, le physicien Youri Orlov, invita toutes les personnes présentes à se joindre à lui dans le toast traditionnel des dissidents soviétiques. Il leva son verre de vodka, sourit et dit : « Buvons au succès de notre cause désespérée. » Désespérée ? Cette cause semblait en effet l'être à l'époque. Pourtant, grâce, dans une large mesure, au courage, à la persévérance et aux sacrifices du Groupe d'Helsinki et d'autres groupes du même genre, et au soutien moral qu'ils reçurent des États-Unis et d'autres pays libres, nous avons assisté à la transformation de causes désespérées en changements historiques. Aujourd'hui, comme il y a quarante ans, nous sommes confrontés à d'importants défis et entendons de nombreuses personnes déclarer qu'il est impossible de les relever. Et aujourd'hui, comme il y a des décennies, les États-Unis incitent la communauté internationale à soutenir la démocratie à travers le monde et à défendre ceux qui ont suffisamment de courage pour insister sur le respect de leurs droits.

Le représentant permanent des États-Unis à l'Organisation des États américains (OEA), John Maisto, s'entretient avec des journalistes lors d'une conférence de presse donnée à Montevideo (Uruguay), en mai 2006. L'OEA est l'une des nombreuses organisations internationales par l'intermédiaire desquelles les États-Unis s'emploient à promouvoir les réformes démocratiques et offrent de l'aide aux autres pays.
Le représentant permanent des États-Unis à l'Organisation des États américains (OEA), John Maisto, s'entretient avec des journalistes lors d'une conférence de presse donnée à Montevideo (Uruguay), en mai 2006. L'OEA est l'une des nombreuses organisations internationales par l'intermédiaire desquelles les États-Unis s'emploient à promouvoir les réformes démocratiques et offrent de l'aide aux autres pays.
© Images AP/Marcelo Hernández

La ligne d'action

Le Bureau de la démocratie, des droits de l'homme et du travail (DRL) a été créé par le Congrès en 1977. Dès ses débuts, il a joué un rôle de premier plan, au sein du gouvernement américain, pour promouvoir la liberté. Notre promotion de la démocratie et notre défense des droits de l'homme sont une question de principe et un élément fondamental de la sécurité nationale des États-Unis. Notre régime politique et notre identité nationale reposent sur la conviction que tous les gens partagent des droits fondamentaux qui sont le mieux protégés par des gouvernements démocratiques compétents. En même temps, comme le souligne le Programme du Président pour la liberté et la stratégie de sécurité nationale (Freedom Agenda and National Security stratégie), la bonne gouvernance et la promotion de la démocratie sont indispensables à notre sécurité nationale et à notre lutte contre le terrorisme. Les États autoritaires et « défaillants » qui ne répondent pas aux besoins de leur peuple ou ne respectent pas les droits de l'homme et les normes démocratiques internationales font peser une menace à long terme sur la sécurité des États-Unis et des autres démocraties.

Les principes

Chaque jour, mon bureau aide à élaborer et à faire appliquer des mesures destinées à soutenir les libertés fondamentales et les principes démocratiques. Dans cette tâche, nous sommes guidés par un certain nombre de réalités, à savoir :

  • La démocratie ne saurait être imposée, mais elle peut être encouragée. Il appartient en particulier aux pays démocratiques d'offrir leur soutien aux hommes et femmes du monde entier qui réclament le respect des droits de l'homme et des libertés démocratiques.
  • Il n'existe pas de modèle « passe-partout » valable pour toutes les régions et tous les pays. Comme l'a déclaré le président Bush : « Notre objectif est d'aider les autres à se faire entendre, à obtenir leur liberté et à tracer eux-mêmes leur voie. »
  • Les élections ne garantissent pas la démocratie. Elles en sont un élément essentiel mais le respect des droits de l'homme et l'existence d'une société civile forte et d'institutions gouvernementales, transparentes et efficaces, qui répondent de leurs actes est également indispensable.
  • Il n'existe pas de démocratie parfaite et la promotion de la démocratie exige qu'on s'emploie assidûment à suivre la bonne voie. Certains pays peuvent demeurer fragiles pendant longtemps. D'autres peuvent marquer un recul.
  • La promotion de la démocratie exige la participation de toutes les générations, des engagements de soutien à long terme. Mais, comme l'a dit la secrétaire d'État, Mme Condoleezza Rice, il s'agit d'une tâche urgente que l'on ne saurait différer.

Les instruments

Dans nos efforts pour promouvoir le respect des droits de l'homme et le progrès des principes démocratiques, nous recourons à trois instruments principaux : la diplomatie, les programmes et les rapports.

Nos efforts diplomatiques comprennent les dialogues bilatéraux visant à encourager les pays à progresser sur le plan des droits de l'homme. Nous collaborons également avec des partenaires animés des mêmes sentiments, au sein des Nations unies et d'organisations régionales telles que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et l'Organisation des États américains (OEA), pour soutenir les réformes démocratiques, offrir une assistance technique et - lorsque cela s'avère nécessaire - demander des comptes aux gouvernements.

Nos programmes consistent en l'octroi de subventions compétitives aux organisations sans but lucratif établies aux États-Unis qui exécutent des programmes ciblés, à court terme et efficaces, en collaboration avec les organisations non gouvernementales d'un pays, pour aider le gouvernement et la société civile à acquérir la capacité de créer et de soutenir leurs propres processus et institutions démocratiques.

Nos rapports attirent l'attention de la communauté internationale sur les exactions des gouvernements, mettent en lumière les progrès et améliorations et renseignent le public sur ce que nous faisons pour promouvoir la cause de la liberté. Le DRL publie des rapports annuels par pays sur l'application des droits de l'homme et sur la façon dont les États-Unis soutiennent les droits de l'homme et la démocratie à travers le monde, ainsi que sur la situation de la liberté de religion dans le monde.

Des Cubains lisent les messages lumineux projetés le long du cinquième étage du bâtiment de la mission américaine à la Havane (Cuba), en janvier 2006. La mission des États-Unis à Cuba a commencé à projeter la Déclaration universelle des droits de l'homme sur un panneau électronique où défilent aussi des nouvelles sur son bâtiment situé en bord de mer.
Des Cubains lisent les messages lumineux projetés le long du cinquième étage du bâtiment de la mission américaine à la Havane (Cuba), en janvier 2006. La mission des États-Unis à Cuba a commencé à projeter la Déclaration universelle des droits de l'homme sur un panneau électronique où défilent aussi des nouvelles sur son bâtiment situé en bord de mer.
© Images AP/Javier
Galeano

Nous concentrons nos activités dans les principaux domaines suivants :

État de droit et droits de l'homme : Promouvoir et protéger les droits de l'homme énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et encourager des sociétés dans lesquelles l'État et les citoyens sont comptables du respect des lois promulguées publiquement, appliquées sur un pied d'égalité et décidées indépendamment.

Bonne gouvernance : Promouvoir des institutions démocratiques efficaces, réceptives, durables et comptables de leurs actions à la population.

Interaction politique et formation d'un consensus : Soutenir le développement de processus électoraux transparents et inclusifs, de partis politiques démocratiques et réceptifs et la formation d'un consensus entre les partis politiques et la société civile afin de faire progresser un programme démocratique commun.

Société civile : Donner aux individus le pouvoir d'exercer pacifiquement leurs droits d'expression, d'association et d'assemblée, notamment grâce à leur participation à des organisations non gouvernementales et à des syndicats. Nous nous employons aussi à protéger et à promouvoir des médias libres, ouverts et indépendants, y compris l'Internet.

Les défis qui nous attendent

La défense des droits de l'homme et la promotion de la démocratie exigent un engagement à long terme et, bien souvent, les efforts de nombreuses générations successives, non seulement de la part des gouvernements mais aussi du public. Le succès ne peut être garanti et le progrès ne sera vraisemblablement pas ininterrompu.

La 15e session annuelle de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), tenue dans le bâtiment du Parlement européen à Bruxelles (Belgique) en juillet 2006. L'OSCE est l'une des organisations internationales avec lesquelles les États-Unis travaillent pour promouvoir la démocratie.
La 15e session annuelle de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), tenue dans le bâtiment du Parlement européen à Bruxelles (Belgique) en juillet 2006. L'OSCE est l'une des organisations internationales avec lesquelles les États-Unis travaillent pour promouvoir la démocratie.
© Images AP/Thierry Charlier

Nous devons être capables de réagir rapidement et efficacement aux événements imprévus pour aider à renforcer les percées démocratiques et empêcher un recul des droits de l'homme. Ces efforts comprennent la solidarité avec les organisations non gouvernementales et autres défenseurs des droits de l'homme assiégés par les gouvernements, la promotion des réformes, une réaction aux restrictions imposées aux médias et à la liberté de l'Internet, et une aide aux pays en difficulté pour qu'ils assurent à leur population un meilleur partage des bienfaits de la démocratie en renforçant les institutions gouvernementales et l'État de droit.

Dans toutes ces mesures en faveur des droits de l'homme et de la démocratie, nous apprécions la coopération des autres gouvernements ainsi que les idées et l'expertise des organisations non gouvernementales qui s'emploient ardemment, jour après jour, à défendre les droits de l'homme et à soutenir la démocratie citoyen par citoyen, institution par institution et pays par pays.

Publié dans Politique

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