COMPÉTITIVITÉ : LA FRANCE RECULE DE TROIS PLACES

Publié le par Alain Genestine

Le World Economic Forum (WEF), organisateur du forum de Davos, vient de publier son classement annuel de la compétitivité. Cet organisme a revu ses méthodes et ses critères, pour tenir compte de 12 thèmes, allant de l’innovation à l’enseignement supérieur, en passant par l’efficacité du marché du travail ou la situation économique générale ou encore les marchés financiers. Le WEF tient compte à la fois de résultats chiffrés et d’une enquête réalisée auprès de chefs d’entreprise et de cadres dirigeants.

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Une autre époque...

Résultat : les Etats-Unis retrouvent la première place, juste devant la Suisse. Puis on trouve le Danemark, la Suède, l’Allemagne, la Finlande, Singapour, le Japon, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Corée du Sud, Hong-Kong, le Canada, Taïwan, etc. Et la France ? Elle se trouve en dix-huitième position, après avoir été quinzième en 2006.

La situation s’est donc dégradée pour notre pays. Certes, le gouvernement fait valoir, ce qui est vrai, que les réformes SARKOZY n’avaient pas été prises en compte, intervenant après l’enquête. On verra donc ce qu’il en est l’an prochain. Mais nous ne sommes convaincus qu’à moitié par « l’ampleur » des réformes.

Ce qui est le plus désastreux, et qui n’a pas encore vraiment évolué, c’est le manque de flexibilité du marché du travail. En ce qui concerne par exemple la facilité d’engager du personnel, la France est dernière sur 131 pays : pas vraiment de quoi pavoiser. Les relations entre employeurs et employés sont sévèrement notées dans notre cas. La rigidité du marché du travail en général est un handicap majeur. Nous sommes aussi très mal placés pour l’ampleur des déficits publics et de l’endettement, qui constitue, comme nous l’avons souvent expliqué, un frein au dynamisme économique et, en outre, une menace pour les générations suivantes, puisque les emprunts d’aujourd’hui sont les impôts de demain. Or notre fiscalité est déjà montrée du doigt, de même que notre bureaucratie.

D’autres critères nous poussent aussi vers le bas du classement, comme les rigidités sur les marchés des biens et services (et l’insuffisance de la concurrence). Quant au système éducatif, il est bien noté… pour les jeunes enfants, et catastrophique pour les étudiants et les universités. Au contraire, dans le cas américain, WEF souligne l’importance de l’innovation, le nombre d’entreprises innovantes et la qualité des relations entre universités et entreprises, ainsi que les dynamismes des équipes de recherche.

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Pendant ce temps, en France, nous nous avons le monopole du CNRS, tandis que l’UNEF pousse les étudiants à la grève pour protester contre la « mainmise » des entreprises et du patronat sur les universités. Si seulement c’était vrai… Les entrepreneurs, eux, se plaignent de l’insuffisante coopération entre les universités et les entreprises. Mais on préfère écouter l’UNEF que les entrepreneurs. Quant à la Chine, elle a beaucoup d’atouts, mais souffre du faible respect de la propriété, notamment industrielle, et d’un manque général de transparence, surtout dans le secteur public.

Ces résultats permettent au Monde de titrer « Selon le World Economic Forum, la France a encore perdu de la compétitivité », tandis que Le Figaro précise « La France ne brille toujours pas par sa compétitivité ». Ce dernier journal indique les principales difficultés rencontrées en France dans le monde des affaires : on trouve en tête avec 26,2% des réponses la « rigidité du droit du travail », puis les « taux d’imposition » (17,9%) et le « droit fiscal », ce qui revient à peu près au même, avec 15,7%. Enfin « l’inefficacité de l’administration », avec 11,6%. Pas vraiment de quoi pavoiser.

Jacques Garello


Publié dans Travail et Economie

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S
Ah oué.                                       
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