Un niveau record pour les gaz à effet de serre.

Publié le par Alain Genestine



Pollution

Les émissions de gaz à effet de serre de 40 pays industrialisés ont atteint des niveaux records en 2005 et elles continuent d'augmenter.

Cette hausse continue est attribuable à la fois aux pays très industrialisés et aux pays de l'ancien bloc de l'Est, qui ont renoué avec la croissance économique. Ce sont les émissions générées par le secteur des transports qui ont augmenté le plus rapidement.

Ces estimations de l'ONU ont été publiées mardi, à moins d'un mois d'une conférence importante qui se déroulera du 3 au 14 décembre à Bali en Indonésie. Les 180 pays présents doivent discuter des suites à donner à la première phase du protocole de Kyoto dont les objectifs prennent fin en 2012.

« Le message aujourd'hui c'est que la tendance à la hausse est préoccupante, mais les pays commencent à mettre en place des politiques qui leur permettront d'atteindre les objectifs de Kyoto » — Yvo de Boer, secrétaire de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC)

De la ville de Bonn en Allemagne où se déroulait une conférence de presse, Yvo de Boer a mis en relief le fait que le protocole de Kyoto a montré qu'il était un instrument efficace de lutte contre le réchauffement climatique.

De bons et de mauvais élèves

Pollution industrielle

Les signataires du protocole de Kyoto se sont engagés à réduire de 5 % leurs émissions pour la période 2008-2012 par rapport à 1990, mais seuls les 36 pays industrialisés sont tenus de respecter des objectifs de réduction.

Ces objectifs varient toutefois selon les pays. Parmi les 36 pays industrialisés qui ont ratifié le protocole de Kyoto, quatre seulement ont réduit leurs émissions polluantes par rapport à 1990. C'est le cas de la France (-1,9 %), de l'Allemagne (-18,4 %), de la Suède (-7,3 %) et du Royaume-Uni (-14,8 %).

À l'inverse, les émissions de l'Espagne avaient en 2005 augmenté de 53 % par rapport à 1990, celles du Portugal de 42,8 %, celles du Canada de 25,3 %, celles de l'Irlande de 26,3 % et celles du Japon de 6,9 %.

Les États-Unis et l'Australie, qui n'ont pas ratifié le protocole, ont vu leurs gaz à effet de serre augmenter respectivement de 16,3 et 25 %.

L'objectif de Kyoto de réduire de 5 % les gaz à effets de serre reste minimal par rapport aux recommandations du Groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique (GIEC), qui a rendu ses conclusions à la mi-novembre. Selon le GIEC, les émissions de gaz à effet de serre devraient être réduites de 50 % d'ici 2050 pour contenir le réchauffement de la planète à + 2 °C à la fin du siècle.

« C'est sûr qu'il reste beaucoup à faire pour arriver à ce que les scientifiques jugent nécessaire. C'est pourquoi démarrer le processus à Bali est tellement essentiel, avec un calendrier et une date butoir », a insisté M. De Boer.

Publié dans Ecologie-Environnement

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