La loi de la jungle d'un Syndicalisme réactionnaire par A.C.Toullec

Publié le par Alain Genestine

Sous l'Ancien Régime,  les corporations, au prétexte d'intérêts communs freinaient l'innovation, entravaient la liberté des échanges  et l'exercice de son métier en pleine propriété, limitaient le développement économique et encadraient le travail.

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Les députés  de l'assemblée constituante, par la Loi Le Chapelier de 1791, interdirent toute association de patrons, d'ouvriers ou de compagnons de même profession : l'objectif était bien de protéger les individus, patrons et salariés, contre toute restriction à la liberté du travail, du commerce et de l'industrie.

L'article 7 stipulait :
« Ceux qui useraient de menaces ou de violences contre les ouvriers usant de la liberté accordée par les lois constitutionnelles au travail et à l'industrie, seront poursuivis par la loi criminelle et punis suivant la rigueur des lois, comme perturbateurs du repos public. »
Ces menaces provenaient aussi bien de patrons que d'autres ouvriers envers leurs pairs : on est ébahi par l'actualité de ce texte à la vue de ces mouvements sociaux initiés par une poignée de professionnels,  confortés par des simulacres de consultation populaire par des votes à mains levés, la multiplication des piquets de grèves, séquestrations de personnel, menaces et voies de fait. Dans l'indifférence générale des médias, dès lors qu'il s'agit de ce syndicalisme rétrograde et de mouvements sociaux réactionnaires, on ne parle plus d'éthique, de démocratie ou de lutte contre la discrimination.

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Les principes ne devraient pourtant pas souffrir d'exception : être interdit d'embauche dans une imprimerie parisienne parce qu'on refuse d'adhérer à un syndicat unique, c'est de la
discrimination caractérisée. Mais ne demandons pas à la Halde de faire preuve de courage en la matière.

Loin d'être liberticide, la Loi Le Chapelier affirmait au contraire avec force la liberté du travail.

De fait, en prohibant l'association professionnelle, elle interdisait le syndicalisme. Mais, il faut se replacer dans le contexte économique et social de l'époque : le tissu industriel était faible et les grandes fabriques rares.  
Contrairement à ce que l'on apprend en classe, la loi Le Chapelier n'interdisait pas la grève mais affirmait avec force la liberté contractuelle d'individus responsables.

L'article 8 interdisait les manifestations ayant pour objet d'empêcher « le libre exercice de l'industrie et du travail »
On aurait pu amender la loi le Chapelier, en gardant les principes et ouvrant vers le droit d'association. La loi  fut abrogée en 1884 balayant son encouragement à l'effort, à l'innovation et sa protection  de la liberté  du travail.
Le syndicalisme révolutionnaire a désormais laissé la place à un syndicalisme réactionnaire, tourné vers le passé, immobiliste.




Le corporatisme enfin imprègne encore fortement de nombreuses organisations patronales.

La loi de la jungle et la loi du plus fort caractérisent l'anti-libéralisme.
La loi de la jungle, la loi du plus fort, c'est lorsque des organisations entravent la liberté de circuler, interdisent l'expression libre par la violence active ou passive, par l'intimidation.
La loi de la jungle, la loi du plus fort c'est lorsque les facs sont bloquées par des « étudiants ».
La loi de la jungle, la loi du plus fort c'est lorsque des groupes saccagent des champs et détruisent des récoltes sous les applaudissements des badauds. ( On ne dit plus aujourd'hui « 
badaud » mais  journaliste de l'audiovisuel .)
La loi de la jungle, la loi du plus fort, c'est lorsque la représentante d'un des plus importants syndicats de transporteurs routiers affirme, menaçante, sur une chaîne de radio,
qu'elle restera pour le moment dans la légalité, dans l'attente des propositions du gouvernement.
La loi de la jungle, la loi du plus fort, c'est lorsque des citoyens s'érigent eux même en justiciers, confondant juges et parties se plaçant en dehors de la démocratie représentative, de la République.
La loi de la jungle , la loi du plus fort c'est lorsque des élus privilégient les agitations émotionnelles de la rue sur l'état de droit et la loi.

La force de l'obscurantisme
Aimable, peut-être trop en l'occurrence, Jean François Revel avait intitulé son livre paru en 1988  « La connaissance inutile ». Plus que jamais aujourd'hui nous en sommes au stade du refus de la connaissance. Ces syndicalistes réactionnaires, appuyés par la couardise de politiciens démagogues accrochés à leurs fauteuils d'élus, sont l'équivalent sociologique des créationnistes : la réalité contredisant leurs croyances, ils refusent les faits, la démographie, les connaissances et l'arithmétique élémentaire.
Aussi s'en remettent-ils à la rue pour faire tomber le gouvernement, balayant d'un revers de main plus de deux siècles d'apprentissage de la démocratie.

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La fin du mythe de l'intérêt général
Avec la défense des régimes spéciaux s'effondre le mythe de la grève pour défendre l'intérêt général. Il s'agit bien de la défense d'un intérêt privé, d'une loi privée, plaçant non seulement les bénéficiaires dans une situation plus favorable que celle des autres citoyens mais à leur charge. Et ils osent encore évoquer la solidarité !
Les vidangeurs, les éboueurs, les caissières de supermarchés, les maçons, les couvreurs, les échafaudeurs, le personnel de conditionnement, pour se limiter à ces quelques exemples, ont des conditions de vie et une pénibilité de travail autrement plus importante que celles des militants de la SNCF, de la RATP ou de l'EDF. Et pourtant ce sont les premiers qui paient pour les privilèges des seconds.
Après tout, pourquoi pas des régimes spéciaux ? Mais alors, qu'ils s'autofinancent ! Et qu'on rende au citoyen la liberté de choisir l'âge du départ, le système et l'organisme de financement.

Pour paraphraser Bastiat parlant de l'Etat : l'intérêt général c'est la grande fiction où tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde.

Pour la défense de chaque citoyen, contre les forces réactionnaires et les féodalités modernes, l'avenir est à une Révolution libérale.
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Alain.C.TOULLEC

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