Comment retrouvez de la croissance ?

Publié le par Alain Genestine

Afin de donner toujours des idées à notre commission AL sur la croissance "l'autre commission" voici ici  un petit divertissement, ainsi qu'une réponse d'un libéral. Par rapport au précèdent post, c'est plus rigolo.




C’est un texte reçu en anglais et provenant d’un professeur américain qui essaye d’expliquer à ses élèves le système des impôts …


http://www.terry.uga.edu/profiles/images/davidk.jpg
« Les impôts semblent s’expliquer par une logique simple. Mais beaucoup ne la saisissent toujours pas. Comme c’est la saison des taxes, laissez-moi vous expliquer en des termes que tout le monde peut comprendre.
Supposons que tous les jours 10 hommes se retrouvent pour boire une bière et que l’addition se monte à 100 $. (Normalement 10 $ chacun).
S’ils payaient la note de la même façon que l’on paye les impôts, cela donnerait à peu près ceci :
Les 4 premiers (les plus pauvres !?), ne payeraient rien.
Le cinquième payerait 1 $
Le sixième payerait 3 $
Le septième payerait 7 $
Le huitième payerait 12 $
Le neuvième payerait 18 $
Le dernier (le plus riche ?!) devrait payer 59 $.
Ils décidèrent de procéder comme décrit ci-dessus.
Les dix hommes se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblèrent assez contents de leur arrangement. Jusqu’au jour ou le tenancier les plaça devant un dilemme :
« Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j’ai décidé de vous faire une remise de 20$. Vous ne payerez donc vos 10 bières que 80$ »
Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon qu’ils auraient payé leurs taxes. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, (les clients payants), allaient diviser les 20$ de remise de façon équitable ? Ils réalisèrent que 20$ divisé par 6 faisaient 3,33$.
Mais s’ils soustrayaient cette somme de leur partage alors le 5ème et 6 ème homme devraient être payés pour boire leur bière.

http://img504.imageshack.us/img504/1830/jupiler7857vr1.jpg
Le tenancier du bar suggéra qu’il serait équitable d’appliquer un pourcentage de réduction plus important pour les plus “pauvres” et de réduire l’addition comme suit:
Le 5° homme, comme les quatre premiers ne paya plus rien.
Le 6° paya 2 $ au lieu de 3 (33% de réduction)
Le 7° paya 5 $ au lieu de 7 (28% de réduction)
Le 8° paya 9 $ au lieu de 12 (25% de réduction)
Le 9° paya 14 $ au lieu de 18 (22% de réduction)
Le 10° paya 49 $ au lieu de 59 $ (16% de réduction)
Chacun des six « payants » paya moins qu’avant et les 4 premiers continuèrent à boire gratuitement.
Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie :
« J’ai seulement eu 1 $ sur les 20 $ de remise », dit le 6°, il désigna le 10° « Lui il a eu 10 $ ».
« ouais ! dit le 5°, j’ai seulement eu 1 $ d’économie aussi »
« C’est vrai ! » s’exclama le 7°, « pourquoi aurait-il 10 $ alors que je n’en ai eu que 2 ? Le plus riche a eu le plus gros de la réduction»
« Attendez une minute » cria le 1° homme à l’unisson, « Nous quatre n’avons rien eu du tout nous. Le système exploite les pauvres »
Les 9 hommes cernèrent le 10° et l’insultèrent.
La nuit suivante le 10° homme (le plus riche ?!) ne vint pas. Les neuf autres s’assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer leur note ils découvrirent quelque chose d’important : Ils n’avaient pas assez d’argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l’addition.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/6/62/Verredebierekowaq.jpg
Et cela, garçons et filles, journalistes et collègues professeurs est le reflet de notre système d’imposition. Les gens qui payent le plus de taxes tirent le plus de bénéfice d’une réduction de taxe.
Taxez les plus fort, accusez-les d’être riches et ils risquent de ne plus se montrer désormais. En fait ils pourraient commencer à aller boire à l’étranger où l’atmosphère est, comment dire, plus amicale.
Pour ceux qui ont compris, aucune explication est nécessaire.
Pour ceux qui n’ont pas compris, aucune explication n’est possible.
Signé
David R. Kamerschen, Ph.D.
Professeur d’économie
Universiy of Georgia, USA
Le retour à la croissance par Alain Madelin

http://www.teleramaradio.fr/IMG/affiche.jpg

La reprise est possible à quatre conditions. Les deux premières nous sont extérieures, les deux autres concernent la France :
-  Nous avons besoin de la remontée du dollar pour oxygéner la croissance européenne ;
-  Nous devons éviter une dépression déflationniste en Allemagne ;
-  Nous devons baisser les impôts ;
-  Nous devons retrouver les maîtrises de nos dépenses publiques et accélérer les réformes.

· L'euro est trop fort au regard des fondamentaux de l'économie européenne. Il s'est apprécié par rapport au dollar, mais aussi par rapport à toutes les monnaies des grands pays exportateurs (dont la Chine) qui sont de fait rattachées au dollar. Nos exportations souffrent. Si l'Espagne peut aisément s'accommoder d'un euro qui se rapproche de sa parité d'origine, un pays comme l'Allemagne qui est entré dans l'euro avec un Deutsch Mark surévalué de 10 à 20% continuerait de souffrir. La désindustrialisation menace.

La baisse de l'euro est nécessaire et elle se fera. Le problème, c'est qu'elle ne se décide pas, car les taux de change sont le résultat d'une interaction extrêmement complexe entre les soldes commerciaux, les investissements des entreprises, les flux financiers et les entrées et les sorties de capitaux à court terme.

· En Allemagne, il faut espérer que le programme de réforme engagé portera ses fruits et que surtout l'Allemagne ne connaîtra pas de séisme industriel ou financier propre à ébranler le secteur bancaire.

· En France,. l'audace réformatrice se mesure désormais à l'audace fiscale. Il est d'ailleurs frappant de voir que l'Allemagne, pour sortir de ses difficultés, accélère les baisses d'impôts quand en France on imagine de les repousser. Il ne faut pas attendre le retour de la croissance pour baisser les impôts, il faut baisser les impôts pour retrouver la croissance. Il ne suffit pas d'ailleurs de baisser les impôts en additionnant pêle-mêle la baisse de la TVA sur la restauration, diverses exonérations fiscales, une nouvelle ristourne sur l'impôt sur le revenu et sur la baisse des charges sociales. Il faut engager une réforme d'ensemble de la fiscalité française : la réforme de l'impôt sur le revenu (intégrant la CSG comme impôt de base payé par tous les Français auquel s'ajoute un impôt proportionnel avec un taux maximum de 35%, avec une retenue à la source), la refonte d'ensemble de la fiscalité du patrimoine incluant les successions et l'ISF, la fiscalité de l'entreprise qui doit être compétitive. La baisse des impôts déplace les richesse, la réforme fiscale les multiplie.

· La réduction de la dépense publique est un impératif. Le gouvernement s'y engage, mais les coupes budgétaires ne suffisent pas. Seule la réforme de l'Etat (la remise en cause de son périmètre, de ses missions et de sa gestion, la réforme de l'éducation) la réforme des systèmes sociaux et du marché du travail - permettra d'obtenir une réduction efficace et durable de nos dépenses publiques.

Baisse des impôts et baisse de la dépense publique ne s'excluent pas ; elles doivent être menées de front. La baisse de la dépense publique permet d'amorcer la réforme fiscale. Celle-ci engendre une nouvelle croissance qui augmente les recettes fiscales. Au total : ce n'est pas tant la dépense publique qui est réduite, mais la part de cette dépense dans la richesse nationale.

Ce n'est pas en cherchant à accommoder nos déficits publics à Bruxelles que l'on retrouvera le cercle vertueux de la croissance et de l'emploi, mais c'est en s'attaquant aux déficits de réformes accumulés depuis tant d'années.

Publié dans Travail et Economie

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D
<br /> <br /> Daniel Thureau Vous voyez, on a sans doute un point commun, on combat l'état, l'étatisme, mais sans doute pas pour les même<br /> raisons.....!!<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Daniel Thureau Avant de discuter avec quelqu'un, essayer de mieux le connaître, à travers UN commentaire, c'est un peu<br /> sommaire et vous éviterait des simplifications et des préjugés à son égard...Quand vous dîtes..." je ne sais pas.....etc" et bien abstenez vous de porter des appréciations ou des jugements.....<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Réseau Liberté Bien sur !<br /> Il ne faut surtout pas de raisonnement trop simpliste pour "noyer le poisson" ! Quand les gens, à travers l'Etat, continueront à ne compter que sur les autres pour vivre, ils auront déjà et<br /> "simplement" ... ratés leur vie !...<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Daniel Thureau Bah, bah, bah, bah....La littérature je la vois partout, y compris chez certains libéraux....Epargnez moi<br /> votre discours, je le connais...C'est un discours binaire, manichéen bien connus par son simplisme, si vous critiquez, vous avez le malheur de critiquer une certaine forme de capitalisme, vous<br /> êtes forcément cataloguer de collectiviste ou je ne sais de quel communisme, épargnez moi vos salades éculées...Excusez moi mais je ne vois aucun intérêt à discuter avec vous...Bonne journée....<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Réseau Liberté ‎@Daniel Thureau<br /> Je ne sais pas ce que vous faites dans la vie et je crois qu'il vaut mieux que vous soyez indépendant pour gagner votre vie !<br /> Mais des millions de personnes ont besoin d'entreprises qui les embauchent pour avoir un travail. Il n'y a pas d'entreprises sans capitalisme, et le capitalisme<br /> c'est pour le moment le fait de gens riches qui prennent des risques avec leurs capitaux. Les coopératives ne marchent pas et les fonctionnaires de l'Etat et des collectivités ne créent pas de<br /> richesses. Sans collecter des impôts et même par la force, ils ne sont rien.<br /> Le reste est de la littérature.<br /> Maintenant, que même avec ce qu'on leur prend comme impôts, ils soient toujours plus riches, c'est qu'à ce jeu là, ils arrivent encore à être malins. Empêchez les de l'être et vous aurez tué la<br /> poule aux œufs d'or.<br /> <br /> <br /> <br />
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