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Publié le par Alain Genestine

Le Fond monétaire international (FMI) a un nouveau directeur général en la personne de Dominique Stauss-Kahn. Il succède à l'Espagnol Rodrigo de Rato, qui a annoncé son départ en juillet dernier.Rodrigo de Rato

 

Rodrigo de Rato



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Dominique Strauss-Kahn le 20 septembre 2007 ...

Il s'agit d'une victoire symbolique pour cet ancien ministre socialiste âgé de 58 ans. Dominique Strauss-Kahn a d'ailleurs choisi vendredi le Chili pour attendre, aux côtés de ses amis de la gauche latino-américaine, la nouvelle de son élection à la tête du FMI.

La candidature de M. Strauss-Khan était soutenue par les États-Unis et l'Union européenne. Elle avait été proposée par le président français, Nicolas Sarkozy, dans le cadre de sa politique « d'ouverture » vers la gauche. M. Strauss-Kahn était en compétition avec un candidat tchèque, Josef Tosovsky, présenté par la Russie.

Dominique Strauss-Kahn, qui entamera le 1er novembre un mandat de cinq ans, s'est déjà engagé à réformer sans tarder le FMI en crise. Invité à Santiago par la Fondation Chile 21, proche de la présidente socialiste chilienne Michelle Bachelet, il avait déjà promis jeudi, devant un parterre de personnalités de la gauche latino-américaine, de changer la donne au sein du FMI afin que les pays émergents et les plus pauvres y occupent davantage de place.

 

Dans une intervention jeudi, M. Strauss-Kahn n'a pas ménagé ses critiques à l'égard de l'institution internationale qu'il va désormais diriger.

L'attitude du FMI a parfois consisté à se comporter comme les médecins du 13e siècle en appliquant deux recettes: l'isolement et la diète. Aujourd'hui, on ne peut plus constater les dégâts et réparer après, il faut prévenir avant qu'ils n'apparaissent, sinon ils vont nous emporter. — Dominique Strauss-Kahn

Selon en entente tacite entre les pays membres, le FMI est toujours dirigé par un Européen alors que la Banque Mondiale est toujours gouvernée par un Américain.

Réactions en haut lieu

Le président français, Nicolas Sarkozy, a qualifié vendredi de « grande victoire pour la diplomatie française » la nomination de Dominique Strauss-Kahn. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a de son côté salué la nomination de M. Strauss-Kahn, estimant que l'ancien ministre socialiste disposait d'un mandat clair pour réformer l'institution.

Cours d'économie ...

 

« Le monde a besoin d'un FMI plus pertinent, plus légitime et plus à l'écoute de ses membres, afin de répondre aux défis de notre temps et de préserver la stabilité financière internationale dans un cadre multilatéral », a déclaré Bernard Kouchner.

Du côté de Christian Seguin de Sud-Ouest, l'heureux gagnant de l'Euromillions c'est bien DSK. " le lauréat touchera un salaire annuel de 495 000 dollars net d'impôts. A la tête d'un staff de 2700 personnes, il disposera d'une lincoln noire avec chauffeur, ainsi que d'une retraite de 80 000 dollars garantie au bout de trois ans de service. Une belle revanche sur le destin pour le candidat malheureux à l'investiture socialiste qui est désormais le mieux payé de Washington. Patron du FMI, c'est tout de même autre chose que les ronds dans l'eau à l'université d'été du PS, avec Mélenchon qui ferraille au huitième rang."

Dépêche partielle de l'AFP: Ce que pensent les socialistes

Les socialistes français ont fait bonne figure en se félicitant, à l'instar de leur chef François Hollande, des multiples appuis internationaux reçus par l'un des leurs.

Mais, sur la scène intérieure, le prix est élevé : le Parti socialiste voit s'éloigner le plus populaire de ses dirigeants, figure de proue incontestée d'un courant social-démocrate "à la française".

'Nous sommes fiers que les compétences de DSK soient reconnues à l'échelle mondiale, mais nous sommes un peu amers que les socialistes l'aient laissé partir", a déclaré Jean-Christophe Cambadelis, proche de l'ex-ministre des Finances.

Un sondage paru cette semaine désigne M. Strauss-Kahn comme le meilleur leader pour la gauche aux yeux des Français (27%) devant la candidate malheureuse à la présidentielle Ségolène Royal (15%), qui reste néanmoins la préférée des sympathisants de son camp.

Les médias décrivent un homme soulagé d'avoir trouvé le moyen de fuir, grâce à un poste prestigieux et fort bien rémunéré, l'ambiance délétère d'un parti en pleine crise où se multiplient les règlements de comptes.

Cette nomination au FMI apparaît aussi comme un nouveau "coup" réussi de M. Sarkozy dans sa stratégie d'ouverture tous azimuts qui n'en finit plus de déstabiliser un PS sonné par sa défaite présidentielle.

La candidature de M. Strauss-Kahn avait été lancée par le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker.

Le président français a été prompt à la soutenir au nom de sa volonté affichée de "rallier tous les talents", après avoir notamment confié le ministère des Affaires étrangères au socialiste Bernard Kouchner.

Il y a moins d'un an, M. Strauss-Kahn espérait être l'adversaire de M. Sarkozy à la présidentielle. Mais, en lui accordant 20% de leurs suffrages, les militants socialistes lui avaient largement préféré Ségolène Royal.

Pour Dominique Reynié, professeur à l'école des sciences politiques à Paris, l'effacement de M. Strauss-Kahn va au moins avoir le mérite de "réduire les tensions" au PS. Mme Royal devrait logiquement en profiter, tout comme le maire de Paris Bertrand Delanoë dont la cote est en hausse.

M. Reynié souligne aussi "l'effet de découragement" produit par le choix de M. Strauss-Kahn sur les militants de son courant. Pour lui, "la question désormais est de savoir ce que va devenir le centre-gauche au PS".

Ce parti a perdu "une des personnalités les plus crédibles dans l'opinion pour mener la refondation de ses idées", estime Stéphane Rozès, de l'institut de sondages CSA. Ce départ pourrait en revanche accélérer, selon lui, l'émergence d'une nouvelle génération de dirigeants socialistes.

M. Strauss-Kahn s'est engagé à accomplir, s'il était élu au FMI, la totalité de son mandat de cinq ans, ce qui devrait l'écarter de facto de la prochaine course présidentielle. A moins qu'il ne choisisse de profiter de sa stature internationale pour retenter sa chance en France, comme l'a fait Romano Prodi en Italie après avoir dirigé la Commission européenne.

Une hypothèse jugée peu probable par Dominique Reynié. "S'il revenait sur une parole non tenue au plan international, ce serait un vrai handicap". Autre difficulté: M. Strauss-Kahn n'apparaît plus désormais comme un "opposant déterminé" à Nicolas Sarkozy.

Stéphane Rozès pense aussi que M. Strauss-Kahn a sans doute tourné la page, conscient qu'"il ne pourra pas peser de l'extérieur" sur un parti auquel il a tourné le dos. AFP

Biographie
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LES ENFANTS DE NEUILLY S/SEINE
 

Né en 1949 à Neuilly-sur-Seine, Dominique Strauss-Kahn est fils d'une journaliste et d'un instituteur de la bourgeoisie moyenne. Il a grandi au Maroc. Il a été avocat et professeur de droit public et d'économie, est passé à HEC avant d'enseigner à l'ENA et à Sciences-Po. Il est trilingue, français-anglais allemand, a été marié à trois fois et est père de quatre enfants. La journaliste Anne Sinclair est sa conjointe depuis 12 ans. Fanatique de nouvelles technologies, il a été l'un des premiers hommes politiques français à se doter d'un blogue, en 2004.

Publié dans Travail et Economie

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