L'Eurogroupe critique la France

Publié le par Alain Genestine

Déficits publics de la France en Europe : Le poids des réalités compte plus que la magie des mots...


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 "Nous pensons que les ambitions dont la France a fait preuve (en matière de réduction des déficits) ne correspondent pas tout à fait" à nos attentes, affirme Jean-Claude Junker.

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker (Reuters)

 

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker (Reuters)

 

 

La réunion de l'Eurogroupe, forum des ministres des Finances des pays de la zone euro, qui se tenait vendredi 14 septembre à Porto, s'est terminée sur une mise en garde à la France. Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a en effet critiqué le manque d'"ambition" de Paris en matière de réduction de son déficit public

Lors d'une conférence de presse, Jean-Claude Juncker a déclaré: "Nous pensons que les ambitions dont la France a fait preuve (en matière de réduction des déficits) ne correspondent pas tout à fait au niveau des attentes qui sont les nôtres".

Les réformes structurelles engagées par la France "vont dans la bonne direction et sont de nature à augmenter le potentiel de croissance", mais "nous pensons que réformes structurelles et amélioration budgétaire doivent aller ensemble", a ajouté le ministre des Finances et Premier ministre luxembourgeois.

L'Euro fort n'est pas une faiblesse

La réunion a également permis aux ministres de tenter de minimiser les conséquences de l'euro fort, notamment son incidence sur la croissance de la région.
Ainsi, peu avant le début de la conférence, Jean-Claude Juncker avait affirmé à la presse "j'étais plus inquiet à l'époque où l'euro était trop faible que je ne le suis aujourd'hui", alors que la monnaie unique flirte avec le seuil de 1,40 dollar. De même, le ministre autrichien des Finances Wilhelm Molterer, a fait la démonstration de son optimisme sur la capacité de la zone euro : "la croissance est vigoureuse en Europe, l'économie est solide, donc nous pouvons faire face" au préjudice qu'occasionne un euro fort sur les exportations".

Les ministres des finances de la zone euro estime assez solide la croissance des économies de la zone alors que la force de l'euro sur les marchés ne semble préoccuper que la France. Cette hausse de la parité de l'euro à un niveau jamais atteint par rapport au dollar fait des heureux : les touristes européens qui passent des vacances aux Etats Unis. A New York par exemple, les nuits d'hôtel - très couteuses d'habitude, le sont moins, et le prix d'un repas est carrément intéressant : autour de 15 euros, alors qu'un petit-déjeuner pour deux personnes vaut 7 euros. Comptez à peine trente euros pour l'achat d'un jean et 14 euros pour un ticket d'entrée au musée.


"Résister au choc pétrolier"

Pour sa part, le belge Didier Reynders s'est montré plus mitigé, estimant que "bien entendu nous sommes préoccupés concernant (l'impact sur) de nombreuses exportations, vers les Etats-Unis, vers la Chine aussi". "Mais", a-t-il nuancé, "nous sommes capables de résister à de nombreux chocs externes, en premier lieu au choc pétrolier", lié au niveau record historique du prix du baril de brut, supérieur à 80 dollars. Et donc "ce n'est pas vraiment problématique (en ce moment) d'avoir un tel niveau de prix pour le pétrole car nous avons un euro fort".
Dans le même temps, il a souligné que les ministres de la zone euro étaient davantage soucieux de "l'évolution de la croissance économique" en zone euro".
L'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) vient de prévenir que la crise financière de l'été se traduirait par un ralentissement de l'activité économique dans les grands pays industrialisés et la Commission européenne a revu un peu à la baisse sa prévision de croissance pour la zone euro en 2007, de 2,6% à 2,5%.


La France tiendra ses engagements en matière de réduction des déficits pour atteindre l'équilibre "dès 2010 si la conjoncture le permet" et "en tout état de cause au plus tard en 2012", a assuré vendredi soir François Fillon en réponse aux critiques européennes sur le sujet.

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"Nous avons pris, au plus haut niveau de l'Etat, des engagements devant nos partenaires européens. Nous les tiendrons", a déclaré le Premier ministre devant les chefs d'entreprises réunis pour les 16e rencontres franco-allemandes d'Evian (Haute-Savoie).

Il a affirmé que les 10 milliards d'allègements fiscaux votés en juillet par le Parlement dans le cadre de la loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat "ne font pas obstacle à la consolidation budgétaire". "Dès cette année, nous réduisons notre déficit budgétaire en pourcentage du PIB, alors que l'acquis de croissance sur les deux premiers trimestres est décevant", a-t-il fait valoir.

"En 2008, nous construisons notre budget sur une hypothèse de croissance prudente, une fourchette comprise entre 2 et 2,5%, et nous poursuivrons notre effort résolument pour rejoindre l'équilibre, dès 2010 si la conjoncture le permet, et en tout état de cause au plus tard en 2012", a souligné M. Fillon.

Le Premier ministre français a insisté sur le processus de "révision générale" des politiques publiques lancé par son gouvernement pour réduire les dépenses et améliorer l'efficacité des administrations. Il a également mentionné l'assainissement des comptes sociaux, notamment par l'adaptation des régimes de retraites.

Les ministres des Finances de la zone euro réunis vendredi à Porto ont épinglé la France pour son manque d'ambition dans la réduction de ses déficits. Le gouvernement Villepin s'était engagé à atteindre l'équilibre en 2010.

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Le président s'est engagé à se rendre, lui ou le Premier ministre François Fillon, dans l'ensemble des capitales européennes d'ici le 30 juin 2008, veille de la présidence française de l'UE. Nicolas Sarkozy a entamé cette tournée par la Hongrie, pays cher à son coeur. Son père, Pal, est en effet né à Budapest et arrivé à Paris en 1948.

Dans un discours devant le Parlement hongrois, le président a fait allusion aux propos de son prédécesseur, Jacques Chirac, qui avait blessé les anciens pays de l'Est, en estimant qu'ils avaient "manqué une bonne occasion de se taire" lorsqu'ils avaient soutenu l'intervention américaine en Irak en 2003.

Il a expliqué qu'il avait choisi Budapest comme première étape de sa tournée pour "lever un malentendu": "Il n'y a pas pour la France une vieille Europe et une nouvelle Europe", a-t-il assuré. "Il n'y a pas pour la France des pays majeurs et des pays mineurs (...) Il n'y aura jamais pour la France des pays qui ont le droit à la parole et d'autres qui n'ont le droit que de se taire. Il y a des pays égaux en droits et en devoirs qui feront la force de l'Union européenne".

Nicolas Sarkozy a souhaité que la présidence française soit "utile pour l'Europe". "C'est dans cet état d'esprit que j'ai l'intention d'assumer la présidence de l'Union: écouter tous les partenaires, les unir, pour agir tous ensemble", a-t-il souligné.

Le président français a insisté sur la nécessité d'une vision commune dans plusieurs domaines, notamment la sécurité, la défense, l'immigration, l'énergie et le réchauffement climatique. Il a ainsi observé que l'Europe devait être "indépendante et capable de se défendre par elle-même", malgré son rôle dans l'OTAN. Il ne s'agit pas de "substituer la politique de défense européenne à l'Alliance atlantique, mais de créer deux systèmes complémentaires", a-t-il dit.

Le président de la République a répété sa proposition, appuyée par Budapest, de créer un "conseil d'experts" chargé de réfléchir à ce que sera l'Europe en 2020 et 2030. Il a plaidé pour que cette mission, composée de dix à douze personnalités de premier plan, soit mise sur pied par le Conseil européen de décembre prochain.

Nicolas Sarkozy s'est entretenu successivement avec le président Laszlo Solyom, le Premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsany et Viktor Orban, président du principal parti d'opposition Fidesz. Il devait également visiter le chantier de la ligne 4 du métro de Budapest, construite par les entreprises françaises Vinci et Alstom, puis rencontrer la communauté française.

Le président s'était déjà rendu à deux reprises en Hongrie dans le cadre de visites officielles, en 1994 comme ministre du Budget et en 2004 lorsqu'il était aux Finances. Il a effectué au moins une visite privée dans le pays de ses ancêtres. Vendredi, sa courte visite de sept heures ne lui a pas permis d'aller jusqu'à Alattyan, berceau de sa famille à environ 85km au sud-est de Budapest.

Dans son discours devant le Parlement, il a toutefois reconnu que ce voyage n'était "pas tout à fait comme les autres". "Ce n'est pas sans une certaine émotion que je m'adresse à vous aujourd'hui", a-t-il confié. "Tant de liens personnels me rattachent à la Hongrie".

 

Publié dans Travail et Economie

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