Point de presse du Porte Parole de La Présidence de La République

Publié le par Alain Genestine

 

Point de presse du Porte-parole

Je voulais vous dire pour commencer l'indignation du Président de la République après l'agression de M. ABDERRAHMEN à Saint-Denis qui s'est déroulée cette nuit, le Président a été particulièrement indigné de cette agression qui survient après d'autres agressions répétées.


Il a entendu l'appel de M. ABDERRAHMEN qui sera reçu à midi par le Directeur de cabinet de la ministre de l'Intérieur et il suivra cette affaire avec beaucoup d'attention.
Je voulais vous dire également que le Président de la République avait appris avec tristesse la disparition du Commandant Caroline AIGLE qui a été emporté, comme vous le savez sans doute, par une maladie foudroyante. C'était la première femme brevetée pilote de combat dans l'armée de l'air française. Elle a ouvert la voie aux onze femmes qui volent aujourd'hui sous la cocarde tricolore. Elle avait par son travail et son talent réalisé son rêve. C'était une polytechnicienne, une athlète de haut niveau, elle était un officier particulièrement complet promis au plus brillant avenir. Elle voulait d'ailleurs devenir spationaute et seule une maladie cruelle l'en a empêché. Le Président adresse à son mari et à ses deux enfants, dont un nouveau né, ses condoléances attristées ainsi que celles de toute la Nation.

Je vais vous donner les points marquants de l'agenda de manière un peu rapide pour laisser plus de temps à la discussion entre nous.

Le Président a reçu ce matin à 11 heures Madame Yvette Jobard, qui est l'épouse de Bernard Jobard, le patron pêcheur qui a été tué le 17 août dernier dans le naufrage du " Sokalique " et aux obsèques duquel le Président s'est rendu la semaine dernière. Le Président a dit une nouvelle fois à Madame Jobard, puisqu'il l'avait vue la semaine dernière là-bas, sa solidarité et son soutien dans cette terrible épreuve. Il l'a également informée de l'état des discussions avec les autorités de Kiribati pour que le procès se tienne en France, notamment après l'entretien téléphonique qu'il a eu hier avec M. TONG, qui est le Président de Kiribati. Je vous en avais rendu compte hier, mais je peux vous redire en deux mots la teneur de l'entretien. Le Président a redit à son homologue le souhait de la France que le jugement des responsables du naufrage du bateau de pêche se déroule en France. Il l'a évidemment assuré que cette requête ne remettait en rien en cause la confiance qu'il plaçait dans les autorités de Kiribati. Le Président TONG, en retour, lui a indiqué sa volonté de coopérer pleinement avec les autorités françaises, ce que nous avons déjà noté puisque, comme vous le savez, il a donné son autorisation pour que le bateau reste pour tout le temps de l'enquête et pour que la France soit saisie à titre principal de l'enquête judiciaire. Les deux hommes ont convenu de trouver le plus rapidement possible la solution la plus appropriée pour les deux parties. Le Président TONG s'est notamment engagé à envoyer dans les tout prochains jours un émissaire personnel afin de poursuivre les discussions pour trouver cet arrangement et le Président Sarkozy a assuré son homologue qu'il recevrait personnellement son émissaire.
Le Président reçoit en ce moment même M. Taieb FASSI FIHRI, qui est le ministre délégué aux affaires étrangères du Royaume du Maroc et qui est le représentant personnel de Sa Majesté le Roi Mohamed VI.
A 12 h 30, comme je vous l'avais dit la semaine dernière, il déjeunera avec Monsieur José Manuel BARROSO, Président de la Commission européenne.
Cet après-midi - peut-être le savez-vous ? - il sera au MEDEF, à Jouy-en-Josas, où il prononcera un grand discours sur la politique économique.
Demain, il ouvrira sa journée sur le thème du pouvoir d'achat et il fera un déplacement sur ce thème. Il se rendra dans un centre commercial en région parisienne. Je vous donnerai plus d'informations sur ce déplacement un peu plus tard.
Le Président va également poursuivre ses rencontres avec les représentants des principales organisations syndicales. Il recevra Bernard VAN CRAEYNEST, le Président de la CFE-CGC, vendredi à 15 h 30. Je vous rappelle qu'il avait reçu François CHEREQUE la semaine dernière, Jean-Claude MAILLY lundi et Bernard THIBAULT hier.
J'en profite pour vous donner les autres rendez-vous syndicaux de la semaine prochaine :
Lundi 3 septembre à 11 heures, il recevra Jacques VOISIN, le Secrétaire général de la CFTC, et il recevra Laurence PARISOT, la Présidente du MEDEF, mercredi prochain, 5 septembre, à 11 heures.
C'est aussi l'occasion pour moi de dire que le Président, qui fait un discours économique cet après-midi, fera un grand discours sur les politiques sociales le 18 septembre à l'occasion du 40ème anniversaire de l'Association des journalistes de l'information sociale. Cela se déroulera au Sénat.
Lundi prochain, 3 septembre, à 12 h 30, le Président recevra Sa Majesté le Roi Abdullah II de Jordanie avec qui il aura un entretien suivi d'un déjeuner de travail. C'est la deuxième fois qu'ils se rencontreront dans ces conditions, à Paris, puisque le Roi était venu à l'Elysée le 4 juillet dernier. Ils feront, à l'issue du déjeuner, une déclaration conjointe.
Lundi prochain, à 17 h 30, le Président, comme je vous l'avais dit, installera la Commission sur le Plan Alzheimer qui est présidée par Joël MENARD et puis lundi toujours, vers 15 h 15, le Président se rendra à l'aéroport d'Orly pour y accueillir Nelson MANDELA, l'ancien président sud-africain et héros de la lutte anti-apartheid. Comme vous le savez, il est très rare qu'un président se déplace lui-même à l'aéroport pour accueillir une personnalité étrangère, c'est en réalité ce qui correspond au protocole de la visite d'état. C'est donc un accueil exceptionnel pour un homme exceptionnel. Le Président se réjouit évidemment tout particulièrement de cette rencontre avec M. MANDELA pour qui il a un très profond respect. Le Président fait très souvent référence, en privé, à Nelson MANDELA et à la très grande admiration que lui inspire le destin exceptionnel de cet homme qui a passé 27 ans de sa vie en prison, dans les geôles de l'apartheid, mais dont la seule obsession une fois libéré a été de conduire son pays sur le chemin de la réconciliation et de la tolérance, et avec quelle efficacité ! C'est ce qui avait valu à "Madiba", comme le surnomment chaleureusement ses compatriotes, le prix Nobel de la Paix en 1993.
Le Président recevra, mercredi 5 septembre à 12 h30, Edmund STOIBER, qui est le Président du land de Bavière et le Président de la CSU, qui est, comme vous le savez, la petite sœur bavaroise de la CDU, le parti de Mme MERKEL. M. STOIBER et M. SARKOZY ont eu des contacts de longue date. Ce sont des partenaires politiques et des amis et, comme vous le savez peut-être, M. STOIBER est sur le point de se retirer de la vie politique puisqu'il démissionnera prochainement de la présidence du land de Bavière et de la présidence de la CSU. Ce sera donc l'occasion, pour le Président SARKOZY, de rendre hommage à cette grande figure de la vie politique allemande et à son engagement continu au service de son pays et de sa région qui est devenue une des régions les plus dynamiques et les plus prospères d'Allemagne.
Enfin, je vous annonce que le Président de la République se rendra jeudi prochain, 6 septembre, dans les deux départements alsaciens. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment sur ce déplacement, on y reviendra en début de semaine prochaine, mais sachez simplement que le lendemain, vendredi 7 septembre, se tiendra à Strasbourg, comme le Président l'avait annoncé, un Conseil des Ministres décentralisé qui fera une grande place dans ses délibérations et dans ses communications à l'aménagement au développement du territoire alsacien.
Simplement pour conclure, un mot sur les grands thèmes de cette semaine. Vous l'avez compris, cette fin de semaine est placée sous le signe de l'économie, de la compétitivité et du pouvoir d'achat puisque, pour certains d'entre vous, vous avez assisté il y a une heure et demie au lancement de la Commission Attali sur la libération de la croissance, et pour certains, sans doute, vous assisterez cet après-midi au discours que le Président fera au MEDEF.
La semaine prochaine sera consacrée à la rentrée scolaire et le Président effectuera un déplacement sur ce thème sur lequel je vous donnerai plus de précisions.
J'en profite enfin pour vous dire que le Président de la République a pris hier l'initiative d'appeler son homologue vénézuélien, le Président Hugo CHAVEZ. Il a souhaité ce premier contact à la fois pour évoquer avec le président CHAVEZ la coopération bilatérale et les perspectives entre nos deux pays, perspectives qu'il veut renforcer, et il a évidemment saisi cette occasion pour évoquer avec le Président CHAVEZ la question des otages en Colombie. Il lui a dit que leur libération, et en particulier la libération de notre compatriote Ingrid BETANCOURT, reste un objectif de première importance pour lui. Vous vous souvenez que le Président du Venezuela avait manifesté ces dernières semaines une disponibilité une disponibilité à contribuer à apporter une solution humanitaire au drame des otages, notamment en recevant à Caracas les familles des otages de Colombie. Le Président de la République a assuré le Président CHAVEZ de son plein soutien, de son intérêt pour la démarche envisagée par le Président CHAVEZ et de sa volonté, en accord avec le Président colombien URIBE, d'accompagner ses efforts. Les deux Président son convenus de rester en contact le plus étroit possible sur ce sujet qui est, comme vous le savez, extrêmement complexe. Cette conversation témoigne une nouvelle fois de la mobilisation du Président de la République pour obtenir la libération des otages en général et de notre compatriote en particulier. Vous vous souvenez qu'il avait insisté auprès de ses partenaires du G8 et de l'Union européenne pour que des appels pressants soient adressés au FARC pour qu'elles fassent les gestes nécessaires pour créer une dynamique qui pourrait conduire à la libération des otages. C'est donc dans cette logique que le Président de la République s'entretiendra dès cet après-midi au téléphone avec le Président URIBE avec lequel il compte bien évidemment rester en contact très étroit.

Voilà, si vous avez des questions, je serai ravi d'y répondre.

QUESTION - Juste une question sur l'agenda américain, d'abord sur la visite du Président aux Nations-Unies : est-ce que l'on en sait un petit peu plus sur le programme qu'il aura là-bas ? et les dates du déplacement ? Et sur la visite à Washington : est-ce que c'est une visite d'Etat ? Est-ce que les dates sont fixées ? On parle du mois de novembre pour la visite et la nouvelle rencontre avec George BUSH ? Et enfin, sur le plan politique, est-ce que, aujourd'hui, on peut avoir votre appréciation sur l'état des relations franco-américaines ?

DAVID MARTINON - Sur les déplacements du Président de la République aux Etats-Unis, les dates du déplacement à l'ONU sont connues, puisqu'elles ne dépendent pas que de la France, l'ONU étant une organisation à vocation universelle. Donc, le Président sera à New-York les lundi 24 et mardi 25 septembre. Le programme est en cours de finalisation donc je vous en parlerai un peu plus tard. Sur la visite bilatérale, le niveau protocolaire n'est pas arrêté, je pense qu'il s'agira d'une visite officielle, vraisemblablement. Là encore les dates ne sont pas totalement arrêtées. Elle devrait se dérouler dans les prochaines semaines, entre octobre et novembre, quelque chose comme cela. Pour ce qui est des relations entre les Etats-Unis et la France, le Président en a parlé lors de son discours aux ambassadeurs. Il a redit que les Etats-Unis et la France étaient des partenaires historiques. Je rappelle que, depuis la création des Etats-Unis, jamais la France et les Etats-Unis n'ont été en guerre et que c'est une exception, pour l'un comme pour l'autre pays qui on fait la guerre avec à peu près tout le monde, y compris les Etats-Unis avec à peu près l'ensemble des pays européens, qu'il s'agisse de l'Espagne ou du Royaume Uni. Si vous regardez bien, c'est une continuité historique très forte. Il a utilisé le terme d'alliés, en disant que " alliés " ne voulait pas dire " alignés ". C'est exactement cette logique là.

QUESTION - Est-ce que l'on peut en savoir un peu plus sur la visite dans le centre commercial demain ?

DAVID MARTINON - Pas encore mais nous vous tiendrons le plus informé possible.

QUESTION - J'ai remarqué aussi qu'il n'y avait rien mardi à l'agenda. Est-ce que cela veut dire que le Président va se rendre dans une école le jour de la rentrée ?

DAVID MARTINON - C'est une information que je ne peux pas vous donner et je vous avoue que ce déplacement est encore en cours de préparation, donc il est trop tôt pour que je vous en parle. Mais vous serez informés puisque l'on tient à votre présence, Monsieur JEUDY.

QUESTION - Il y a une rumeur qui circule dans le monde arabe actuellement, que le Président MOUBARAK serait à Paris pour des raisons de santé. C'est ma première question. Peut-être un commentaire là-dessus ?

DAVID MARTINON - Non, aucun. Je serai bien incapable de vous en faire et même si je le pouvais, vraisemblablement je n'en ferai pas.

QUESTION - Sur la rencontre avec le Roi de Jordanie : comment cela se fait-il que ce soit la deuxième fois qu'ils se voient ? Troisième question : (inaudible)


DAVID MARTINON - Sur votre deuxième question : comment se fait-il que ce soit la deuxième fois qu'ils se voient ? J'espère que vous n'en êtes pas négativement émue. C'est une très bonne nouvelle, ce sont deux hommes de la même génération, qui s'entendent très bien, qui se comprennent. C'est, pour le Président de la République, l'occasion d'avoir un avis très éclairé et très modéré, raisonnable, sur les sujets de la région et il accueille toujours le Roi de Jordanie avec beaucoup d'intérêt et de cordialité, même si ce n'est que la deuxième fois qu'ils se rencontrent.
Pour ce qui est de la conférence internationale, encore une fois, si c'est une conférence internationale, elle va nécessiter beaucoup de préparation, ne serait-ce que pour s'assurer la participation du plus grand nombre, en tout cas de ceux dont on veut qu'ils soient présents. Je dois dire que, sur ce sujet-là, il nous est difficile de faire des commentaires à ce stade, mais ce qui est sûr - et le Président l'a dit - c'est que toute initiative qui peut contribuer à apaiser les situations délicates de la région est bonne à étudier. Le Président de la République a eu l'occasion de s'exprimer assez longuement dans son discours aux ambassadeurs, lundi, sur cette question en expliquant notamment que, si vous regardiez la situation il y a quinze ans, il y avait une situation sensible, délicate, douloureuse qu'était le conflit israélo-palestinien et qu'aujourd'hui, il y en a quatre. Donc, il faut vraiment tout faire, et la France y concourt quotidiennement, pour essayer d'apporter des débuts de solution à ces situations. Dans le cas de l'Irak, il a dit que la solution ne pouvait être qu'irakienne, et c'est également ce qu'a dit Bernard KOUCHNER à Bagdad. Dans le cas du conflit israélo-palestinien, il a rappelé que tout ce que l'on pouvait faire pour créer un environnement favorable était bénéfique mais que, pour autant, rien ne pourrait se régler sans un dialogue direct entre Israéliens et Palestiniens. Quant à l'Iran, je crois qu'il a été clair, quoiqu'en pensent certains protagonistes concernés.

QUESTION - Pour en revenir à la conversation du Président avec M. CHAVEZ ce matin, est-ce que le Président a la sensation que l'implication de CHAVEZ dans ce dossier, peut ouvrir une nouvelle possibilité ? Et lui a-t-il demandé de l'aide pour essayer d'obtenir des preuves de vie d'Ingrid BETANCOURT, à moins que vous n'ayez déjà eu des preuves de vie ?

DAVID MARTINON - En sens inverse, si vous me le permettez. Oui, ce que nous attendons ce sont des preuves de vie de Mme BETANCOURT. Sur votre première question, est-ce qu'il peut avoir une influence ? Qu'on en soit sûr ou pas, de toute façon, il faut multiplier les initiatives, le sujet est suffisamment complexe et douloureux pour Mme BETANCOURT comme pour ses proches, pour que l'on essaie d'utiliser tous les ressorts possibles et donc, savoir si le Président CHAVEZ a ou non une influence sur les FARC, j'ai envie de vous dire : c'est une question superflue. On n'a pas besoin de savoir cela pour saisir la perche tendue.

QUESTION - Le candidat SARKOZY avait promis des conférences de presse, des vraies conférences de presse comme dans tous les pays démocratiques. Est-ce que vous réfléchissez à cela, à quelle échéance et à quel rythme ?

DAVID MARTINON - Il y réfléchit. Sur le rythme, il n'y en a pas, je vous le confirme. Comme vous l'avez noté, il n'a pas fait de conférence de presse le 14 juillet et sans doute n'en fera-t-il pas le 14 juillet 2008. Mais, je vous rassure, sans doute parlera-t-il entre le 14 juillet 2007 et le 14 juillet 2008. Pour ce qui est du rythme, cela dépendra du moment où il sentira qu'il faut expliquer une décision, expliquer une politique. Mais je vous encourage à lire ses discours, où il dit beaucoup de choses. J'espère que vous ne doutez pas du plaisir du Président de la République à se confronter à vos questions. Cela viendra, cela dépendra du moment où il faudra dire quelque chose, où le besoin se fera sentir. Vous le savez, il a toujours dit cela, il a toujours dit qu'il n'y aurait pas de régularité. Il parlera quand il sentira qu'il faut parler. Mais je vous assure qu'il a cela en tête.

QUESTION - Je voulais savoir comment vous expliquez le fait que le Président fasse un discours économique lors de l'Université du MEDEF ? Quelle symbolique faut-il y voir ?

DAVID MARTINON - Oui, j'ai vu que c'était la première fois qu'un Président de la République faisait un discours au MEDEF. Jean-Pierre RAFFARIN, Premier ministre y était allé également. Donc, cela n'est pas vraiment briser un tabou, sauf à considérer que les chefs d'entreprises ne sont pas concernés par la situation économique et par la création d'emplois, ce qui est à peu près le contraire de ce que pense le Président de la République. Ce sera pour lui l'occasion d'aborder un certain nombre de sujets économiques. Pour ce qui est des sujets sociaux, comme je vous l'ai dit, il parlera à une date assez rapprochée et sans doute, d'ailleurs, ne l'entendrez-vous pas tellement évoquer les questions sociales cet après-midi. Mais soyez bien certains que, si des dirigeants syndicaux l'invitent à participer à une de leurs réunions, alors il en sera ravi et il s'y précipitera. Il n'attend qu'une invitation des syndicats pour s'exprimer devant leurs adhérents.

QUESTION - Je voudrais savoir si vous pouvez clarifier la position de la Présidence dans le dossier GDF-SUEZ. Est-ce que le Président est toujours pour la fusion entre les deux et si oui, on en est-on dans les discussions ? Pourquoi cela dure depuis aussi longtemps pour avancer sur ce dossier ?

DAVID MARTINON - Le Porte-parole du Gouvernement s'est exprimé sur le sujet hier, je n'ai pas grand-chose à rajouter. Mais je vous confirme que le Président suit ce dossier avec beaucoup d'attention. Peut-être ne suiviez-vous pas l'actualité française ces dernières années mais, en général, le Président de la République est assez prompt à prendre des décisions. S'il n'en a pas encore pris, c'est que le dossier est complexe et que nous attendons encore un certain nombre d'informations de la part des différentes parties à d'éventuels rapprochements. Sur ce sujet-là, s'agissant d'entreprises, pour certaines, cotées, honnêtement le moins on en dit avant la décision, le mieux c'est.

QUESTION - Vous n'avez pas répondu à ma question. Est-ce qu'il est toujours pour la fusion ?


DAVID MARTINON - Cela n'aurait aucun sens de dire dès maintenant quelle est la position de la République avant sa décision.

QUESTION - Il a poussé lorsqu'il était encore ministre de l'Intérieur pour la fusion.

DAVID MARTINON - Il n'est plus ministre de l'Intérieur···

QUESTION - Est-ce qu'il y a toujours besoin de fusionner ces deux compagnies ?

DAVID MARTINON - Ce qui est sûr c'est que nous continuons à travailler sur ce dossier. Nous avons des contacts très fréquents avec toutes les parties impliquées dans la conception d'un plan stratégique pour les entreprises. Même s'il devait y avoir des rapprochements, vraiment, il est trop tôt pour dire quoi que ce soit d'une décision qui pourrait intervenir dans les jours ou les semaines qui viennent.

QUESTION - Laurence PARISOT hier a estimé nécessaire de porter l'âge légal de la retraite au-delà de 60 ans. Le Président va commenter cette proposition cet après midi ou le 18 ?

DAVID MARTINON - Sans doute, pas pour les raisons que j'ai indiquées à Mme MURACCIOLE.

QUESTION - Et le 18 devant l'AJIS peut-être ?

DAVID MARTINON - C'est à l'évidence une question qui se pose. De toute façon, il y a un débat qui est ouvert. Le Président aime participer aux débats.

QUESTION - Hier, au MEDEF, Laurence PARISOT a réclamé une politique radicalement différente, c'est-à-dire qui ne repose plus sur la demande, mais sur l'offre. A-t-elle des raisons de se réjouir cet après midi, ou risque-t-elle d'être déçue ?

DAVID MARTINON - Vous lui poserez la question à l'issue du discours. Je suis désolé mais je ne vais pas commenter le discours du Président de la République deux heures avant qu'il ne l'ait prononcé.

QUESTION - Dans son allocution devant les ambassadeurs, le Président a parlé de la Chine d'une façon très forte. Ces critiques sur la Chine signifient-elles que la France va modifier sa position envers la Chine ? Parce que comme tout le monde le sait, à l'époque de M. Jacques CHIRAC, la France et la Chine sont parvenues à un partenariat stratégique global.
Selon des sources diplomatiques, une visite d'état de M. SARKOZY en Chine est programmée. Si oui quand ? Que doit-on attendre de cette visite ?

DAVID MARTINON - En effet, je vous confirme qu'il y a un projet de visite d'Etat du Président de la République en Chine. Je présenterai cette visite en temps voulu, c'est plutôt pour la fin de l'automne, début de l'hiver. Je vous présenterai cela en temps et en heure. Bien sûr, nos objectifs seront très élevés. Mais je les qualifierai plus précisément à ce moment là. Sur ce qu'il a dit à la Conférence des Ambassadeurs, je crois que vous m'avez déjà posé cette question ici. Il n'y a pas de changement attendu de la France sur la Chine, simplement la Conférence des Ambassadeurs était l'occasion pour le Président de la République de dire un certain nombre de choses, peut être avec plus d'honnêteté. Ce qu'il a dit sur la Chine était à la fois la reconnaissance de la révolution engagée par la République populaire de Chine depuis 1980, avec des résultats impressionnants, et en même temps le constat que cette expansion spectaculaire allait avec un certain nombre de comportements dont il peut souligner les effets négatifs. Sachez qu'il l'avait déjà dit lors d'un de ses déplacements en Afrique. Notamment lors de son discours à Cotonou, où il avait dit " les Chinois sont les bienvenus en Afrique, on n'est plus à l'époque des colonies et des comptoirs. Chaque investisseur, vu le travail à mener, est le bienvenu. Mais il y a un certain nombre de règles et de disciplines multilatérales qu'il convient que chacun respecte. C'était je crois le sens de qu'il a voulu dire. Il l'a redit d'une autre manière, peut être plus atténuée lundi.

QUESTION - A propos du déplacement en Alsace, ce conseil des ministres décentralisé remplace-t-il le conseil des ministres hebdomadaire ? A quel rythme aura-t-on des conseils des ministres décentralisés ? Quel est leur but ? Et combien çà coûte ? Parce que déplacer tout le Gouvernement en région, j'imagine que cela coûte assez cher ?

DAVID MARTINON - Pour la dernière question je ne sais pas. Je ne sais si on sera en mesure de détailler très précisément le coût d'une telle opération. Ce que souhaite le Président de la République c'est, d'une certaine manière, sortir de Paris, changer les habitudes, changer un peu les codes, montrer aux Français que le pouvoir n'est pas un pouvoir lointain, exclusivement parisien, exercé à Paris et que le Gouvernement peut travailler de manière décentralisée. Comme vous le savez, il a également annoncé qu'il présiderait un conseil des ministres décentralisé en Corse dans quelques semaines.

QUESTION - Le Porte Parole du gouvernement a dit hier que sur les 35 chapitres des négociations avec la Turquie, il y en a 5 qui devraient attendre. D'abord quels sont ces chapitres, jusqu'à quand devront-ils attendre ?

DAVID MARTINON - Le Porte-parole du Gouvernement à opportunément utilisé non pas l'expression de chapitre mais de " corbeille " ou de " paquet ". Opportunément parce qu'en réalité le périmètre de chacun des chapitres dépend de la manière dont la Commission les formatera, ou les présentera. Mais ce sur quoi je peux vous répondre c'est que, à l'évidence, il y a un certain nombre de sujets dont la négociation mène objectivement à l'adhésion. Dedans, si vous réfléchissez bien, il doit y avoir le chapitre, ou le paquet, " union économique et monétaire ", il y a les dispositions qui portent sur la citoyenneté européenne, et qui dans des négociations passées étaient au sein du chapitre " justice-affaires intérieures ", il y a les institutions, il y a la PAC, et il y a la politique régionale et les fonds structurels. Mais vous avez bien compris dans son discours que la condition à l'acceptation par la France de l'ouverture des autres chapitres, ceux qui sont compatibles avec l'association, c'est la création de ce groupe des sages. Dès que la question de l'ouverture de nouveaux chapitres se présentera, sans doute d'ici septembre-octobre, la France donnera son accord à cette ouverture, pour peu qu'il ne s'agisse pas de l'un de ces 5 chapitres. Dans le même temps, nous souhaitons la création de ce groupe des sages et nous souhaitons qu'il puisse travailler vite pour que son rapport, ses propositions soient établis avant les élections européennes de juin 2009, pour que le nouveau Parlement européen et la nouvelle Commission puissent travailler directement sur ces propositions.

QUESTION - M. FASSI FIHRI vient ici pour préparer la visite, j'imagine, du Président. Quand à lieu la visite d'Etat ? Le Président a été très clair sur l'Iran pour la première fois dans son allocution devant les ambassadeurs. Cela veut-il dire que, si jamais il y a une décision de bombarder l'Iran prise par les américains ou par d'autres, la France accepterait-elle de participer à cela ? Cela veut-il dire que la France pourrait éventuellement participer à une opération militaire sur l'Iran ?

DAVID MARTINON - Sur la visite de Taïeb FASSI FIHRI : c'est un interlocuteur régulier de la France et de l'Elysée en particulier, et c'est un très proche de Sa Majesté le Roi. Il vient en effet pour préparer la visite d'Etat. Les dates, je ne suis pas en mesure de vous les donner encore, mais je vous présenterai cette visite en temps et en heure. Sans doute ont-ils évoqué d'autres questions, comme par exemple le Sahara occidental, puisque c'est un sujet extrêmement épineux et complexe. Sans doute ont-ils évoqué la candidature de Tanger pour l'organisation de l'exposition internationale de 2012, pour laquelle le soutien français est acquis. Quant à l'hypothèse que vous envisagez pour l'Iran, Mme TAKIEDDINE, je vous renvoie au discours du Président de la République de lundi où il a parlé d'une alternative catastrophique. L'utilisation du terme " catastrophique " pour décrire cette alternative montre à quel point pour lui ce n'est pas envisagé.

Merci.

Publié dans Communiqué de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article