Est-ce l'effet d'une coalition non voulue qui permet à l'Allemagne d'être aussi désendetté ?

Publié le par Alain Genestine

Un premier excédent depuis près de 20 ans

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La chancelière allemande Angela Merkel, qui a fait de l'assainissement des finances public l'un de ses principaux chevaux de bataille, pourra se féliciter d'avoir été en mesure de remettre l'économie allemande sur les rails.

En effet, l'Allemagne a enregistré, pour les six premiers mois de l'année 2007, un premier excédent public depuis la réunification de l'Est et de l'Ouest, en 1989.

Bien que modeste, cet excédent de 1,2 milliard d'euros (environ 0,1 % du produit intérieur brut national) devrait permettre à Berlin d'atteindre l'équilibre budgétaire d'ici 2010. Et cet échéancier est même considéré par plusieurs analystes et économistes allemands comme très conservateur, certains d'entre eux n'hésitant pas à soutenir que le budget public pourrait être équilibré d'ici seulement quelques mois.

On attribue cet excédent semestriel essentiellement au dynamisme de l'économie allemande qui a vu son PIB croître de 2,9 % l'an dernier. La très faible progression des dépenses, attribuable aux politiques d'austérité du gouvernement Merkel, ajoutées à la bonification, début 2007, de 17 % à 19 % d'une taxe de vente, y aura aussi contribué.

Des pièces de monnaie fabriquée en Allemagne

Photo: AFP/DDP FILES/ SEBASTIAN WIDMANN

 

Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a d'emblée exclu de possibles baisses d'impôts, disant ne vouloir aucunement s'inscrire dans la lignée « des politiques qui ont conduit à accumuler une montagne de 1500 milliards d'euros de dettes ».

L'an dernier, l'Allemagne a terminé l'année sur un déficit budgétaire semestriel de 23 milliards d'euros.

 
 
Le ministres allemand des Finances Peer ...



L'Allemagne, qui peut déjà se vanter d'une croissance vigoureuse, apparaît ainsi comme un modèle de rigueur en Europe, au moment même où il n'est pas sûr que son grand voisin, la France, puisse tenir ses engagements en la matière.

Paris s'est engagé à ramener ses comptes publics à l'équilibre au plus tard en 2012. Mais la faible croissance pourrait compliquer la tâche du gouvernement de Nicolas Sarkozy, sans compter le financement d'un généreux paquet fiscal promis par le président français.

L'époque pas si lointaine où l'Allemagne risquait de se faire taper sur les doigts par l'Union européenne pour déficit excessif semble donc oubliée. La première économie de la zone euro a longtemps enfreint les règles du Pacte de stabilité et de croissance, avant de revenir l'an dernier dans les clous, avec un déficit public à 1,7% du PIB, bien inférieur au plafond de 3% fixé par l'UE.

De quoi donner le sourire à la chancelière chrétienne-démocrate (CDU) Angela Merkel, qui, arrivée à mi-parcours de son mandat, profite déjà d'une cote de popularité sans précédent.

Son gouvernement a fait de l'assainissement des finances publiques l'un de ses chevaux de bataille. Sur l'ensemble de l'année, il vise un déficit public de 0,5% du PIB et il espère un retour à l'équilibre en 2010.

Certains experts n'hésitent pas à se montrer plus optimistes. Même la très sage Bundesbank estime que le budget public pourrait revenir à l'équilibre dès cette année.

Si les caisses sont pleines, c'est avant tout grâce au dynamisme de l'économie. Après avoir enregistré l'an dernier une croissance du PIB de 2,9%, du jamais vu depuis 2000, l'Allemagne devrait poursuivre sur cette lancée, grâce à l'excellente tenue de ses exportations et des investissements et au redémarrage de la consommation des ménages.

Berlin table sur une croissance de 2,3% pour 2007, tout en reconnaissant qu'il s'agit d'une prévision prudente.

Le budget public a également profité des réformes fiscales mises sur pied par le gouvernement, et surtout du passage début 2007 de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 16 à 19%. La très faible progression des dépenses a aussi joué.

Pour autant, pas question de relâcher les efforts, a averti le ministère des Finances.

"La consolidation budgétaire doit continuer, il n'est pas question de baisser les impôts" comme le réclament les fédérations patronales, a indiqué un porte-parole joint par l'AFP, faisant valoir que le budget du seul Etat fédéral reste lui dans le rouge.

Et le ministre social-démocrate (SPD) des Finances Peer Steinbrück d'accuser: "Ceux qui demandent aujourd'hui des baisses d'impôts, poursuivent sans rougir la politique qui a conduit l'Allemagne à accumuler une montagne de dettes".


Publié dans International

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