Pour une réforme syndicale au service des salariés

Publié le par Alain Genestine

Il me paraît fort judicieux à l'orée de cet automne d'effectuer un rappel sur le thème du syndicalisme. Quant bien même seront nous bloqués, énervés, désemparés, que nous ne puissions point voir notre coupe du monde de rugby organisé sur notre sol entre autre, dixit le pouvoir "du faire peur" de B. Thibault, nos amis étrangers seront à nouveau les témoins de grèves perlées au sein de nos transports...etc.

Verrons nous alors un service minimun pour nous ,comme pour eux? L' avenir nous le dira, faites attention messieurs les grévistes, les rugbymen sont sympas; mais trop jouer avec eux, ils sont aussi très costauds. Nous connaissions les troisième mi-temps, peut-être certains pourraient connaître les échauffements, voire échauffourrées d'avant match...

Sabine HEROLD nous présente ici un rappel succint de l'histoire des syndicats, ainsi que des propositions sensées, intelligibles, et tout à fait d'actualité. 

Merci à Sabine, Porte-Parole d'Alternative Libérale.



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Contrairement à une idée reçue, les libéraux n’ont rien contre les syndicats. Ils en sont mêmes à l’origine.
 
C’est en effet au radical Waldeck-Rousseau que l’on doit, en 1884, l’abrogation de la loi Le Chapelier de 1791 interdisant les corporations. La liberté d’association était née. Cette liberté est fondamentale. Il est tout à fait normal que des personnes dans une situation spécifique commune décident de s’allier pour faire valoir leur point de vue ou leur intérêt.

Face à l’employeur, souvent plus fort dans la relation contractuelle, le salarié cherche des appuis, des conseils, des aides. C’est ainsi que dans de nombreux pays, les syndicats offrent à leurs membres des prestations comme la protection sociale, la formation, l’aide juridique…

En France, la situation a progressivement évolué. D’organisation de défense des intérêts des travailleurs syndiqués, les syndicats se sont progressivement politisés, principalement après la 2nde guerre mondiale. Alors que leur objet devait être la défense des intérêts de leurs membres, les syndicats ont choisi l’action para-politique. Il ne s’agit plus de faire pression sur un employeur, mais de faire entrer l’Etat dans la négociation, voire d’influer sur les politiques publiques, au service d’une idéologie.

C’est en 1948, à l’instigation du parti communiste alors puissant que 4 syndicats (CGT, CGT-FO, CFTC, CGC) sont présumés représentatifs. La CFDT sera ajoutée à cette liste en 1966. Dès lors, quelle que soit leur représentativité réelle, ces 5 syndicats sont habilités à négocier accords nationaux, de branche, d’entreprise…

Aujourd’hui, d’après une étude DARES de 2004, le taux de syndicalisation atteint 5,2% dans le secteur privé, soit le taux le plus bas des pays développés. Si quelques bastions subsistent (entreprises publiques et parapubliques, administrations…), le taux de syndicalisation n’atteint que 3,2% dans les entreprises de moins de 50 salariés.

Source: Wikipedia 

La cause de se désamour est finalement simple. 5 syndicats étant de manière irréfragable représentatifs, les salariés ne sont pas encouragés à se syndiquer : pourquoi adhérer à un syndicat qui n’a pas besoin de votre adhésion pour vous représenter ? De l’autre côté, les syndicats ne sont pas encouragés à recruter de nouveaux adhérents : pourquoi chercher des adhérents et les convaincre, puisque quel que soit leur nombre, vous pourrez négocier au nom de l’ensemble des salariés ? Les seuls personnes à adhérer sont donc les plus radicalisées, les plus politisées.

2ème cause : le financement. Une particularité du financement syndical est sa totale opacité. Alors que toute entreprise est tenue faire certifier ses comptes et de les publier au greffe du tribunal de commerce, qu’une association recevant plus de 150.000€ de dons et adhésions doit faire certifier ses comptes et qu’un parti politique doit faire certifier et publier ses comptes par la CNCCFP, aucune obligation ne pèse sur les syndicats. Nul ne peut savoir d’où vient l’argent, ni où il va. Ce manque de transparence nuit à l’image même des syndicats. Dans ses mémoire, Margaret Thatcher explique que, quand par souci de transparence, elle a imposé la publication des comptes des syndicats, la presse a alors été des plus surprises de découvrir que le principal syndicat de mineurs britanniques était financé par … la Libye (elle souligne même que la CGT aurait permis de créer le lien). Cette situation explique également le peu d’empressement des syndicats à chercher des adhérents : quand on peut se financer de manière opaque via le Parti Communiste, le CE d’EDF ou d’autres moyens, pourquoi se fatiguer à encaisser des cotisation d’adhérents ?

Les syndicats, minoritaires et radicaux, ne remplissent plus leur rôle premier : défendre les salariés. Absents des viviers d’emplois, les PME, ils faillent totalement à leur mission.

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Voici quelques propositions qui permettront aux syndicats de se recentrer sur leur objectif premier : gagner l’intérêt de leurs adhérents et défendre leurs intérêts.

  • Fin de la présomption irréfragable de représentativité : il doit être possible pour n’importe quelle personne ou syndicat de se présenter au premier tour des élections professionnelles. Sachant enfin la véritable représentativité de chaque syndicat, aucun ne pourra plus prétendre représenter plus que ses membres (fin des négociations de branche).
  • Encadrement strict du droit de grève dans les entreprises (publiques ou privées) bénéficiant d’un monopole légal. Cette mesure sera progressivement supprimée au fur et à mesure de la fin des monopoles, en particulier dans les transports publics. 
  • Obligation du vote d’une grève à bulletin secret pour éviter les pressions (dans un sens comme dans l’autre) sur les votants.
  • Obligation de publier annuellement leur comptabilité certifiée par un commissaire aux comptes. Alors que les syndicats réclament, et avec raison, la transparence des rémunérations des dirigeants et de la gestion des entreprises, il est normal qu’ils s’appliquent la même politique. 
  • Réduction progressive des aides publiques afin que les syndicats soient financés par leurs membres. Pour convaincre de nouveaux adhérents, les syndicats devront proposer de vrais services à leurs membres (aide juridique, protection sociale, négociations…).

L’ensemble des propositions d’AL en matière de syndicalisme peut être consulté sur notre site.

 

Publié dans Social

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