Quand un Nicolas Président est jugé par un Nicolas de Droite Libérale...un sacré Barnum!!

Publié le par Alain Genestine


Nicolas BonnalNicolas Bonnal : Historien et essayiste.

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J’ai plaidé il y a dix ans pour la fin de l’exception française ; je plaide encore, même si j’ai compris que, comme beaucoup de gens de droite, j’ai joué à l’idiot utile. La rupture, nous l’avions voulue, nous l’avons. Mais voyons de plus près.

Nous avons élu un président « gentil organisateur » qui veut donner une bouchée à chacun : aux Beurs, aux Noirs, aux usagers des transports, aux contribuables aisés (mais qui sont-ils précisément ?), aux retraités qui l’ont élu entre deux voyages organisés… Le soir de l’élection a été grandiose, entre Johnny, le Fouquet’s et Doc Gyneco. Il y a eu ensuite l’envoi de Cécilia - promue pom-pom girl de “Paris-Match” rappelé à l’ordre depuis le renvoi de Genestar - en Lybie, la promesse d’un voyage d’opérette au Darfour, le concert du 14 juillet avec Polnareff « qui dit merde au président » et le débauchage des milliardaires roses Kouchner, Strauss-Kahn, Hanin, Lang, harpagons de la gauche caviar qui ne demandaient que cela…

Il nous est aussi chaudement recommandé, sous peine de poursuites, de ne pas nous moquer de tel ministre plus ou moins alphabétisé, dont la moitié de la famille est poursuivie…

Nous vivons une parodie de Second Empire, comme on l’a justement noté ça et là, avec des risettes aux coureurs dopés du Tour de France et des parachutages dans toutes les directions possibles de l’Hexagonie en vacances. Le Second Empire, je le rappellerai modestement, s’est achevé par la plus grande catastrophe de notre histoire, par une guerre civile et – aussi ! – par une cessation des activités festives offenbachiennes.

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En attendant les médias, comme dans un pays du tiers-monde, célèbrent matin, midi et soir le geste homérique du chef de l’État : c’est super-sarko ici et là, sur tous les fronts, au chevet des infirmières bulgares (comme si personne ne voulait en vérité faire céder ce salaud de Khadafi, mais juste lui lécher les babouches), des coureurs du Tour, des gens du show-bizz et des petits vieux en mal de canicule… Et notre bonhomme de neige de nous demander la larme à l’œil : « Fronchemont, vous trouvez que j’en fais trop ? » Mais non, mais non… en France, depuis Mitterrand, on n’en fait jamais assez… Sarkozy s’est imposé comme candidat de la rupture.
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Avant d’être cela, il a été un mauvais ministre de l’Intérieur (voyez les chiffres) et surtout le ministre du Budget du gouvernement Balladur qui avait fait exploser le déficit budgétaire de la France pour acheter l’électorat de la présidentielle de 95. Certains disent même que son débauchage de DSK, qu’il désire mettre au sommet du FMI (il désire tant de choses…), entre deux menaces adressées à la BCE, est lié à l’inquiétude de voir d’ici peu la France sous la coupe du FMI, puisque ses déficits et sa dette ne cessent de s’accroître. Nous avons comme seule croissance celle de la dette, puisque nous avons décidé sous la Chiraquie de ne plus augmenter les impôts directs tout en augmentant les dépenses « soziales ». Dans ce pays de fous, il est important de savoir que les deux principaux postes de dépenses sont les privilèges ubuesques (jamais le mot ne sera mieux utilisé que dans ce cas, merde !) des fonctionnaires, ainsi que le remboursement de la dette folle de l’État-providence et de la Sécu « que le monde entier nous envie ».

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Mais – et c’est ce qui nous semble intéressant dans le cas de l’expérience Sarkozy – alors que ces sujets – l’insécurité, l’immigration, la dette, le déclin du pays… – passionnaient les gens jusqu’à une date récente, ils ont cessé de les préoccuper depuis : d’où d’ailleurs l’effondrement du Front national, de l’extrême gauche, de Bové ou des écolos. Tout le monde s’en fout, et regarde les courbes de l’immobilier (il a baissé de 42 % en un an à Las Vegas, attention les petits…) en attendant l’heure d’aller surfer ou de patiner à roulettes…

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Avec son je m’enfoutisme provocateur, et les grands groupes de médias dans sa poche, Nicolas Sarkozy reflète ainsi, très bien, l’air du temps : après moi le déluge. Eh bien ! qu’il se rassure : nous avons déjà un été pourri, nous aurons bientôt un déluge. Reste à savoir qui barrera la nef des fous en plein orage…

Publié dans Politique

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