Des nouvelles des libéraux du Québec

Publié le par Alain Genestine

Les jeunes libéraux discutent identité et environnement



La commission jeunesse du Parti libéral du Québec tient en fin de semaine son 25e congrès, à La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent.

Les ministres du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, ainsi que de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, participent notamment à ce rassemblement. Le premier ministre Jean Charest y prononcera une allocution dimanche.

Deux thèmes principaux s'imposent et occuperont les 500 jeunes libéraux présents, soit la protection de l'environnement et la question de l'identité québécoise.

L'identité, mais sans trop déranger

La question de l'identité a été abordée rapidement, sans véritable débat entre les participants. Pendant que certains souhaiteraient une meilleure reconnaissance de l'appartenance des communautés culturelles au Québec, d'autres voudraient une plus grande place pour les régions autres que Montréal.

Le président du comité sur l'identité, Marc Tanguay, a promis qu'un rapport apportant des « solutions tangibles » serait déposé en janvier prochain. De son côté, la présidente de la commission jeunesse, Stéphanie Doyon, a dit que les jeunes libéraux voulaient changer le quotidien des gens « sans trop déranger les choses ».

Plusieurs résolutions portant sur l'identité seront soumises au vote, dimanche:

  • doublement de l'immigration d'ici cinq ans;
  • cours d'initiation à la réalité nationale;
  • projet de déclaration reconnaissant les francophones comme cofondateurs du Canada, présenté dès l'an prochain au Conseil de la fédération.

Le ministre Philippe Couillard a soutenu que le PLQ ne cherchait pas uniquement à reconquérir le vote francophone qui lui a fait défaut lors des dernières élections générales.

Durant la dernière campagne électorale, l'Action démocratique du Québec a proposé la rédaction d'une Constitution québécoise en réponse à la problématique des accommodements culturels et religieux. Selon certains observateurs, le quasi-silence des libéraux dans ce débat pourrait expliquer en partie la perte de nombreux appuis et leur nouveau statut de gouvernement minoritaire.

Charest veut « ouvrir les horizons »

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Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a fait le point sur les projets de son gouvernement pour les mois à venir, dimanche, après s'être adressé aux jeunes militants libéraux réunis en congrès à La Pocatière.

M. Charest a brièvement abordé les thèmes centraux de ce congrès, soit l'identité nationale et l'environnement, avant de concentrer son discours sur le développement économique.

Le premier ministre Charest a rappelé l'importance du libre-échange pour le Québec, malgré les difficultés rencontrées dans son application, comme par exemple lors de la crise du bois d'oeuvre. Il a énuméré quatre projets prometteurs qu'entend mener à terme son gouvernement:

  • Participer au développement d'un accord commercial transatlantique Canada-Union européenne;
  • Mener à terme la négociation d'une entente de reconnaissance des compétences professionnelles avec la France;
  • Parvenir d'ici 2009 à un accord interprovincial sur la mobilité de la main-d'oeuvre, tel que convenu au Conseil de la fédération;
  • Conclure une entente directe avec l'Ontario de « libre-échange sur l'environnement et le développement durable ».

Jean Charest s'est montré particulièrement optimiste quant à une rapide conclusion d'une entente avec la France qui facilitera la mobilité de la main-d'oeuvre, notamment en ce qui concerne les professionnels de la santé.

Les négociations, qui commenceront en septembre, déboucheront, souligne-t-il, sur une première historique, puisque jamais une telle entente n'a été conclue entre une province et un État.

Le premier ministre Charest a tenu à préciser que ces négociations sont possibles dans le régime fédéral puisque ces questions de reconnaissance des diplômes sont de compétence provinciale.

Des attaques contre Dumont



Au sujet de l'identité nationale, M. Charest a affirmé que le Québec devait avoir une identité assez forte pour s'ouvrir au monde extérieur. Il a expliqué qu'il n'était pas d'accord avec une affirmation du chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, selon laquelle le Québec ne peut accueillir davantage d'immigrants qu'il ne le fait à l'heure actuelle.

Par ailleurs, un ancien président de la commission jeunesse, Christian Ouellet, qui a déjà collaboré avec Mario Dumont lorsque ce dernier était membre du PLQ, a qualifié le chef adéquiste de « dictateur ».

Jean Charest a refusé de reprendre ce terme, mais a expliqué que M. Dumont exerçait un contrôle très strict sur ses députés, et que l'on n'entendait pas souvent ces derniers se prononcer sur la place publique.

Le premier ministre a rappelé que le député adéquiste de Berthier, François Benjamin, a déclaré récemment qu'il était souverainiste, et que d'autres adéquistes l'étaient également. « M. Dumont ne pourra pas empêcher ces contradictions de remonter à la surface », a lancé M. Charest.

Enfin, le premier ministre a ajouté que les propositions des jeunes libéraux en matière d'environnement et d'identité allaient faire l'objet de débats au sein du parti.

 

 

Pas de sacs, mais du chanvre

Sur le plan de l'environnement, les jeunes libéraux voudraient bannir les sacs en plastique des commerces d'ici 2012. La ministre Beauchamp a promis de prendre des mesures pour en réduire l'utilisation dès cet automne. Un projet de taxe sur ces sacs circulerait notamment.

La commission jeunesse doit aussi discuter d'un projet d'utilisation des anciennes terres à tabac pour cultiver le chanvre industriel. Selon un producteur de Lanaudière invité au congrès, cette plante peut être utilisée à 100 % pour la production de textiles, de polymères, de papier et de carburant.

Les jeunes libéraux affirment que les propriétés de cette plante sont méconnues en raison de son association avec le cannabis.

chanvre en Gaume


Les jeunes libéraux suggèrent en effet que le gouvernement encourage la culture du chanvre industriel, «l'or vert québécois», une plante ancienne aux multiples usages, mais qui souffre d'une mauvaise réputation en raison de sa parenté avec le cannabis.

Ils ont même invité à leur congrès un producteur de chanvre de la région de Lanaudière, qui recommande de convertir ainsi les 7000 acres de terres de cette région autrefois consacrées à la culture du tabac.

Le président de Lanaupôle fibres, Gilles Gagné, a indiqué que le chanvre industriel est une plante «valorisable à 100 pour cent», qui peut servir autant à fabriquer des textiles que des polymères.

Après avoir examiné plusieurs solutions pour changer la vocation des terres à tabac autour de Joliette, le chanvre s'est imposé puisqu'il n'est pas surexploité dans le monde et que son cycle de vie écologique est avantageux.

Toutefois, M. Gagné demande au gouvernement de donner un coup de pouce au secteur et ainsi d'accréditer la démarche qui mène à ces nouvelles cultures de plantes à fibres, telles que le chanvre et le lin.

«On aimerait que (les plantes à fibres) soient reconnues comme une nouvelle culture, une nouvelle avenue, a-t-il plaidé en entrevue avec des journalistes, avant le début de l'inscription au congrès vendredi après-midi. En ayant une reconnaissance, on peut ouvrir un chemin.»

Le chanvre nouveau en Gaume.

Par exemple, il a précisé qu'il faut des processus industriels pour défibrer la plante, ou encore des procédés de raffinerie végétale pour en faire un usage chimique.

«Il faut passer par des étapes, ce sont ces étapes-là qu'on essaie d'amener au Québec», a expliqué M. Gagné, en déplorant qu'il n'y ait pas d'usine de défibrage au Québec.

«Ca (le chanvre) va faire de bonne choses quand on va être capables de le défibrer», a-t-il ajouté.

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Dans leur proposition, les jeunes libéraux rappellent que le chanvre industriel, contrairement à d'autres variantes, n'a aucun effet hallucinogène ou psychotrope. En revanche, il produit quatre fois plus de papier à l'acre que le bois, sans recourir à des agents de blanchiment très polluants. De plus, la cellulose de la tige peut être transformée en essence, en méthanol ou en éthanol, tandis que la graine peut être transformée en diesel.


légère et isolante
perméable à la vapeur d’eau
résistante au feu et au gel

D'autres propositions de ce 25e congrès:

  • interdiction du polystyrène;
  • doublement de la durée des congés parentaux.


Vers une taxe sur le sac en plastique
Le gouvernement de Jean Charest étudie la possibilité de taxer les sacs en plastique. La taxe serait de 20 cents.

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Le quotidien La Presse rapporte que Québec songe à taxer les sacs en plastique.

Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs serait intéressé par l'idée lancée par le fondateur de l'organisme Ecocontribution, Jacques Lalonde.

Les conseillers de la ministre Line Beauchamp ont demandé à Jacques Lalonde de préparer un rapport que l'écologiste doit remettre en octobre.

M. Lalonde voudrait que Québec impose une « écotaxe » de 20 ¢ par sac de plastique fourni par les commerces aux clients qui les demandent.

Il estime que l'initiative des commerces qui consiste à vendre des sacs réutilisables n'est pas suffisante. Selon lui, pour l'instant, seulement une personne sur cinq réutilise ses sacs.

En République d'Irlande, une taxe de 15 centimes d'euro sur les sacs de plastique, entrée en vigueur en 2002, a permis une diminution de 90 % de l'utilisation du sac en plastique en à peine cinq mois.

 


Publié dans Ecologie-Environnement

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