Libéralisme et Conservatisme, une assimilation chez nos libéraux français un peu trop aisée, alors que...!

Publié le par Alain Genestine

Le conflit entre libéralisme et conservatisme

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Dirk Verhofstadt

(b. Dendermonde 1955) is a Belgian liberal (Rawlsian) theorist and brother of the Belgian prime minister Guy Verhofstadt. He has a keen interest in political philosophy, and his philosophical outlook is influenced by Karl Popper. He graduated in law and press- and comminication sciences at the University of Ghent.

With his book Het menselijk liberalisme (Human Liberalism) he inspires politicians in Belgian liberal parties as well as in the Dutch party Democraten 66. He defends liberalism against attacks by anti-globalists, by stating that liberalism implies/should imply solidarity and that green politics is not contradictory to liberalism. He wrote the books Pleidooi voor het individualisme (A Plea for Individualism) and De derde feministische golf (The Third Feminist Wave). This book contains exclusive interviews with Ayaan Hirsi Ali, Irshad Manji, Naima El Bezaz, Nahed Selim, Naema Tahir and Yasmine Allas.

He is a member of Liberales, an independent think tank within the liberal movement. Its members consider liberalism as a progressive movement supporting individual freedom, justice and human rights. Liberales reacts against narrow minded conservatism related to social economic, ecological and ethical issues supported by compartmentalized parties and structures.


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Les divergences de vue idéologiques existent-elles encore? Depuis la chute du mur de Berlin, le libéralisme et le marché libre semblent avoir définitivement gagné la partie. Les intellectuels tels Francis Fukuyama ont immédiatement parlé de la Fin de l'Histoire et de la disparition de la lutte d'idées. Cela ne s'est en fait pas confirmé. L'arrivée des antimondialistes et les attentats qui ont ébranlé les Etats Unis le 11 septembre 2001 ont exercé une pression nouvelle sur les principes du marché libre et la démocratie.

Les antimondialistes n'ont pas encore apporté de réponse univoque. Mais cela n'empêche pas les partisans du marché libre d'étudier le contexte mondial en obligeant les libéraux - justement - à réexaminer des évidences, éliminer des préjugés et mettre à nu les illogismes de leurs adversaires. Les valeurs essentielles du libéralisme, la liberté individuelle et la responsabilité, sont admises par chacun. La plupart des citoyens et de leurs représentants politiques ne veulent pas y toucher. Ils comprennent bien que limiter le principe de liberté est nécessaire dans certains cas pour rendre le monde plus juste, mais qu'une réduction trop forte peut avoir des conséquences terribles tant pour l'individu que pour la société même.

Les opposants au libéralisme le voient comme une émanation de la droite. C'est faux. Le fossé, aujourd'hui, ne sépare plus la gauche et la droite. Plaider pour une sécurité accrue, une diminution de la pression fiscale, le démantèlement de l'énergie nucléaire ou la suppression des limitations à l'importation de produits du Tiers Monde: est-ce de gauche ou de droite ? Ce sont là des principes dépassés qui masquent et simplifient la vraie diversité du paysage politique. La véritable ligne de démarcation idéologique actuelle est celle qui sépare renouveau et conservatisme et qui s'installe entre hommes et partis optant pour le changement et la modernisation et ceux qui agissent et pensent en conservateurs.

Sur cette ligne de rupture, le libéralisme est un mouvement clairement progressif qui s'érige contre toutes les formes de conservatisme étroit, tellement présentes dans d'autres partis et idéologies. Tout d'abord chez les ultra-nationalistes qui veulent imposer à la population leur conception ethnique d'un peuple pur et uni où chacun doit œuvrer pour la communauté propre et résister aux influences ‘étrangères'. Ensuite, chez les chrétiens-démocrates qui estiment que leur morale est supérieure à d'autres modèles de pensées, s'agrippent maintenant au wagon populiste pour un retour aux valeurs et aux normes traditionnelles et vouent l'individualisme aux gémonies. Troisième groupe de conservateurs: les socialistes traditionnels, rétifs aux réformes sociales nécessaires et à la modernisation. Pour eux, les droits acquis et les intérêts corporatistes sont plus importants que l'intérêt général.

L'opposition entre conservatisme et libéralisme a également été soulignée par le philosophe français Alain Finkielkraut dans son ouvrage Ingratitude (Contact, 2000): "... le conservateur, c'est l'autre, celui qui a peur, peur de perdre ses privilèges acquis et ses avantages, peur de la liberté, peur du large, de l'inconnu, de la mondialisation, des émigrés, de la flexibilité, peur des changements nécessaires." Les Libéraux s'opposent à l'inculture, l'immobilisme, le paternalisme et le cloisonnement. Ils veulent la liberté, l'ouverture et la créativité. Ils ont confiance dans la force des êtres humains pour améliorer les choses. Les traditions peuvent être importantes, mais ne doivent pas freiner le progrès. Les Libéraux s'efforceront dès lors d'éliminer les entraves à une croissance spontanée et libre. A l'instar de la démocratie, le Libéralisme ne sera jamais vraiment acquis. Constamment naissent des situations qui limitent la liberté et se lèvent des individus qui veulent museler notre pensée et nos actes. Un grand mouvement libéral, innovateur et ouvert est donc nécessaire pour apporter une réponse positive au cloisonnement et à l'immobilisme, symptomatiques parmi tant d'autres groupes et de partis. Les partis conservateurs tentent d'effrayer les citoyens et jouent sur le sentiment d'insécurité qu'entraîne chaque avancée. Il appartient au mouvement libéral d'expliquer que les réformes et le renouveau visés apporteront justement plus de sécurité, de bien-être et de protection sociale.


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Sur le plan mondial aussi, le libéralisme doit soutenir les mécanismes de changement nécessaires en luttant ainsi à la fois contre le défaitisme des antimondialistes et l'égoïsme des fondamentalistes du marché. Les premiers subordonnent l'individu à des modèles de pensée qui ont jadis prouvé qu'ils menaient à l'asservissement et au totalitarisme. Les seconds abusent de certains éléments du libéralisme afin de conférer à leurs actes une forme de dignité et de civilisation. En fait, ils servent uniquement leurs propres intérêts aux dépens des autres. Prenons, par exemple, la politique actuelle des Etats-Unis qui, par intérêt économique, refusent le traité de Kyoto, freinent l'importation d'acier étranger par de nouvelles taxes et octroient à leurs agriculteurs d'énormes subventions. Autre exemple: l'ancienne Union soviétique où des groupuscules, souvent proches de la criminalité, monopolisent et dirigent le pouvoir économique. Nombreux sont les égarements du fondamentalisme de marché et les questions antimondialistes qui peuvent être résolus par un libéralisme démocratique et économique: suppression de toutes les entraves à l'importation pour les produits du Tiers Monde, abandon des subventions agricoles faussant la concurrence, annulation de la dette des pays les plus pauvres, démocratisation des institutions internationales, création d'une Organisation mondiale sociale veillant au respect de règles minimales en matière de sécurité, de santé, d'environnement et de conditions de travail, lutte contre les monopoles et les cartels et suppression ou interdiction du commerce d'armes et d'autres produits dangereux pour l'homme et l'environnement. Le libéralisme à visage humain plaide pour une marché libre fonctionnant dans un cadre éthique. Il nous faut - ici aussi - s'opposer aux diverses forces conservatrices qui placent leurs intérêts corporatistes et leur propre intérêt avant l'intérêt général et les droits de l'homme.

Publié dans Libéralisme

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J
<br /> Jerome Di Costanzo Une question: Edmund Burke liberal ou conservateur?<br />
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P
<br /> Philippe Betschart On fait quoi de tous nos "lib cons" car ils sont nombreux<br />
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P
<br /> Philippe Betschart Pour un fois il s'est trompé Orwell...<br />
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J
<br /> Jerome Di Costanzo "The real division is not between conservatives and revolutionaries but between authoritarians and<br /> libertarians." Orwell.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Daniel Thureau ‎"le conservateur, c'est<br /> l'autre, celui qui a peur, peur de perdre ses privilèges acquis et ses<br /> avantages, "....C'est pour ça, il faut éviter une société ou certains acquièrent privilèges et avantages....:)))<br /> <br /> "A l'instar de la démocratie, le<br /> ...Libéralisme ne sera jamais vraiment acquis. "...parce que la démocratie est acquise, pas vraiment cette<br /> impression....<br /> <br /> <br /> <br />
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