L'économie britannique tourne au rythme annuel de 3%

Publié le par Alain Genestine

Le dynamisme de la croissance économique britannique ne s'est pas démenti au deuxième trimestre, avec même une légère accélération par rapport aux trois premiers mois de l'année, selon les chiffres préliminaires de l'Office national de la statistique.


L'ÉCONOMIE BRITANNIQUE AFFICHE UN RYTHME ...



Le produit intérieur brut (PIB) de la Grande-Bretagne a augmenté de 0,8% sur la période d'avril à juin après une hausse de 0,7% au premier trimestre.

En rythme annuel, la croissance ressort à 3%, comme sur la période janvier-mars.

Les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne une croissance du PIB de 0,7% d'un trimestre sur l'autre et de 2,9% en rythme annualisé.

Les services, qui représentent 74% de la richesse nationale britannique, restent le moteur de la croissance. L'activité tertiaire a progressé de 0,8%, soit un rythme annuel de 3,6%.

La production industrielle a augmenté de 0,6% après avoir baissé au premier trimestre, grâce notamment à la production du nouveau gisement pétrolier de Buzzard en mer du Nord.

La bonne santé de l'économie britannique a accru les recettes fiscales de l'Etat et porté l'emploi à des niveaux sans précédent, tout en créant un défi pour la Banque d'Angleterre, chargée de faire en sorte que la croissance n'engendre pas l'inflation.

LES TAUX N'ONT PAS FINI DE MONTER

"Puisque l'essentiel de la croissance vient des dépenses de consommation, cela crée un risque de surchauffe pour la demande interne avec des conséquences négatives pour l'inflation", estime David Brown, économiste chez Bear Stearns.

Il fait partie de ceux qui pensent que la banque centrale va rapidement à nouveau augmenter son taux directeur.

Il a déjà été porté à 5,75% par la Banque d'Angleterre, ce qui constitue son plus haut niveau depuis six ans.

L'inflation des prix à la consommation est allée jusqu'à atteindre 3,1% cette année, soit son plus haut niveau depuis dix ans que sont publiés des chiffres sur la même base. Elle est revenue à 2,4% en juin selon les chiffres publiés mardi.

Cela fait maintenant plus d'un an que le taux d'inflation est supérieur à l'objectif de 2% que s'est fixé la Banque d'Angleterre.

"Les chiffres publiés aujourd'hui semblent dire qu'il faudra que la croissance ralentisse sous son potentiel pour que l'inflation reste maîtrisée, et que les taux devront sans doute être augmentés pour y parvenir", estime Peter Newland chez Lehman Brothers.

Les marchés financiers voient le taux directeur de la BoE à 6% à la fin de l'année et anticipent une poursuite de la hausse du coût du crédit au-delà.

Quoiqu'il en soit, l'impact des hausses de taux survenues sur l'année écoulée devant peu à peu se faire sentir, la croissance économique va ralentir vers la fin de l'année, estiment la plupart des économistes.

"Le ralentissement du marché de l'immobilier résidentiel, un budget des ménages quelque peu serré et l'impact des hausses de taux d'intérêt sur la consommation devraient déboucher sur un rafraîchissement du climat économique", estime Philip Shaw, économiste chez Investec.


Gordon Brown le 15 mai 2007 ...


Gordon Brown a laissé derrière lui une croissance florissante

La croissance du PIB britannique a encore dépassé son potentiel au deuxième trimestre, clôturant sur une bonne note la série de trimestres de croissance ininterrompue dont s'est vanté pendant dix ans l'ex-Chancelier de l'Echiquier Gordon Brown, aujourd'hui Premier ministre.

Le produit intérieur brut britannique a augmenté de 0,8% au deuxième trimestre par rapport au premier et de 3% sur un an, selon les premières estimations communiquées vendredi par l'Office des Statistiques nationales (ONS).

Ce résultat est supérieur aux attentes des économistes, qui avaient anticipé une hausse de 0,7% sur le trimestre et de 2,9% sur un an, selon une compilation de la banque HSBC. C'est aussi le sixième trimestre d'affilée que la croissance britannique se situe à 0,7% ou 0,8%, c'est-à-dire dépasse son potentiel, considéré comme situé à 0,6-0,7% par trimestre.

Une fois de plus, les services, qui comptent pour 74% de l'économie britannique grâce notamment aux grandes banques d'affaires de la City, ont largement soutenu le résultat. Leur production a augmenté de 0,8% sur le trimestre et de 3,6% sur un an, même s'il s'agit d'un léger ralentissement par rapport au trimestre précédent (+0,9% et +3,8% respectivement).

La bonne surprise est venue cette fois de la production industrielle (18,6% du PIB), qui a augmenté de 0,6% sur le deuxième trimestre et de 0,5% sur un an alors qu'elle avait reculé de 0,1% au premier trimestre, à la fois sur le trimestre et sur l'année.

"Bien que la croissance mondiale soit robuste, nous n'avions pas anticipé que l'industrie britannique en profiterait, à cause du niveau élevé de la livre", qui dépasse actuellement deux dollars, au plus haut depuis 1981, a estimé Thomas Dodd, de HSBC. "Mais il semble que cela ne gêne pas beaucoup les fabricants britanniques", a-t-il observé, tout en estimant que cette trêve "pourrait être de courte durée".

La plupart des économistes pensent que la croissance britannique devrait néanmoins se tasser un peu d'ici à la fin de l'année, à quelque 2,8% sur l'année, ce qui resterait légèrement supérieur à la croissance de 2,6% en zone euro espérée par la Commision européenne.

D'une part, la bonne santé confirmée par les chiffres de vendredi pourrait inciter la Banque d'Angleterre (BoE) à franchir le pas d'un taux d'intérêt directeur porté à 6% avant la fin de l'année.

Howard Archer du cabinet Global Insight a ainsi rappelé que, pour la BoE, "une période de croissance inférieure au potentiel est nécessaire" pour aérer un peu l'économie et prévenir les risques d'inflation.

D'autre part, comme l'ensemble de ses confrères, il pense que les cinq tours de vis donnés déjà par la BoE depuis août dernier pour porter le taux à 5,75% vont obliger les ménages "à se serrer plus ou moins la ceinture dans les mois à venir". Déjà, des signes de ralentissement du marché immobilier sont perceptibles.

De son côté, la branche industrie de la CBI, principale organisation patronale du pays, a demandé au gouvernement de M. Brown d'aider le secteur à rester sur sa bonne lancée.

"Nous ne devons pas nous endormir sur nos lauriers, et les temps sont difficiles pour les entreprises industrielles", a souligné Andrew Reynolds Smith, le nouveau patron de cette branche, dans son premier discours vendredi.

Il a appelé le gouvernement à adopter une politique "qui fasse la différence entre la croissance et la stagnation" et surtout "le maintien de l'activité au Royaume-Uni ou son départ à l'étranger", face à une concurrence mondiale "féroce".

Publié dans International

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