Le service minimum peut servir d'exemple, y compris dans l'Education nationale

Publié le par Alain Genestine


Le Premier ministre François Fillon a estimé mardi, sur France 3, que le service minimum dans les transports pouvait servir de "modèle pour être étendu dans d'autres secteurs dont l'Education nationale".

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"La démonstration qui sera faite de l'efficacité du dialogue social dans les transports, peut ensuite servir de modèle pour être étendu dans d'autres secteurs, dont l'Education nationale", a déclaré M. Fillon.

Le Sénat a entamé mardi l'examen du "projet de loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres de voyageurs", une promesse électorale de Nicolas Sarkozy qui suscite de fortes réserves des syndicats.

 
 
SERVICE MINIMUM: LA SITUATION EN EUROPE ...

 



"Si cela marche, je ne vois pas pourquoi on n'étendrait pas à d'autres domaines, car l'objectif c'est quand même bien de fournir le meilleur service public en permanence à tous les Français", a ajouté le chef du gouvernement.

"Beaucoup de services publics ont d'ailleurs parfaitement résolu cette question, on envisagerait pas d'interrompre l'activité d'un hôpital même lorsqu'il y a un conflit", a-t-il ajouté.

83 amendements ont été déposés au Sénat sur ce texte, dont l'un propose qu'un service minimum soit également assuré dans l'enseignement, les jours d'examen du brevet ou du baccalauréat.

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Interrogé sur le risque que la loi n'entrave le droit de grève en obligeant le salarié à déclarer 48 heures à l'avance s'il fera faire grève ou non, M. Fillon a soutenu que "ce n'était pas le sujet".

"Il n'y aura pas plus de pression qu'aujourd'hui", a-t-il dit. "Les salariés de ces entreprises de transport ne peuvent pas ne pas voir cette exigence que les Français ont manifesté à maintes reprises, et à l'occasion des élections présidentielles: il faut du dialogue social, mais en même temps, le droit de grève est garanti et le droit d'aller travailler aussi".


Le Premier ministre, François Fillon, a pris mardi le risque de braquer les syndicats en n'excluant pas un service minimum à l'école, une proposition avancée par Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle.

Le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, Xavier Bertrand, a renchéri en jugeant "indispensable" un telle option en cas de grève.

"Plaçons-nous d'un point de vue pratique (...) : s'il y a une grève, il faut quand même s'organiser pour savoir ce qu'on va faire avec les enfants", a-t-il expliqué sur France Inter.

"Si vos enfants vont au lycée ou au collège, le problème est moins important mais si c'est dans le primaire et qu'il y a une grève, il faut trouver une possibilité d'accueil avec une assistante maternelle ou la famille", a-t-il poursuivi.

"Est-ce que vous ne trouvez pas quand même qu'il est bon qu'on puisse accueillir les enfants à l'école, moi je pense que c'est effectivement indispensable, voilà notre logique", a-t-il souligné.

Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, s'est voulu rassurant en précisant que le service minimum concernait exclusivement pour l'heure les transports publics, mais qu'une réflexion pourrait s'engager "à moyen terme" sur un dispositif d'accueil à l'école en cas de grève.

"Pour l'instant, nous attendons un petit peu. Mais ça n'empêche pas de réfléchir à moyen terme à des dispositifs d'accueil, de continuité du service public dans l'Education nationale aussi", a-t-il dit à l'issue du conseil des ministres.

"J'ai toujours dit aux syndicats - et je ne crois pas qu'ils le contestent - lorsque nous nous sommes rencontrés, que toutes les questions qui avaient été évoquées dans la campagne présidentielle, y compris le service minimum, faisaient partie des éléments du débat que nous aurions le moment venu", a-t-il ajouté.

Le Sénat a entamé mardi l'examen du projet de loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres, qui prévoit notamment la mise en oeuvre d'un service minimum en cas de grève.

"PROVOCATION"

"Si ça marche, je ne vois pas pourquoi on ne l'étendrait pas à d'autres domaines, parce que l'objectif, c'est quand même bien de fournir en permanence le meilleur service public à tous les Français", a-t-il dit.

"Je pense que la démonstration qui sera faite de l'efficacité du dialogue social dans les transports peut ensuite servir de modèle pour être étendu dans d'autres secteurs, dont l'Education nationale", a-t-il ajouté.

Matignon devrait attendre l'évaluation de la loi sur le service minimum, prévue fin 2008, pour donner corps à cette idée.

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Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a accusé mercredi le chef du gouvernement de "provocation".

"Dire qu'il faudrait généraliser le service minimum à tous les services publics et notamment à l'éducation, c'est créer immédiatement une réaction à l'Education nationale", a-t-il estimé sur LCI. "On voudrait favoriser une rentrée conflictuelle qu'on ne s'y prendrait pas autrement".

Pour Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, le texte gouvernemental sur le service minimum est "un bel exemple d'hypocrisie politique".

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"On laisse entendre aux usagers des transports que la grève est le premier fléau qui les affecte. Or, 90% des perturbations dans les transports (...) sont le plus souvent liées à des incidents techniques", déclare-t-il dans Libération.

Et de prévenir : "A la rentrée, les questions sociales seront aussi prédominantes qu'elles l'ont été pendant la période de débat électoral". "Si le gouvernement continue d'ignorer l'opinion des syndicats, il ne pourra pas s'étonner que l'ambiance devienne plus tendue".

Les fédérations de l'Education nationale devaient se réunir mercredi après-midi au siège de l'UNSA, à Ivry-sur-Seine, à 15h30. L'union syndicale "Solidaires" et la fédération Sud organisent par ailleurs une réunion sur le service minimum à la Bourse du Travail, à Paris, à 14h00.

Et un pas en avant, et deux pas en arrière. C'est la danse du mammouth...

Xavier Bertrand récuse toute "cacophonie" gouvernementale sur l'instauration d'un service minimum à l'école et réaffirme qu'il n'y a pas de projet dans ce domaine.


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"Il n'y a pas de cacophonie", a affirmé le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité sur France 2.

"Aujourd'hui, il n'y a pas de projet, et je ne suis même pas sûr, à titre personnel - je sors de mon champ ministériel - que ce soit forcément une loi. Parce que, de quoi est-il question ? De l'accueil et de la prise en charge des enfants", a-t-il ajouté.

"Ce sujet, les parents d'élèves en parlent depuis des années. Il ne doit plus y avoir de question qu'on laisserait de côté", a-t-il ajouté.

"Par rapport à cette question légitime, il faut apporter des réponses pragmatiques", a souligné Xavier Bertrand.

Le Premier ministre, François Fillon, a suscité l'émoi syndical en suggérant mardi d'étendre le dispositif de service minimum à l'Education nationale.

Le ministre de l'Education nationale, Xavier Bertrand, a déclaré mercredi que le service minimum concernait exclusivement "pour l'heure" les transports publics, mais qu'une réflexion pourrait s'engager "à moyen terme" sur un dispositif d'accueil à l'école.



La marche à tâtons, quel progrès mes amis !

Gaffe ? Envie de provoquer les syndicats ? Volonté, au contraire, de rassurer une droite déçue par la timidité du texte en cours d'examen au Sénat ? La déclaration de François Fillon sur l'extension du service minimum dans les transports à « d'autres services publics, dont l'éducation » a en tout cas déclenché une mini-tempête. A tel point que les membres du gouvernement et l'Elysée se sont relayés hier pour rappeler qu'aucun projet précis n'est dans les cartons.

Sur le fond, le Premier ministre n'a pourtant rien dit d'extraordinaire. Pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy a pris des engagements qui vont au-delà de ce que prévoit le projet de loi sur le service minimum défendu par Xavier Bertrand, le ministre du Travail, des Affaires sociales et de la Solidarité. Dans les jours qui ont suivi son installation à l'Elysée, le chef de l'Etat a même reparlé de l'éducation en précisant bien les choses : il ne s'agit pas de limiter le droit de grève des enseignants, mais d'organiser un accueil minimal des élèves dans les établissements. Lequel n'est pas obligatoire dans le primaire. Chacun sait combien la fermeture d'une école peut être contraignante quand elle empêche d'aller travailler. Il n'est pas interdit de le dire.

François Fillon n'a en revanche sans doute pas choisi le meilleur moment pour évoquer cette question, surtout sans en préciser le calendrier - 2009 au plus tôt. Certes, personne ne peut lui reprocher d'appliquer à la lettre la tactique sarkozyste de toujours se projeter dans la réforme d'après. Mais, la baisse du nombre de fonctionnaires, qui devra être inscrite dans le prochain budget, paraît à elle seule suffisamment compliquée pour ne pas rajouter des ingrédients susceptibles de préparer une rentrée sociale chaude. Sans oublier l'essentiel : la réussite du service minimum dans les transports est pour l'instant prioritaire.

Cette arlésienne empoisonne en effet suffisamment les rapports sociaux depuis plus de vingt ans pour que le sujet soit mis sur la table. Ce n'est pas faire injure à la RATP et à la SNCF de considérer que les dispositifs qu'ils ont mis en place, respectivement en 1996 et 2004, méritent d'être approfondis et étendus aux quelque 1.500 entreprises du secteur. Bien sûr, il ne fait guère de doute qu'à maints égards l'équilibre que propose le gouvernement paraît prudent et décevant. Pour éviter d'attaquer de front le droit de grève, il a mis davantage l'accent sur la prévisibilité du trafic - le postulat est que c'est l'absence d'information qui exaspère le plus les Français - que sur le service garanti. Dans la mesure où il n'était pas question de réquisitionner des agents, des jours sans train ou bus resteront donc possibles. Mais, comme tout équilibre, celui-ci a ses vertus, et d'abord celle de ne pas braquer les syndicats modérés. La conclusion pratique est simple : c'est sur le terrain, dans les régions et dans les entreprises, que se décidera vraiment si la réforme changera ou non la donne pour les usagers. La conclusion politique l'est tout autant : ce sont tout de même les pouvoirs publics, qui ont choisi de faire du service minimum un des emblèmes de la rupture, qui seront comptables du résultat.

 

 

 

 

Publié dans Social

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