Pour une socièté fermée, plus d'Etat et moins de Liberté. Plus libéral que Nicolas, François ?

Publié le par Alain Genestine

Sarkozy ouvre un vaste chantier sur les institutions, et vante un "Etat fort"
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Nicolas Sarkozy a vanté jeudi à Epinal un "Etat fort" et un président qui "gouverne", en ouvrant un vaste chantier pour réformer les institutions de la Vème République.

Soucieux de s'inscrire "dans la tradition gaulliste", le chef de l'Etat a choisi de s'exprimer solennellement dans le chef-lieu des Vosges parce que c'est là que le général de Gaulle avait exposé, le 29 septembre 1946, sa vision d'une "République moderne".

"Je ne tournerai pas la page de la Vè République", a-t-il déclaré dans un discours ponctué de références historiques et où il a fait l'éloge de l'"Etat fort". "Il ne s'agit pas de revenir à la IVè République en prétendant faire la VIè", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il ne changerait "pas les grands équilibres de nos institutions".

Mais il a proposé de nombreuses pistes de réflexion, reprenant des orientations de sa campagne électorale: accroissement des responsabilités du président, renforcement des pouvoirs du Parlement, statut de l'opposition, encadrement des nominations pour les postes de haute responsabilité.

Il a fixé cette feuille de route à un "comité de douze à quinze membres", présidé par Edouard Balladur, qui devra lui "faire des propositions d'ici au 1er novembre" en faveur d'une "République irréprochable".

Fidèle à sa politique d'ouverture, M. Sarkozy a proposé à des personnalités de droite et de gauche de siéger dans cette commission où "on aura le droit de discuter de tout, sans tabou".

Les socialistes Jack Lang, qui vient de démissionner des instances dirigeantes du Parti socialiste (PS), et Olivier Schrameck, ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin, ont été sollicités. M. Lang a réservé sa réponse.

Le constitutionnaliste Guy Carcassonne, classé à gauche, ainsi que le chiraquien Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, devraient également en faire partie.

"Je souhaite que le président gouverne", a-t-il dit également, citant Georges Pompidou. "Si le président de la République préside, c'est pour décider", a-t-il ajouté, répondant à ceux qui l'accusent de se comporter en "hyper-président".

"Je souhaite que soit étudiée la possibilité que le président puisse s'exprimer au moins une fois par an devant le Parlement pour expliquer son action et pour rendre compte de ses résultats", a-t-il lancé devant les présidents de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et du Sénat, Christian Poncelet.

M. Sarkozy s'est également interrogé sur la limitation "à deux mandats successifs" pour un président avant de se dire "réservé" sur une suppression de l'article 49-3, qui permet au gouvernement de passer en force pour faire adopter un texte de loi.

Idem pour l'article 16, qui donne les pleins pouvoirs au président: "Je ne crois pas qu'il soit pertinent de le supprimer (...) tant l'Histoire a montré qu'aucun pays n'était jamais à l'abri de circonstances exceptionnelles". Mais "si on le garde, on peut discuter d'une nouvelle rédaction", a-t-il ajouté.

A propos du contrôle parlementaire, le chef de l'Etat s'est interrogé sur "les moyens et les droits" dont doit disposer l'opposition pour qu'elle soit en mesure, "non d'empêcher la majorité et le gouvernement de gouverner, mais pour les mettre davantage en face de leurs responsabilités".

Il a aussi annoncé qu'il demanderait à la Cour des comptes de "contrôler le budget de la présidence de la République", ce qui "n'a jamais été fait".

Enfin, sur l'introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale réclamée par le MoDem et le PS, il ne s'est pas interdit d'en discuter pour "permettre d'améliorer la représentativité du Parlement, sans remettre en cause le fait majoritaire".

Publié dans Politique

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