le coût réel d’un salarié payé au salaire minimum

Publié le par Alain Genestine

En plus du salaire à payer, il existe toute une série de coûts qui font grimper l'addition d'un employé payé au Smic.

Avec l'augmentation de 2,1 % annoncée par le gouvernement, le nouveau montant du Smic est de 1 280,07 euros bruts mensuels à partir du 1er juillet 2007 (8,44 euros pour le Smic horaire, au lieu de 8,27 euros). Mais employer un collaborateur au salaire minimum revient plus cher à l’entreprise. Il en coûte environ 1 430 à 1 530 euros par mois, comme le prouvent les simulations de notre tableau.

Tous les employeurs ne sont pas logés à la même enseigne. Les charges patronales peuvent varier d’une centaine d’euros selon la taille de l’entreprise, son secteur d’activité, les exonérations auxquelles elle a droit, le montant de la cotisation accident du travail ou encore la zone géographique d’implantation de l’entreprise.

A ce salaire brut et aux charges sociales s’ajoutent des coûts « cachés », notamment 40 à 50 euros mensuels pour les frais liés à l’établissement de la paie et à la gestion administrative. Selon Thomas Chardin, directeur d'offre au service marketing d'ADP, « les dirigeants de TPE et PME ont tendance à sous-estimer ce coût de la fonction ressources humaines. Dans les grandes entreprises, dont les activités de formation et de communication interne sont très développées, celui-ci peut facilement monter à près de 130 euros par salarié et par mois. »

Si l’on intègre ces coûts dédiés à la fonction RH, employer un salarié au Smic peut donc coûter jusqu’à 30 % plus cher que les 1 280,07 euros bruts de départ.

 
Le coût réel d'un salarié payé au Smic
Effectif de l’entreprise Exonérations et/ou réductions Secteur d’activité Cotisations patronales (en euros, par mois) Coût du Smic avec charges (en euros, par mois)
< 10 salariés Avec exonération ZRR, sans réduction Fillon Tous secteurs, sans spécificités 165 1445
< 10 salariés Sans exonération ZRR, avec réduction Fillon Tous secteurs, sans spécificités 190 1470
< 10 salariés Exonération ZRR sans réduction Fillon BTP avec abattement de 10 % 151 1431
10 à 20 salariés Sans exonération, avec réduction Fillon Tous secteurs, sans spécificités 231 1511
> 20 salariés Sans exonération, avec réduction Fillon Tous secteurs, sans spécificités 248 1528

(Ces informations sont fournies par la société de gestion de paie ADP à titre indicatif, elles n’ont aucune valeur légale)

(1)ZRR : zone de revitalisation rurale
(2) Réduction Fillon : réduction des cotisations patronales de Sécurité sociale instaurée en 2003, remplaçant le dispositif de réduction de charges sur les bas salaires et l’allégement dit « Aubry II » institué pour faciliter le passage aux 35 heures

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Smic : les TPE sont exonérées de cotisations

Annoncée depuis plusieurs mois, la disparition des dernières cotisations de sécurité sociale sur le Smic est effective depuis le 1er juillet 2007.


Cotisation zéro sur les salaires au niveau du SMIC, pour toutes les TPE ! La mesure d’allégement des charges patronales, votée avec la loi de finances pour 2007 en décembre dernier, est entrée en vigueur le 1er juillet.

La suppression des 2,1 points de contribution au financement de la sécurité sociale (hors accidents du travail et maladie professionnelle) qui restaient à la charge des petites entreprises s’inscrit en complément des allégements accordés en 2005 par la Loi Fillon. Le taux d’exonération passe ainsi de 26% à 28,1% au niveau du Smic, et touchera tous les salaires de manière dégressive jusqu’à 1,6 SMIC.

Prévue à l’origine pour être étendue à l’ensemble des entreprises, la mesure ne bénéficie finalement qu’aux petites entreprises de moins de 20 salariés. « L’enjeu de cette mesure est de donner des marges de manœuvre au TPE qui sont des acteurs majeurs dans la création d’emploi », affirme-t-on au ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi.

Satisfaction mitigée côté employeurs

Du côté des organisations patronales, l’accueil de la mesure est réservé. « Nous restons méfiants, car on nous parle en même temps de la mise en place d’une TVA sociale», précise Jean-François Veysset, vice-président de la CGPME, chargé des questions sociales.

La réserve est aussi de mise à l’égard d’une seconde mesure : l’augmentation des heures supplémentaires et la réduction des charges patronales qui pèsent sur elles. Si le projet de loi est validé ce mois-ci par l’Assemblée nationale, les heures supplémentaires seront majorées de 25% (au lieu de 10% aujourd’hui) à compter du 1er octobre 2007. Un surcoût pour l’employeur que la loi prévoit de compenser par une baisse des charges de 0,5 euro à 1 euro par heure supplémentaire payée,et jusqu’à 2 euros pour les TPE.

Une proposition que la CGPME juge trop timide, car elle risque d’handicaper les très petites structures et celles qui sont en difficulté. « Si nous avons finalement décidé de soutenir le texte, c’est parce que nous estimons que cela va malgré tout dans le bon sens, et que nous savons que les marges de manœuvre sont très étroites. Il ne faut pas compromettre la croissance », estime Jean-François Veysset.


 

Publié dans l'Entreprise

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