Pour se faire une idée juste du libéralisme!

Publié le par Alain Genestine

Il convient de clarifier  la distinction, aujourd’hui brouillée par les faux libéraux, entre le libéralisme et le mercantilisme contre lequel s’est battu A. Smith toute sa vie.


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On peut dire que l’hyper-capitalisme financier actuel est une forme internationalisée du mercantilisme qui dans le passé prônait le protectionnisme, l’excédent des exportations sur les importations, la conquête coloniale des ressources et des territoires pour imposer la suprématie commerciale du pays colonisateur. Dans un monde aux ressources limitées la richesse des uns ne pouvait, selon les mercantilistes, s’accroître que par l’appauvrissement relatif des autres..

 

La domination à tendance monopolistique est donc au coeur de la logique mercantile et la seule source de la richesse en dernier ressort reste pour celle-ci l’inégalité dans un jeu à somme nulle. Ce que n’a cessé de dénoncer A. Smith un des pères fondateurs du libéralisme économique, lequel est fondé sur la libre concurrence dans un permanente compétition non faussée par des rapports de forces trop inégalitaires entre égaux ou acteurs économiques toujours susceptibles de le devenir par l’exploitation toujours temporaire de leurs avantages respectifs , laquelle concurrence peut seule peut faire baisser les prix du marché à l’avantage des consommateurs et de l’enrichissement de tous .

Si la position libérale authentique n’est qu’un modèle théorique idéal qui n’existe nulle part à l’état pur dans la réalité, mais vers lequel il faut tendre, la position mercantiliste bien que plus réaliste génère nécessairement la violence, l’exploitation des hommes et des ressources par la force (par exemple de la puissance sans contre pouvoir du capital échappant à toute régulation économique de la concurrence pour qu’elle ne soit pas faussée ).

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Il convient donc, afin de s’efforcer de rendre le monde moins violent et les relations économiques plus libérales et plus justes , de dénoncer la confusion entre mercantilisme et libéralisme, afin de prendre le premier pour ce qu’il est: un anti-libéralisme violent et despotique que perpétue sous d’autres formes la mercantilisme actuel, par exemple sous la forme que lui donne l’hyperpuissance américaine sous le gouvernement Bush, au Moyen-Orient et ailleurs. C’est pourquoi aux USA les libéraux sont les adversaires politiques des (neo)conservateurs aujourd’hui au pouvoir

Publié dans Libéralisme

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T
Les néo-cons n'ont effectivement pas comme volonté de dominer le monde en prenant de manière unilatérale les richesses locales, ce sont plus les intérêts diplomatiques des Etats-Unis (en dehors de la théorie néo-conservatrice), qui ont provoqué cet état de fait. On le sait que les Etats-Unis ont une stratégie de domination du moyen-orient , et cherchent à trouver d'autres partenaires dans la région que l'Arabie saoudite jugée trop peu fiable (comme les pays d'Asie centrale et du caucase) afin de mettre en échec l'Iran. Ca n'est que ma vision des choses bien sûr. Mais cette stratégie est indépendante du souhait des néo-cons. Par contre, les néo-cons ont fait l'erreur de croire qu'on pouvait exporter un modèle : la démocratie et le libre-échange, par les armes , à un pays qui n'a pas de tradition démocratique ni de libéralisme. Aujourd'hui, y règne l'anarchie et le terrorisme en Irak. En plus de cette inefficacité de la méthode, cela me dérange,en effet si nous sommes libéraux, nous sommes pour dire que nous n'avons pas le droit d'imposer notre vision de la vie aux autres, que ce soit notre morale ou notre modèle politique, il faut que le processus se fasse par les personnes concernées directement et non par la force. J'ai pas dit non plus qu'il fallait garder Sadam Hussein, le fait de l'avoir délogé de son nid douillet et ensanglanté m'a ravi.  Simplement, une sortie de l'iRak d'abord vers le libéralisme économique à la manière de la Chine aurait été une meilleure méthode, plutot que de révolutionner tout d'un coup.
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J
Merci pour cette belle distinction. Il est vrai que l'on confond souvent capitalisme, mercantilisme et libéralisme... Ceci-dit, je suis un peu moins d'accord avec la fin. Pour moi la politique des néo-cons ne peut pas être taxée de mercantile (il faudra des années aux EU pour rentrer dans les frais qu'ils ont engagé pour la guerre du Golf). L'interventionisme des E.U. s'inscrit dans la droite ligné d'un Benjamin Constant (je t'invite à relire de la liberté chez les anciens et les modernes) où le philosophe des lumières explique justement que pour que l'on parvienne à une démocratie dans laquelle les hommes sont libres, il faut qu'ils puissent commercer entre-eux. Cette politique a toujours été celle des néo-cons. Dessouder un dictateur pour rétablir une zone avec laquelle on peut commercer. Cela n'a rien à voir avec du collonialisme au sens où un pays s'empare d'un autre pour exploiter les richesses (à ma connaissance, les E.U. ne sont pas restés à la libération). Alors, bien évidemment, il y aura des entreprises américaines qui profiteront en travaillant à la reconstruction, mais là n'est pas l'objectif premier: encore une fois, il s'agit d'établir une démocratie...
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