Quelques pays ont osé la « rupture », et ça marche !

Publié le par Alain Genestine

Tribune publiée dans le Figaro du 29 mai 2007 par Vincent Ginocchio, Président de L'image “http://www.eurolibnetwork.net/img/photochercheur/charat.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Liberté Chérie, Jacob Arfwedson du Stockholm NetworkL'image “http://www.eurolibnetwork.net/img/photochercheur/jacob2.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs., et Sylvain Charat d'Eurolib Network (également ancien directeur de cabinet d'Alain Madelin au ministère des Finances).

 

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Si le mot « rupture » ressassé par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne a un sens, le temps est venu d’honorer ses promesses. A la différence de 1981, il s’agit cette fois de rompre avec le socialisme.

Après 30 ans de couardise politique et de complaisance avec les lobbies en tout genre, la France doit maintenant observer les pays qui ont réussi et s’inspirer de nos anciens cousins pauvres comme l’Irlande ou l’Estonie, aujourd’hui champions de la réforme de l’Etat et de la création de richesses.
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Nicolas Sarkozy ne sera pas un champion du libéralisme, loin s’en faut. Mais il réclame une France de propriétaires, et l’introduction du libre choix en matière d’éducation, de protection sociale et d’épargne retraite correspondrait bien à son ambition affichée pour le pragmatisme, à condition de respecter quelques consignes élémentaires de méthode.

Nous proposons des chantiers prioritaires permettant d’assurer une transition à la fois déterminante (dans le contenu) et souple (dans la démarche). Nous pensons en outre que ces solutions sont largement susceptibles de rallier l’opinion publique française.

Libérer le travail par la baisse des prélèvements obligatoires

La première urgence consiste à libéraliser le marché du travail pour permettre une baisse structurelle du chômage et libérer les énergies. En plus de réduire l’appareil réglementaire et fiscal qui empêche depuis des années l’embauche dans le secteur privé, il faut simultanément arrêter l’hypertrophie de l’emploi public et mieux l’utiliser.

La diminution du nombre d’emplois publics devra se faire par des mesures positives. D’une part, l’arrêt d’embauches aux conditions actuelles est déclaré, avec une clause de sauvegarde pour les employés existants. D’autre part, un mode contractuel est instauré pour les agents de l’Etat nouvellement engagés, comme en Suède ou en Nouvelle-Zélande. Cela implique aussi de rendre les fonctionnaires personnellement responsables, en introduisant des critères de performance. Il s’agit surtout de mettre fin aux régimes spéciaux pour les nouveaux candidats à la fonction publique, comme au Portugal.

Outre la baisse immédiate des prélèvements obligatoires, on passe à un taux unique d’imposition (« flat tax »), déjà en vigueur dans 11 pays européens, à la fois plus simple et plus équitable que le régime actuel. Le nouveau gouvernement devra donc expliquer qu’il est plus important de combattre la pauvreté que de punir la création de richesses : avec une croissance de 3.5 % annuelle, le PIB double en vingt ans. Aucune politique de redistribution ne peut obtenir un tel résultat.

Assurance maladie et retraites

Dans un premier temps, on laisse le droit à chaque Français (garanti par la législation européenne, mais non appliqué par les tribunaux français) de choisir son assureur pour la couverture médicale, en France ou ailleurs en Europe. Nicolas Sarkozy doit donc s’investir au niveau européen pour mettre en place un véritable marché de la santé, seul garant de soins de qualité, parce que soumis à la concurrence des prestataires. Ceci va de pair avec le droit de chercher dans un autre pays de l’Union les soins que le pays d’origine est incapable de fournir.

Afin de ne plus transmettre systématiquement la dette sociale aux générations futures, on rétablit au plus vite la responsabilité personnelle, d’ailleurs sollicitée par les Français vu la croissance de l’assurance-vie et de l’assurance-maladie privée. Pour consolider ce mouvement et notamment pour faciliter l’accession au logement par la propriété (première des sécurités pour nos vieux jours), on met en place une véritable épargne individuelle pour la retraite par des fonds de pensions, et des comptes-épargne santé (cas de Singapour, du Chili…)

Ouverture des monopoles publics

Si le marché européen en matière d’électricité, de gaz, de services postaux ou de télécoms est en marche, la France traîne à sa mise en œuvre. Le gouvernement français doit donc respecter ses engagements européens, et négocier avec les organisations syndicales et patronales le rachat des privilèges exorbitants, financés par les contribuables, dont bénéficient certaines catégories sociales (EDF-GDF, SNCF, etc.)

Education, recherche et innovation

L’Education Nationale est une machine à fabriquer des chômeurs, incapable d’endiguer l’illettrisme et inadaptée au monde du travail. L’introduction du chèque-éducation permettrait, comme en Suède, de financer directement l’élève et non plus les établissements, ceux-ci gérant de manière autonome leurs budgets et leur curriculum, ainsi que le personnel.

Les universités pourront également adopter un statut autonome, quitte à abandonner le giron public à terme. Grâce au financement privé accru donc plus adapté aux exigences de l’entreprise, on remédie enfin à la fuite des cerveaux. Face à la mondialisation, l’avantage concurrentiel de la France réside dans ses secteurs technologiques de pointe, donc au final dans ses jeunes diplômés. A la différence de l’administration publique, ces derniers sont mobiles et, faute d’options viables, s’exportent.


N’en déplaise aux détracteurs de la mondialisation, les exemples de réforme réussie abondent. Les principes de liberté de choix sont universels, et plébiscités par les citoyens des pays où ces règles élémentaires ont fait leur preuve. Il suffirait d’appliquer ces solutions en France pour permettre une réforme paisible qui garantit à chacun de préférer la sécurité de tel régime public, tout en autorisant ceux qui le souhaitent à choisir une solution alternative.

Cette liberté de choix permet de remettre les hommes au centre du système en respectant leur diversité. Elle peut faire de la France un pays exceptionnel en matière de liberté et de prospérité.

Publié dans Libéralisme

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