Les salaires ne devraient pas financer la Sécu

Publié le par Alain Genestine

Pierre BarrucandL'image “http://www.sectes-infos.net/Barrucand2.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Quand Raymond Bourgine dirigeait « Valeurs Actuelles », ce magasine publia une étude remarquable prouvant qu’il n’y avait aucune différence entre impôts et « cotisations » sociales, une thèse qui contredisait avec talent la théorie officielle imposée sans l’ombre d’un argument. Vérité d’État ou mensonges d’État ?

Depuis, la situation a empiré car on a inventé la notion extravagante de « salaire brut » et sont apparus des impôts nouveaux comme la CSG, invention assez perverse aggravée par l’abominable non déductibilité (partielle pour tout compliquer, car il ne faut jamais faire simple).
Or, toutes ces arguties linguistiques dissimulent le vice essentiel du système actuel, qui fait porter sur les salaires en quasi-totalité, le poids du système social ce qui, à partir du moment où le plein-emploi n’est pas totalement réalisé, amène à exercer une pression très forte sur les employeurs pour qu’ils licencient, à peine de graves ennuis financiers.

Mais il y a pire, ces licenciements effectués diminuant les sommes affectées au budget de la Sécurité Sociale, augmentent ainsi un déficit qui, de toute façon est inévitable car lié au principe même des « cotisations » fondées sur le salaire.

Dans un autre sens, presque toutes les ressources individuelles sont payées par les « producteurs » ou employeurs, puisque ceux-ci sont les acteurs de la vie économique. Ceci reste vrai même pour le traitement des fonctionnaires, puisque les impôts payés par les producteurs directement ou indirectement, (ainsi, indirectement, l’employeur paie l’impôt sur le revenu du salarié) servent ainsi à permettre à l’État de payer ces traitements à son tour.
Parler de cotisation voire de « salaire brut » pour des sommes sur lesquelles le salarié n’a aucun contrôle, aucune possibilité d’action, est absurde et pourtant, c’est ce que l’on ne cesse de pratiquer.

Déjà, j’ai récemment montré ici même que les allocations familiales n’ont aucun rapport réel avec les autres branches de la Sécurité sociale, ne sont pas fondées sur les mêmes idéologies.
De plus, elles n’ont et ne peuvent avoir aucun caractère « assurantiel ». En conséquence, elles devraient en être séparées, mais on peut et doit aller beaucoup plus loin, aucun « prélèvement obligatoire », pas plus l’« impôt sur les salaires » que les pseudos « cotisations » ne devraient peser sur la « masse salariale », contrairement aux cotisations volontaires (telle la Prefon).

On peut aller plus loin, la masse salariale majorée d’un certain pourcentage lors de l’étude du bilan en vue du calcul des impôts correspond à certains risques et obligations, appréciés forfaitairement.
Ne pas fonder le financement du Système Social sur les pseudo « cotisations » portant sur les salaires, cela existe dans certains pays tels le Danemark et la Grande Bretagne et, justement, le chômage y est moins grave qu’en France. La relation est automatique, tout impôt (même qualifié autrement) fondé sur les salaires crée du chômage.

Au-delà on peut aller jusqu’à envisager, comme Christine Boutin boutin.jpg(qui est tout, sauf une femme de gauche), un revenu universel qui viendrait alors en déduction du salaire sans modification aucune du revenu salarial, ce qui est beaucoup plus rationnel que le système du RMI qui dissuade parfois son bénéficiaire de chercher un emploi.

Ce qui a trop souvent entraîné la sous-estimation du problème gravissime du chômage persistant, c’est qu’on ne s’est pas rendu compte du fait que c’était là quelque chose d’insidieux et bien pire que des sujets à la mode, parfois graves, mais concernant seulement peu de gens au total, tels « la drogue » ou le dopage des sportifs. Ces choses peuvent détruire des gens isolés. Là il s’agit d’un problème global beaucoup plus grave, car plus répandu et qui est beaucoup plus social qu’économique, même s’il détruit in fine l’économie.

Des expressions comme « cotisations sociales », « salaire différé », « salaire brut », ne sont pas des mensonges ordinaires mais des mensonges pervers car ils dissimulent une réalité économique et sociale. Restent deux problèmes : par quoi remplacer ces impôts affectés : par l’impôt sur les sociétés ? Ou la TVA ?

Et encore, au-delà d’un financement indépendant des salaires, faut-il laisser une petite part de prélèvement social, part minime et sur laquelle les salariéss auraient un certain contrôle individuel dans son affectation ?

Publié dans Travail et Economie

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T
<br /> <br /> Thierry Vimal de Fléchac  Libre choix. En finir<br /> avec le système uniltérale et imposé de la sécu.<br /> Pour ce qu'elle rembourse de toute façon... !!<br /> <br /> <br /> <br />
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