Pourquoi l'Etat veut-il tout faire, quant bien même sa gestion est inepte, alors que nos aînés vont être plus nombreux dans un futur proche ?

Publié le par Alain Genestine

Les maisons de retraite montrées du doigt

 

Chambre d'une maison de retraite en 2006

Par Sarah DAWALIBI

 

 

PARIS (AFP) - Près d'un Français sur deux a une mauvaise opinion des maisons de retraite, selon un sondage publié lundi qui pose la question du financement de ces établissements, et donc de la dépendance et du grand âge, l'un des dossiers délicats à traiter par le nouveau gouvernement.

Trop cher, un endroit où l'on va à contrecoeur et où les personnes âgées peuvent même être maltraitées... Le portrait brossé par le sondage réalisé par la Sofres pour la Fédération hospitalière de France (FHF), n'est pas tendre pour les maisons de retraite. 49% des Français expriment une "mauvaise opinion" sur ces établissements, soit une hausse de 11 points par rapport à 2005, contre 41% des sondés qui en ont une "bonne opinion". La mauvaise image est liée, explique ce sondage, à une charge financière "perçue comme excessive" par 96% des personnes interrogées, un "coût d'hébergement inassumable" (69%), des "places disponibles insuffisantes" (86%), ainsi qu'à des "soupçons ou constats de maltraitance pour près d'un tiers" des sondés. Pour 68%, la prise en charge des personnes âgées par les pouvoirs publics n'est "pas satisfaisante", et 59% s'estiment "mal informés" sur les dispositifs d'aide et de prise en charge. "Cette enquête est à nouveau l'occasion d'alerter sur l'insuffisance de la prise en charge des personnes âgées", a souligné, lors d'une conférence de presse lundi, Claude Evin, président de la FHF, "mais pourtant la situation est moins grave aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a deux ou trois ans", a-t-il dit. "Les décisions prises après la canicule de 2003 ont amélioré la situation, même si les améliorations ne sont pas encore suffisamment perceptibles", a-t-il ajouté. "Avec un reste à charge pour les familles en moyenne de 1.500 euros par mois, et une retraite moyenne de 1.200 euros, il faudra traiter le financement en terme de solidarité nationale", estime l'ancien ministre socialiste. Pour financer la dépendance, 52% des personnes interrogées préfèrent "laisser à chacun la possibilité de souscrire une assurance qui couvre le moment venu les frais liés à la dépendance", contre 32% qui préfèrent "augmenter les prélèvements obligatoires et les cotisations sociales afin d'assurer une prise en charge de la dépendance par la solidarité nationale". Déjà épineuse à l'heure actuelle, cette question va aller croissant dans les années qui viennent, puisque d'ici 2019, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait croître de 20% selon les projections. Près de 610.000 personnes sont aujourd'hui en maison de retraite, et ce chiffre va doubler dans quinze ans. Deux associations, l'AD-Pa (directeurs de maisons de retraite) et la Fnapaef (personnes âgées résidants en maisons de retraite et leurs familles), ont demandé lundi au nouveau Président de "réunir à la rentrée une grande Conférence nationale" sur la dépendance. En campagne, Nicolas Sarkozy s'était prononcé pour la création d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour prendre en charge la perte d'autonomie des personnes âgées. Il a également annoncé sa volonté de mettre en oeuvre un "plan Alzheimer", comparable au "plan Handicap" de Jacques Chirac. "Disponibles pour travailler" avec le nouveau Président sur la question de la dépendance, les deux associations lui demandent "d'aborder l'accompagnement de l'ensemble des personnes âgées fragilisées comme une grande question de société".

Publié dans Social

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