H. DE CASTRIES : « LA DEPENSE PUBLIQUE ASPHYXIE LE PAYS »

Publié le par Alain Genestine



Henri DE CASTRIES, Président du directoire d’Axa, s’est exprimé dans Le Figaro sur les grands problèmes de l’économie française  au cours d’un entretien, dont voici quelques extraits.

Comment relancer la croissance en France ? « Il faut réduire la dépense publique, dont la dérive asphyxie le pays. La France est le seul pays de l’OCDE qui n’ait jamais exécuté un budget en équilibre depuis plus de vingt-cinq ans. Tout le monde connaît le problème : il est impératif de rendre la dépense publique plus efficace en réduisant les charges de fonctionnement et en consacrant plus de moyens à l’investissement ».ensemble.jpg

« Aujourd’hui, il est urgent de libérer le travail, mais aussi de cesser de dénoncer la mondialisation. Elle est inéluctable et nous pouvons en bénéficier. Pour faire avancer la France, il faut une vision, des priorités, des choix d’hommes et une mesure rigoureuse et régulière des résultats. Il convient que l’Etat s’applique les  disciplines qui font réussir les entreprises, même si ses objectifs ne peuvent être strictement les mêmes ».

Question -inévitable- sur les superprofits et les super-rémunérations : « Les patrons du CAC 40 ont remplacé les fermiers généraux de l’ancien régime dans l’inconscient collectif et ce phantasme est alimenté par les agissements d’une petite minorité d’entre eux. Pour condamnable que soient certains excès, ce n’est pas en désignant les chefs d’entreprise à la vindicte populaire que l’on va arranger les choses. Je note que la qualité de gestion des entreprises françaises n’a pas cessé de s’améliorer au cours des vingt dernières années, pendant que celle de l’Etat, elle, ne cessait de se détériorer. Nous devons nous réjouir du niveau de ces profits, parce que ce sont eux qui financeront les investissements, donc la croissance et les emplois de demain ».

Et l’idée de F. BAYROU (qu’il a dû nuancer ensuite compte tenu des vives réactions suscitées) de faire démissionner les patrons mis en examen ? « Je m’interroge sur l’échelle des valeurs et le sérieux d’un homme politique qui demande un deuxième procès pour un assassin multirécidiviste et fugitif (BATTISTI, NDLR), condamné par la justice d’un Etat démocratique, et qui refuse dans le même temps le droit à la présomption d’innocence pour les chefs d’entreprise, quant on sait que 90% des affaires dans lesquelles ils sont mis en examen débouchent sur des non-lieux ».

Sur le chapitre des salaires des dirigeants on rapprochera ces déclarations de la décision prise par le gouvernement travailliste hollandais, très remonté au départ contre « l’enrichissement personnel exhibitionniste », de ne pas intervenir. Devises.jpgPourtant, la rémunération moyenne des dirigeants des entreprises cotées était de 2,5 millions et surtout l’attribution de stock-options avait été multipliée par trois en un an. Mais ces chiffres n’ont pas impressionné le gouvernement, qui voit plus d’inconvénients à intervenir qu’à ne pas intervenir.

Nous rappelions aussi la semaine dernière la position de Laurence PARISOT : « Personne d’autre que le conseil d’administration ou l’assemblée générale n’est capable d’évaluer si une indemnité de départ est décente et légitime au regard du travail accompli. Personne ! Ni moi, ni les candidats ! Quant à légiférer ou interdire, ce serait catastrophique pour l’attractivité de la France ou sa capacité à conserver ses grands talents ».

Toutes ces évidences vont bientôt s’imposer aux nouveaux maîtres de la France, à l’Elysée ou au Palais Bourbon. Il semblerait que la monarchie absolue soit révolue en France, puisque le Tiers Etat, la société civile, le monde des affaires, ose enfin prendre la parole. Espérons que l’engagement des entrepreneurs survive à la campagne, et même s’amplifie lorsque les premières révisions s’imposeront.

Pour préparer l’après 6 Mai, il est bon dès aujourd’hui de faire circuler le Guide du Candidat, de visiter et faire visiter www.guideducandidat.org, ainsi que www.libres.org, de lire et faire lire la Nouvelle Lettre. La liste des réformes à réaliser ou amorcer dans les 100 premiers jours y est donnée aux futurs dirigeants.

Publié dans Travail et Economie

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