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On refait le match...(reprise de volée)

Publié le par Alain Genestine

Un débat tant attendu, j'ai essayé par trois fois d'y revenir, mais qu'elle emm... c'est désopilant, inintéressant. Vu déjà l'état critique de notre nation, ou allons nous? Espérons que l'Europe puisse nous aider.
Le Marchand de sable est passé,  Nicolas et Pimprenelle se sont couchés, Que ce vent de sable, puisse t-il être un vent de Liberté, sans y croire, je l'espérais un chuya; mais que voulez-vous , les vents de sable en réalité appartiennent aux déserts. Un grand désert, il y eut hier au soir.
Pour la com, à souligner la bonne tenue de NS.
Maintenant je vous laisse avec la réaction d'Edouard FILLIAS,  Président d'Alternative Libérale et aussi quelques commentairesEdouard-Fillias.jpg

Le débat de ce soir m’a laissé un goût de cendres. La question du rôle de l’Etat en tant qu’acteur omniprésent de notre vie sociale et politique n’a été posée ni par l’un, ni par l’autre. Les deux continuent à penser comme des politiciens des années soixante-dix, avant les révolutions économiques et sociales qui ont changé le monde. Je crois n’avoir pu me reconnaître dans à peu près aucun propos, tenu par l’un ou l’autre. Rien ne me satisfait entièrement et l’essentiel me déplait complètement.

Si Nicolas Sarkozy a choisi de présenter ce soir le profil du pragmatique ouvert au dialogue, l’ensemble de ses propositions, certes précises, ne sont certainement pas inspirée par la vision d’une nouvelle société. Il n’a pas décidé de rompre avec l’ordre ancien, qui a conduit notre pays en l’état que nous savons, mais plutôt de l’ajuster, pièce après pièce, comme un mécanicien qui tenterait de sauver une vieille mécanique. Une conception de son rôle qui correspond à sa vision conservatrice de la société, mécaniste. Il fait tout pour brouiller les pistes et rassurer, jusqu’à perdre toute cohérence d’ensemble. La rupture fond sur le palais, comme un sucre d’orge léger...

Ségolène Royal aura été inquiétante de dogmatisme : j’ai souvent eu l’impression qu’elle récitait, plaquant sur le débat des morceaux d’incantations pré mâchées et sans saveur. Inquiétante aussi de théâtralité, augurant bien mal de son rapport au débat public avec un sentiment qui prime la raison. Une approche qui tient plus de la méthode Castro que de la social-démocratie raisonnée qu'elle entend prôner. C'est Evita, pas Jacques Delors, qui pique sa colère vertueuse en prime time au nom des indigents...

Royal est dangereuse pour un avenir immédiat, mais Sarkozy, s’il entend gouverner ainsi, prépare l’élection d’un avatar de Ségolène Royal, ou pire, en 2012. Autrement dit, mon vote de dimanche se résumera à choisir entre la mort subite (Ségolène) ou le poison lent (Nicolas). Et dès le 7 mai, je commencerai à employer mes prochaines années à proposer aux Français l’antidote… En espérant que la part de l'acquis soit plus forte dans notre vie politique que celle de l'inné.

Voici mon analyse, en quelques points, du débat de ce soir, en fonction des priorités de notre jeune parti. J’ai volontairement écarte toutes les « scories » et polémiques dans la polémique pour me concentrer sur les questions essentielles, de mon point de vue de libéral. Cette analyse ne se veut donc pas exhaustive :

Institutions, fonction publique, rôle de l’Etat

La réforme radicale des institutions et la promotion de la séparation des pouvoirs, de l’indépendance de la justice, du mandat unique, sont des priorités pour Alternative Libérale. En effet, nous pensons que notre démocratie est « bloquée » par la tête dans la mise en œuvre des réformes profondes, insuffisamment débattues au sein même de la classe politique et trop souvent imposées d’en haut.

Ségolène Royal a pris clairement parti pour une VIème République, plutôt de type parlementaire, sans en préciser finement les contours pour autant. Elle a été la seule à citer le mot « proportionnelle ». Mot qui n’est pas la tasse de thé de Sarkozy.

Sarkozy a balayé d’un revers de main l’importance de la question institutionnelle, feignant de croire que la Vème République fonctionnait encore. Il a néanmoins proposé quelques avancées significatives (vers les électeurs de Bayrou), telles que la transparence sur les nominations décidées par le Président ou la limitation à deux mandats pour la fonction de Président. Sa proposition de rendre des comptes, en tant que Président, devant l’Assemblée Nationale est contraire à l’esprit de la séparation des pouvoirs et même des institutions de la Vème République. Le Parlement doit être indépendant et ne saurait accueillir le Président : c’est au gouvernement, dans nos institutions, de représenter la politique conduite. La désignation d’un membre de l’opposition à la tête de la Commission des Finances est un progrès : mais est-ce suffisant ? Nous proposons plutôt une indépendance complète du Parlement dans la gestion des audits des services et entreprises publics, via la Cour des Comptes (placé sous son contrôle) ou de cabinets d’audit privés. Et nous souhaitons que le Parlement puisse ainsi voter le budget en connaissance de cause, avec d’autres informations que celles fournies par le gouvernement.

Sur le rôle de l’Etat : ni l’un, ni l’autre, n’ont osé aborder de front la question de la taille de notre Etat. Nicolas Sarkozy, pourtant adepte du « benchmarking », aurait pu être inspiré et constater que c’était là une différence notable avec les autres démocraties européennes qui réussissent : aucune n’a 25 % de fonctionnaires dans la population active et près de 55 % de prélèvements obligatoires. En revanche, sur les fonctionnaires, Nicolas Sarkozy a été très clair en souhaitant le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Il l’est moins quand il aborde les fameux gains de « productivité » et leur redistribution sur les salaires, dans une pure logique keynésienne. D’autre part, cette promesse de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux a déjà été formulée de longue date (dès 2003), et jamais tenue par le gouvernement sortant. En outre, Nicolas Sarkozy n’a pas précisé de quels fonctionnaires il voulait se départir (les douaniers sont-ils assez nombreux pour asseoir sa politique de non remplacement) ?

Ségolène Royal a été, sur ce point, très inquiétante : elle refuse la baisse du nombre de fonctionnaires, figeant ainsi son idéologie pro-Etat, au centre de sa politique. Elle ne peut avoir ma sympathie sur ce point, particulièrement irresponsable. Le déficit public ne semble pas être une priorité pour elle : on sait pourtant que la seule politique vraiment sociale consiste à préparer un avenir meilleur, moins lourd d’impôts et plus libre de manœuvre pour les générations à venir. Sarkozy aborde frontalement le déficit et la dette, mais ne propose pas les réformes de fond qui permettrait de les circonvenir, à commencer par la réduction drastique du déficit de l’assurance maladie, première pourvoyeuse de dette (cf. partie sociale).

Ni l’un, ni l’autre, n’ont évoqué la suppression du statut de la fonction publique et la fin des privilèges associés à ce statut, à commencer par la sécurité de l’emploi, particulièrement intolérable. A la décharge de Sarkozy, il ose rappeler qu’il serait normal de supprimer les régimes spéciaux (Royal semble acquiescer mollement) et de normaliser les durées de cotisation public – privé.

Alternative Libérale propose, à l’italienne, la négociation du rachat de leurs droits aux fonctionnaires, pour qu’à terme disparaisse toute fonction publique en France : il n’y aura que des Français égaux devant leur contrat de travail, que leur employeur soit l’Etat ou une entreprise.

Croissance, travail, protectionnisme et impôts

Un moment particulièrement pénible pour Ségolène Royal, qui a ,pour tout levier sur la croissance, la confiance qu’elle entend susciter chez les entreprises, et notamment les plus petites. Sa seule élection devrait rassurer, d’après elle, les acteurs économiques. Tout en promettant de maintenir les 35 heures et même de les généraliser (le bâton), elle propose de défiscaliser 50 % de l’impôt sur les sociétés réinvesti dans l’entreprise, quand elle est petite (la carotte). Un calcul économique d’une nullité crasse : la question n’est pas de maintenir ou d’augmenter les aides pour les petites entreprises, mais de supprimer les aides à toutes les entreprises, à commencer par les plus grandes qui en profitent largement, pour ainsi baisser le niveau de l’IS pour toutes les sociétés de France. Et encourager ainsi les entreprises et leurs patrons, leurs investisseurs, à investir encore et toujours plus. Une économie de l’offre qui reste complètement étrangère à Madame Royal.

Quand Nicolas Sarkozy affirme que le travail crée le travail et qu’il n’y a pas de gâteau à taille fixe à se partager, il est profondément dans le vrai. En revanche, sa solution pour débloquer la croissance est artificielle, à la limite du tour de passe-passe rhétorique. Je n’ai jamais crû au « travailler plus pour gagner plus ». Le salarié ne choisit que rarement de faire ou pas des heures supplémentaires : c’est le cahier des charges qui commande. Dans les entreprises qui fonctionnent, les heures supplémentaires sont payées plus pour maintenir le rythme de production. Sauf que, la plupart des petites boîtes ne prennent même pas la peine (notamment pour les cadres ou assimilés) de compter les heures supplémentaires faites, semaine après semaine. Et pour un artisan, travailler soixante, soixante-dix heure est un lieu commun. Pour tous ces salariés qui travaillent sans compter car nécessité fait loi, la question n’est pas de « travailler plus », mais de gagner plus tout court pour augmenter leur pouvoir d’achat ? Comment faire ? En réduisant le chômage en favorisant l’investissement privé et la prise de risque, et en augmentant ainsi la « valeur travail », devenue plus rare et donc plus désirable. Avec un réservoir de main d’œuvre à 10 %, pas étonnant que le travail soit sous valorisé, pour les indépendants comme pour les salariés.

Ce qui est le plus choquant dans cet argument, pourtant central, de Nicolas Sarkozy, c’est qu’il passe d’une logique de l’offre (le travail crée le travail) à une logique keynésienne sans complexe. Et d’invoquer la capacité des mieux payés, car travaillant plus, de consommer plus et donc de relancer l’économie dans un cercle vertueux. Cercle de la demande dont on sait désormais depuis trente ans qu’il ne fonctionne pas. Toute politique, même derrière le masque de la certitude et du pragmatisme, finirait-elle en mystique ?

Je note tout de même que Nicolas Sarkozy a condamné les 35 heures : c’est un progrès par rapport à Chirac qui stipendiait le pauvre Novelli et son fameux rapport à charge. Mais curieusement, il n’entend pas abandonner l’idée de durée légale du travail, qu’il a affirmé vouloir maintenir à 35 heures. Un exercice de style paradoxal.

Sur les questions de mondialisation, j’ai été choqué par le protectionnisme des deux. Sarkozy propose de taxer les importations, de revoir les règles de l’OMC. En gros, la guerre de tranchées commerciales doublée d’un label « acheter Français ». Il entend « protéger » les Français des délocalisations en luttant contre les charges : il serait utile de rappeler que la seule réduction de charge ne suffira pas à sauver des industries qui ont vocation, tôt ou tard, à partir et à être relayée par de nouveaux emplois.

Sur la fiscalité, un nouveau lot d’impôts à prévoir dans les deux camps, pour payer des programme présentés, même par l’Institut Rexecode, comme très coûteux. Pour Royal, ce sera une hypothétique taxe sur les profits boursiers (dont même ATTAC sait qu’elle n’a aucun sens si appliqué dans un espace strictement national). Et ne lui en déplaise, probablement une nouvelle CSG « Hollandaise ». Pour Sarkozy, ce sera une nouvelle Taxe Carbonne. Et tout de même, un bouclier fiscal à 50 % : dommage pour ceux qui tutoient le seuil et qui resteront matraqués d’impôt… Peu cohérent pour les petites fortunes, celles fabriquées dans les PME et qui ne demandent qu’à grandir avant le grand départ. Ce bouclier est effectivement, un cadeau pour les plus grandes fortunes. L’argent ne circulera probablement pas mieux après. Il est aussi une façon hypocrite de ne pas traiter de la suppression de l’ISF.

Santé, retraites, école

Pour le croisé de la fin du monopole de la sécurité sociale et de la liberté de choix de ses allocations que je suis, la partie « sociale » du débat a été consternante par son manque d’originalité. Toujours les mêmes problèmes : le déficit des comptes sociaux, l’incapacité à financer les retraites à plus d’une génération. Toujours les mêmes solutions : franchise pour « responsabiliser » pour Sarkozy, solidarité pour tous et course à l’abyme pour Ségolène Royal. La plaie est ouverte et bientôt les assurés sociaux n’auront plus droit à rien, ni retraites, ni remboursement de santé, et les politiques continuent à nous proposer un petit sparadrap pour les conservateurs, amputation pour les socialistes. Pas de fin du monopole ni de liberté de choix dans la gestion de ses cotisations en vue. L’Etat restera aux manettes, quoi qu’il arrive : un seul consensus, « sauver le modèle social ». Comme je regrette le temps, avant les bêtises consensuelles de Xavier Bertrand, où Sarkozy osait se questionner sur notre modèle social et la nécessaire rupture. Il avait raison : c’est le cœur du mal être Français. Une société qui vit socialement à crédit.

Je dois tout même atténuer ce propos : Sarkozy a clairement déclaré qu’il souhaitait harmoniser et prolonger les durées de cotisation : logique dans un système inique, par répartition... Mais le mot « retraites à la carte » a filtré, insolemment. Est-ce à dire que bientôt nous pourrons choisir notre durée de cotisation, le montant de notre retraite, la forme d’épargne retraite choisie ? Il n’a pas été aussi explicite, malheureusement.

Sur le logement, Sarkozy lance une perche intéressante en affirmant qu’il veut que la France devienne une nation de propriétaires. Il n’aura malheureusement capté qu’un dixième des propositions de notre ami Christian Julienne, car il ne propose ni le principe du foncier constructible par défaut, ni la révision des contrats de bail locataires – propriétaires, pour précisément, protéger la propriété privée détournée par certains locataires peu regardant. Sur les HLM, je ne peux que lui donner raison : il faut permettre une rotation plus rapide. Et même, comme le suggère Ségolène Royal, un rachat de son HLM. A condition que le contribuable ne soit pas lésé dans cette cession. Quant aux quotas de logements sociaux, on aurait aimé que Nicolas Sarkozy rappelle à Royal, qui l’agressait en bonne socialiste sur ce point, que les quotas importaient peu : un logement social est un logement qu’on peut louer ou acheter avec ses économies. La vraie question reste celle du pouvoir d’achat et de l’emploi pour tous, pas de l’assistanat de masse… Dommage.

Sur l’école, j’avoue avoir été beaucoup plus enthousiasmé que sur le reste. Sarkozy affirme clairement la nécessité du libre choix de son école, de la transparence des résultats, et de l’autonomie des établissements, y compris pédagogique. Une vision de bon sens, qui se rapproche de la conception libérale. Si le mot carte scolaire n’a pas été employé, c’est bien ce dont il était question. Et, divine surprise, Ségolène Royal a repris la balle au bond en suggérant à nouveau l’autonomie et la liberté de choix. Malheureusement, mes illusions étaient de courtes durées : très vite, Sarkozy s’est lancé dans l’organisation des études du soir et des devoirs scolaires, dans un pur exercice de micro-politique, contradictoire avec l’esprit de liberté pédagogique qu’il avait au préalable énoncé. Des progrès à faire, mais en bonne voie…

J'ai été en revanche moins séduit par l'assaut de populisme livré sur la petite enfance, avec pour Royal, un service public dédié (décidément, entre les fonctionnaires ramenés chez eux le soir et les enfants pris au berceau, l'Etat s'occupera bien de nous) ; et pour Sarkozy, un droit opposable à la garde d'enfant. Invention politique de 2007, le "droit opposable" fait fureur chez nos amis : logement, garde d'enfant, etc. Bientôt, un droit opposable aux vacances, à la voiture et pourquoi pas à la bière fraiche ? Royal a taclé Sarkozy sur ce point, qui aurait été bien inspiré de lui répondre sur son servic public dédié aux nourrissons. En vain...

Les grands absents : politique étrangère et syndicalisme

De mon point de vue, deux grands absents ce soir : l’étranger et les syndicats. Deux absents qui traduisent peut être un mal être de nos deux candidats face à ces questions, très sensibles.

La réforme de la vie syndicale : survolée par Royal qui entend fonctionnariser le syndicalisme, elle n’a pas été du tout abordée par Sarkozy. Pourtant, comment peut il espérer gouverner sans changer profondément le syndicalisme français ? C’est là une réforme de base, essentielle, pour permettre ensuite le dialogue avec des syndicats responsables, représentant les salariés : liberté de création d’un syndicat, fin des subventions publiques, transparence sur les comptes, réorganisation du paritarisme… Quelle occasion manquée pour la rupture.

L’autre absent est la politique étrangère, et notamment la gestion du terrorisme. La question de nos rapports avec Israël, la paix au proche orient, les liens honteux de la France avec la Russie, la gestion du problème Irakien… Les candidats semblaient raisonner dans un monde fini, clos, immobile. J’ai été profondément peiné, en tant que citoyen, de l’absence de débat sur ces questions qui sont à mes yeux parmi les plus importantes. En effet, cela peut signifier deux choses : que les candidats me tiennent pour un idiot, incapable de m’intéresser à ces questions autrement que par le cas du Darfour, seul évoqué. Ou bien que, et c’est beaucoup plus grave, que mon pays a perdu, en réalité, toute influence solide sur ces problèmes. Aux Etats-Unis, les questions géopolitiques sont depuis un siècle au centre de toute élection présidentielle… Déclin ou oubli ?

Je vous prie de m’excuser pour ce long commentaire du débat de ce soir, mais je crois qu’il le méritait.

A vous lire…


Commentaires

1. Lib'Hérault, le jeudi 3 mai 2007:

Bravo pour ce constat : Ségo coule la France en 6 mois, Sarko en 6 ans.
Ce qui démontre encore plus l'erreur du choix d'appuyer Bayrou pour cause de prise de responsabilité et soi-disant convergences d'intérêt. Et que dire de l'absence de la nation européenne de région...
Cela prouve encore plus la nécessité de retoquer AL pour rassembler réellement le maximum de libéraux en France, quitte à modifier profondément les structures et le programme et la direction prise à ce jour. Sinon, tous ces bons voeux resteront des voeux pieux.

2. dude, le jeudi 3 mai 2007:

Concernant le protectionnisme, meme les Etats-Unis en font un usage immodere.

Comment un pays bien plus petit comme la France peut-il resister a la Chine si l'on suit votre doctrine du laisser-faire ?

3. Mateo, le jeudi 3 mai 2007:

dude>

Ce n'est pas le "laisser-faire" mais le "laissez-faire". La différence est importante.

Je n'ai pas vraiment le temps de répondre, d'autres s'en chargeront mieux que moi j'en suis sûr, mais voici quatre points FON-DA-MEN-TAUX pour comprendre un peu l'économie du monde dans lequel nous vivons:

1) L'économie n'est pas un jeu "à somme nulle" (cf la théorie des jeux), c'est-à-dire que d'une part ce qui est gagné par l'un n'est pas perdu par l'autre et d'autre part que l'augmentation de richesse se fait par l'échange. Plus on échange, plus on augmente la richesse

2) La concept principal de la théorie du commerce international pour faire court est "l'avantage comparatif" dit de Ricardo. Voir le très bon article de Wikipedia à ce sujet: fr.wikipedia.org/wiki/Ava...
Pour simplifier et résumer, cette théorie dit que même si l'on est moins bon dans tous les domaines que le pays - ou tout autre agent économique - concurrent (on n'arrive pas à produire à aussi bas coût à qualité équivalente), et bien on gagne tout de même à échanger avec lui en se spécialisant dans le domaine où on est le meilleur. Les pays développés s'orientent vers les productions et services à plus forte valeur ajoutée, là où ils sont meilleurs.
Mais pour cela il faut que l'industrie et les services soient capables de s'adapter en permanence…

3) La "destruction créatrice" dites de Schumpeter est également quelque chose de fondamental. Voir ici: fr.wikipedia.org/wiki/Des...
En gros, cette théorie explique que pour créer 1200 emplois dans des technologie ou domaines nouveaux il "faut" détruire 1000 emplois dans des secteurs plus traditionnels. Alors évidemment, il est très difficile d'expliquer à l'ouvrier de l'usine textile dans le nord de la France qui voit son emploi être délocalisé en Chine que cela va permettre de créer un nouvel emploi dans les nouvelles technologies à Toulouse (en général mieux payé). Et comme en plus la délocalisation fait la une du 20h de TF1 mais pas la création d'une nouvelle entreprise, il en découle un fort sentiment de rejet.

4) Enfin, contrairement à ce que l'on pourrait penser, les délocalisation représentent un très faible pourcentage des emplois. Je n'ai pas le temps de retrouver les chiffres, mais il me semble que c'est inférieur à 0,1% des emplois (par an).

4. Mateo, le jeudi 3 mai 2007:

Ah, j'oubliais, je ne sais pas si j'ai été très clair, mais ce que je viens de rappeler n'infirme, ni de confirme vos propos, cela constitue juste quelques éclaircissements…

Et puis aussi: les Etats-Unis ne sont pas un modèle, surtout avec le nombre de lois anti-libérales.

5. xavier-marc, le jeudi 3 mai 2007:

salut, j'suis assez d'accord avec Lib'Hérault sur le constat 6mois 6ans
il n'y a eu aucune precision ,on dirait que les candidats ont bougé des variables des budgets et des services au niveau macroeconomiques en pensant qu'ils s'ajusteraient automatiquement( du genre si je fais ceci , je pourrais faire cela)

l'une a precisé qu'elle voulait une france d'entrepreneurs(sans preciser comment, l'autre une france de proprietaires(ou plutot de gens endettés), c'est dommage que ces points n'aient pas été suffisement exploités,chacun invitant l'un chez l'autre;
il faut stimuler les 2.
on nous parle de la recherche des technologies pour relancer la croissance et l'emploi, le probleme est que l'immense majorité de la population n'est pas concernée par ce genre d'emploi , le marché des chercheurs et des ingenieurs n'est plus national d'ailleurs les marchés plus du tout depuis longtemps, et la desindustrialisation n'a jamais reculé.
en fait ce qui manque ce sont plutot les petites et moyennes entreprises mais "non" technologiques, pas seulement une question d'artisans à la recheche de successeurs ou de poles technologiques à la merci de subventions etatiques, y'a un gap enorme ente ces 2 extremes

quand aux delocalisations, le fait d'attirer ou de faire en sorte que personne ne parte revient au meme, souvent ce n'est pas une question de taxation mais simplement de complexité, la complexité coute du temps( et des prises de tete) et de l'argent à elle toute seule en sus de la taxation.

simplifier , simplifier , simplifier, voila un theme qu'il aurait fallut aborder: qu'est ce que les candidats proposent de simplifier où et quoi que ce soit: c'est un mouvement à lancer :une simple question
"que proposez vous pour simplifier la vie des français?" et ainsi initier une surenchere des simplifications par les politiques d'où qu'ils soient
surenchere qui peut grandement aider et developper le mouvement liberal

6. Christophe VINCENT, le jeudi 3 mai 2007:

Pardon mais on dirait du Ségolène tellement c'est long, de la "vieille politique" que tu critiques pourtant.

Et concrétement Edouard, tu votes quoi ? Ils sont à mettre dans le même sac Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ?

Moi vraiment je ne le pense pas. Ce sera Nicolas Sarkozy sans hésitation.

Voir ici :

lechamplibre.blogs.com/le...

7. Lib'Hérault, le jeudi 3 mai 2007:

C vrai. Cette réponse de vieux dirigeant politique, on dirait une étude du Monde.
Et d'ailleurs, vous remarquerez que comme le débat d'hier, çà nous embrouille plus qu'autre chose. Ségolène n'avait et n'a toujours rien dans son jeu, mais elle a parfois décridibilisé le Nicolas, pas si à l'aise que çà. Et quelle méchanceté naturelle chez elle, plus les colères feintes...
Quant à leurs compétences, nulles à ch.. pour des futurs présidents : le nucléaire c'est environ 70% de l'électricité, ni 50% (NS) ni 17% (SR). Et tout le reste à l'avenant. Edouard a de beaux jours devant lui!! à condition que... Mais c'est une autre histoire.

8. irisyak, le jeudi 3 mai 2007:

Il manque un regard philosophique à vos points de vue: Le regard de Edouard dit le souhaitable à une France qui n'est pas encore prête à faire un tel saut; il y faudra de la patience ou des faits assez forts pour l'imposer. Ségolène est dans le déni de réalité du début à la fin. Elle détourne totalement la première et la dernière question; pour le reste elle se cantonne dans le ressenti.
Pour Nicolas, il répond clairement aux questions et reste dans le rationnel. Dès lors il est possible d'espérer négocier avec lui des changements qu'il ne désire pas nécessairement. Avec lui on peut espérer.

9. christophe, le jeudi 3 mai 2007:

J'ai vérifié 17% de l'énergie consommé en France est nucléaireL'EPR est bien un prototype de 3ième génération...

Sarkozy a été nul sur un sujet crutial: disqualifié...

10. bruno, le jeudi 3 mai 2007:

@Edouard

Entièrement d'accord avec cette excellente analyse.

Une chose de plus m'a frappée: Sarkozy a manqué de vision dans le débat.

Je pense que c'est le grand problème de la droite en France: non animée par la générosité et l'humanisme des convictions libérales, la droite française manque de certitude et de vision et se sent toujours en porte à faux face à la gauche. On eu trop de cela hier.

Je reste convaincu que la vraie causes des révoltes banlieues c’est cette « charité sociale généralisé » que l’on appelle solidarité et qui n’a pour effet que l’amenuisement des opportunités rentables d’intégration et de mobilité sociale.

Je pensais, à tord, que ce genre d'analyse faisait partie du discours de Sarkozy : or il n’a pas du tout été dans ce sens là hier.

Bref : Il aurait été plus libéral, il aurait été meilleur contre elle…

Il y a du travail...

Publié dans Politique

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