Passer du RMI à la création d'entreprise

Publié le par Alain Genestine


thumb_osez_la_liberte_mouton_noir.2.jpg

Créer son entreprise est une voie privilégiée pour se réinsérer et créer son propre emploi, comme en témoigne Chantal Isidor. Elle tient une épicerie rurale, dont le chiffre d'affaires dépasse déjà son prévisionnel.

"J'étais au RMI, à la recherche d'un emploi et dégoûtée de la vie. Il m'arrivait de rester enfermée dans ma voiture. Je ne voulais plus voir personne... Depuis que j'ai créé mon entreprise, j'ai retrouvé ma dignité et ma place dans la société. Ma vie a basculé entre 2005 et 2006. »

Epicerie, restaurant et soirées à thème
« Tout est parti de mon attirance pour la vie à la campagne. J'ai eu envie d'y créer un commerce, une façon pour moi de rendre service aux autres. J'aime la clientèle rurale, calme et généreuse. Lorsque je suis arrivée à Saint-Berthevin-la-Tannière, petit village de 400 habitants de la Mayenne, j'ai été très bien accueillie. Depuis le 1er mai 2005, je suis gérante indépendante de mon établissement, Le Saint-Berth', un commerce multiservices. Il fait bar, tabac, pressing, vend du pain, de l'épicerie et même la presse. Depuis trois mois, j'ai ajouté le restaurant.

« Cet établissement est le seul commerce du village. Installé dans des locaux de la mairie en contrepartie d'un loyer mensuel de 360 euros, il fait le bonheur de tous les habitants. Il y a 42 foyers anglais ici, qui font partie de ma fidèle clientèle. J'organise des soirées à thème, où les gens font l'effort de venir. Le Saint-Berth' est ouvert sept jours sur sept, et parfois tard le soir (1 heure du matin !) pour servir au mieux la population. »

« Sans l'Adie, je n'y serais pas arrivée »
« Quand j'ai voulu monter mon commerce, je me suis heurtée aux refus de toutes les banques, de la Poste à la Caisse d'épargne, qui ne croyaient pas à mon projet. D'une part, elles le considéraient trop petit et, d'autre part, je n'avais rien à hypothéquer pour obtenir les 7 000 euros de prêt dont j'avais besoin pour démarrer. Heureusement, j'ai rencontré l'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique, antenne de Laval), qui a traité mon dossier en urgence. J'ai obtenu la même somme, ce qui m'a permis de me lancer. Quand j'ai besoin d'aide, l'Adie est toujours là. Pour commencer, un ami s'est porté caution et mes enfants (un fils de 32 ans et une fille de 29 ans) passent parfois me donner un coup de main.lafhk78y.gif

« Il n'est pas normal que le prêt à la création d'entreprise (PCE) ne soit pas accessible à ceux qui en ont vraiment besoin. Je n'y avais pas droit, car il est lié à l'obtention de prêts bancaires et l'aide de l'Adie n'était pas considérée comme telle.

« Aujourd'hui, j'ai retrouvé le moral et ce n'est que du bonheur. Il est tôt pour crier victoire mais, en quelques mois, j'ai déjà dépassé d'un tiers le chiffre d'affaires prévisionnel. L'établissement grandit et, comme cela devient difficile de s'occuper de la cuisine et de servir en même temps, je compte créer un emploi de cuisinier à la rentrée. »
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article