OPERATION CHAMMAL - Irak/"Daesh" - Reconnaissance des actions en interne

Publié le par AL de Bx

Rédacteur : COL Paquot, SIRPA Air

OPERATION CHAMMAL

Paris –Bagdad : 3900 km

Bagdad : UTC+3

INTRODUCTION

Le but de l’opération est de répondre à la demande d’assistance formulée par le gouvernement d’Irak face à Daech. C’est le cadre politique de cette mission nationale opérée en coordination avec les Etats-Unis et les autorités irakiennes dans le respect du droit international.
Dans ce contexte très dense, le professionnalisme et la réactivité de nos équipages, la qualité de la préparation des missions ainsi que la précision des équipements utilisés sont autant d’atouts qui permettent à la France de devancer toute allégation de victimes civiles. Néanmoins, il est nécessaire de préserver l’anonymat des militaires français engagés et de rester évasif sur les localisations de nos empreintes dans le Golfe dans un souci de coordination avec les autorités locales. L’action de la France revêt d’autres volets notamment un volet logistique au Kurdistan permettant un soutien humanitaire aux réfugiés.

CADRE LEGAL

ELEMENTS OUVERTS

Des moyens militaires français sont engagés contre le groupe terroriste Daech conformément à la décision du PR. Cet engagement répond à la demande du gouvernement irakien et s’inscrit dans le cadre des résolutions du CSNU notamment la Résolution 2170 du 15 août 2014 qui condamne les actes terroristes commis en Irak et en Syrie. Ce sont ces deux éléments qui fondent la légitimité de l’intervention française aux yeux du droit international.

Concernant la Syrie, une coalition menée par les Etats-Unis avec le soutien de cinq pays arabes a frappé dans la nuit du lundi 22 au mardi 23 en Syrie. C’est la première intervention militaire internationale depuis 2011 en Syrie contre les djihadistes. Ce second front, auquel la France ne participe pas, s’est ouvert dans un contexte légal différent du front irakien. « La coalition menée par les Etats-Unis ne s’appuie ni sur une demande formulée par un pouvoir légitime, ni par un mandat de l’ONU. Les Etats-Unis sont intervenus en Syrie suite à un appel de la Coalition nationale syrienne. Or, si cette instance est reconnue en tant que « représentant légitime du peuple syrien » par le Conseil de coopération du Golfe, l’Union Européenne et les Etats-Unis, elle n’est pas considérée pour autant comme le gouvernement syrien. Sa demande ne saurait donc justifier une opération militaire. Le régime de BacharAl-Assad a rejeté l’idée d’une intervention internationale contre l’EI sur son sol et les Etats-Unis ont écarté la possibilité de faire appel à son soutien» (Le Monde 24/09/2014).

En fait, dans ce domaine, tout dépend de l’interprétation que l’on donne à l’article 51 de la Charte des Nations unies et de la notion de légitime défense...

Les missions effectuées par les appareils français sont de deux natures. Il s’agit de missions d’ISR (Intelligence Surveillance et Reconnaissance) et de missions de frappes contre des objectifs au sol. Ces missions sont réalisées depuis vers des objectifs situés uniquement en Irak. Le 20 septembre, l’EMA a choisi pour cette opération le nom de CHAMMAL qui est un vent soufflant généralement de Nord-Ouest sur l’Irak et le Golfe Persique. Il provoque de violentes tempêtes de sable.

Les missions sont effectuées par les 6 Rafales de l’EC 3/30 Lorraine appuyés par un C135 de la 31ème Escadre aérienne de ravitaillement et de transport stratégique (EARTS) et un ATL2 de la Flottille 23F de la Marine Nationale. Aucun avion de chasse n’a été convoyé depuis la métropole pour pouvoir débuter les missions.Le 13 septembre un renfort en capacités de renseignement (nacelle RECO-NG) a été déployé par A400M directement depuis Orléans et le C135a rejoint le théâtre le 14 septembre.

NATURE DES MISSIONS

MOYENS ENGAGES

Commandées par le CEMA à partir du CPCO, les missions françaises sont réalisées sous Contrôle Opérationnel du contre-amiral Beaussant commandant la zone Océan Indien (ALINDIEN). Elles s’inscrivent dans une étroite collaboration avec nos alliés présents dans la région.

COMMANDEMENT et COORDINATION

Pour réaliser cette coordination, des aviateurs français ont été insérés dans les différentes structures de planification et de conduiteà Tampa en Floride, au sein du CAOC d’Al-Udeidau Qatar (environ 15 aviateurs), au sein d’ARCENT à Koweit( 2 aviateurs) ainsi qu’au JOC à Bagdad. Le CAOC est la structure chargée d’intégrer les contributions des différentes nations, de produire la documentation opérationnelle, d’élaborer et de conduire la manœuvre aérienne. C’est à ce niveau que se situe le représentant français chargé de jouer le rôle de « RedCardHolder » garantissant que lesrègles d’engagement françaises soient respectées notamment sur la nature des objectifs traités par les avions français lors des missions d’attaque au sol.

Lors d’une mission d’attaque au sol, les objectifs peuvent être connus par les équipages avant le décollage ou leur être désignés une fois qu’ils survolent la zone des opérations notamment à proximité immédiate des lignes de contact.

MISSIONS D’ATTAQUE AU SOL

Dans le premier cas, des missions d’ISR sont préalablement réalisées pour élaborer le dossier d’objectif et déterminer les conditions de traitement (points d’impact, nature des armements et respect des règles d’engagement). L’objectif est identifié avant le vol et très souvent il s’agit d’infrastructures fixes. Lorsqu’un tel objectif est ensuite frappé par les avions, on parle alors de

Dans le second cas, les avions se tiennent prêt en vol à assurer des frappes sur des cibles d’opportunités qui leur seront désignés par leurs propres systèmes de bord (ex: POD DAMOCLES), depuis le sol par un Forward Air Controller (FAC)ouencore par un autre aéronef. On parle dans ce cas de « DynamicTargetting ». Le rôle du RedCardHolder au sein du CAOC est alors essentiel dans la phase de conduite pour le respect des règles nationales d’engagement. En effet, lors de ces missions de DynamicTargetting, il est primordialde déterminer les positions des troupes amies et de la population afin d’éviter les dommages collatéraux et les tirs fratricides.Cette évaluation de situation est notamment permise par une couverture importante de drones au-dessus du théâtre. En effet, ilsretransmettent en temps réel les images de la cible dans son environnement directement à la salle de conduite du CAOC à laquelle le RedCardHolder a pleinement accès illustrant ainsi les bonnes relations avec les US.

« DeliberateTargetting »

« DeliberateTargetting ». Le
préparation afin de vérifier le respect des règles nationales d’engagement.

« DynamicTargetting »

rôle du RedCardHolderest alors

essentiel dans la phase de

MISSIONS EFFECTUEES

La première mission ISR a eu lieu le 15 septembre et la première mission de frappes le vendredi 19 septembre.Effectuées au rythme d’environ trois sorties par jour (2 pour les Rafale et 1 pour le C135) d’une durée allant de 5 à 8 heures par sortie, les vols alternent entre missions ISR et missions de CAS.La zone d’intérêt pour les missions des avions français est atteinte environ 2h après le décollage.

Lors de la mission du vendredi 19 qui a duré près de 5 heures, 2 Rafales armés de GBU12, le C135 et l’ATL2 ont été engagés. 4 bombes ont été larguées sur un dépôt logistique de Daech situé dans la région de Mossoul. L’objectif a été détruit sans provoquer de dommages collatéraux. Il

s’agissait d’une
(deliberatetargetting).L’élongation de cette mission correspond à un avion décollant de Paris avec un objectif dans la région de Gilbraltar.

mission effectuée sur

un objectif défini

à l’avance

D’autres missions programmées en « DynamicTargetting » sur des cibles d’opportunité dans les zones de contact entre forces irakiennes et éléments de l’EI, ont également été réalisées depuis le 19 septembre par les avions français. Notamment le jeudi 25 septembre, 2 Rafale ont détruit avec 4 GBU 12 des hangars dans la région de Fallujah à 60 km de Bagdad.La mission a duré environ sept heures. Les deux Rafale ont donc dû être ravitaillés plusieurs fois par l’avion ravitailleur C-135 français et 1 fois par un avion ravitailleur de l’US Air Force. L’ATL2 a effectué un vol d’une dizaine d’heures pour procéder au Battle Damage Assesmentafin d’évaluer le résultat des frappes.

CHRONOLOGIE

  • -  10/8 : 1ermission d’appui humanitaire français vers Erbil (18 tonnes de fret)

  • -  13/8 : 2èmemission d'appui humanitaire français versErbil (20 tonnes de fret)

  • -  21/8 :3èmemission d’appui humanitaire français versErbil (21 tonnes de fret)

  • -  Nuit du 30 au 31/08 : aérolargage de 3 Tonnes de fret par deux C160 vers Armeli (160 km

    nord de Bagdad)vidéo

  • -  13/9 : projection depuis Orléans d’une capacité RECO-NG par A400M (12,8 tonnes )

  • -  14/9 : projection depuis Istres d’1C135 de la 31ème EARTS

  • -  15/9 : première mission française d’ISR

  • -  16/9 : participation d’un ATL2 aux missions d’ISR

  • -  19/9 : 1ères frappes aériennes(4 GBU12) contre un dépôt logistique dans la région de Mossoul

  • -  19/9 : 1ère mission de CAS/ISR pour ATL2

  • -  19 et 20/9 : 4èmevol humanitaire français vers Erbil

  • -  20/9: première mission de Close Air Support (DynamicTargeting) dans la région de Bagdad

  • -  24/9 : première mission combinée ISR/CAS accomplie par 4 Rafale, soutenus par le C135 FR

  • -  25/9 : 2èmesfrappes aériennes (4 GBU 12) contre quatre hangars contenant du matériel militaire dans la région dans la région ouest de Bagdad, à proximité de Falloujah. (DynamictargetingTargeting)

  • -  26/9 : 5ème mission d’appui aérien (en Dynamictargetting) dans le nord de la zone d’intérêt

  • -  27/9 : No flyday pour les Rafale – Mission LOG : arrivée d’un A400M

  • -  28/9 : 6ème mission CAS (dynamictargeting) des Rafale appuyés par le C135 et un KC10 et

    dans la région ouest de Bagdad et 6ème mission ISR de l’ATL2

    BILAN SUCCINT au 28 février

  • -  13 missions Rafales dont deux ont amené à délivrer de l’armement. Les Rafales sont soutenus à chaque sortie par un C135 ravitailleur.

  • -  L’ATL2 a participé à plusieurs missions d’ISR.

  • -  NbdeGBUtirées:8

    BILAN GLOBAL DU 15/9 au 28/9 :

  • -  Nb de mission CAS « dynamictargeting » sans tir: RAF : 6

  • -  Nb de mission STRIKE « dynamic targeting »: 1

  • -  Nb de mission STRIKE « deliberate targeting »: 1

  • -  NbdeGBUtirées:8

  • -  Nb de mission ISR : RAF: 5 / ATL2: 6

  • -  Nb de mission CAS/ISR ATL2: 2

  • -  Nb heure de vol RAF : 150H en 26 sorties / C135FR : 68H en 11 sorties / ATL2 : 74H (au

    28/09)

    MOYENS US :

- La mission Combat Search and Rescue (CSAR) - capacité à secourir les pilotes en zone hostile – est assurée par les Etats-Unis dans les deux zones dévolues à la France.

COALITION

(L’Express du 26/09)

Pays du Proche et Moyen-Orient

  • Rouge: le territoire sous le contrôle de l'organisation Etat islamique (EI), à cheval sur la Syrie

    et l'Irak. C'est dans cette zone que la coalition militaire procède à des bombardements.

  • Bleu foncé: les pays ayant procédé à des bombardements aériens de positions d'EI (Arabie

    Saoudite, Jordanie, EAU, Bahreïn).

  • Vert: les pays qui offrent des facilités militaires aux avions américains qui effectuent des

    frappes en Irak et en Syrie (Qatar et Koweït).

  • Turquoise: les pays engagés officiellement auprès des Etats-Unis contre EI, mais qui ne

    participent pas militairement (Turquie, Egypte, Oman). La Turquie, d'abord réticente, est sur le point de se rallier à la coalition depuis qu’une quarantaine d’otages turcs détenus en Syrie ont été libérés. Pour sa part l'Egypte a conditionné sa participation à un mandat de l'ONU.

    Dans la nuit du 22 au 23 septembre, les Américains ont étendu leurs raids contre EI au territoire syrien. Quatre pays du Golfe Arabo-persique ont participé conjointement à cette nouvelle phase, en mobilisant leurs propres forces aériennes.Un cinquième pays évoqué n'a pas confirmé lui-même s'il avait ou non mobilisé ses aéronefs de combat.

    Pays occidentaux
    Australie

    La Royal Australian Air Force (RAAF) a dépêchéenviron600 militaires et huit F/A-18F Super Hornet, un Boeing E-7AEW&C Wedgetail ainsi qu'un KC-30A ravitailleur.

    Grande-Bretagne

    Le 26 septembre, le parlement britannique a donné son feu vert pour des frappes aériennes - aucun soldat ne sera déployé au sol. Les six chasseurs-bombardiers Tornado, basés à Chypre, pourraient intervenir rapidement. Pour l’instant, il n’est pas question pour Londres de mener des raids ailleurs qu’en Irak.

    Danemark

    Le Danemark a annoncé sa décision d’envoyer 7 avions de combat F-16 en guise de contribution aux opérations en cours. Les F-16 danois pourraient être déployés dès la semaine prochaine. Leur mission se limitera à exclusivement à l’Irak. Il n’est pas question pour Copenhague, d’intervenir en Syrie.

    Belgique

    En Belgique, 6 avions F-16 ont quitté le pays pour la Jordanie. Ils pourraient entrer en action très rapidement sur des objectifs situés uniquement en Irak.

    Pays-bas

    Les Pays-Bas vont également mettre 6 F-16 à disposition de la campagne, pour un an avec un engagement opérationnel limité à l’Irak a affirmé le vice-Premier ministre néerlandais. A l’instar des avions belges, les F16 néerlandais vont très probablement opérer depuis une base en Jordanie et pourraient être opérationnels en moins d’une semaine. Outre le détachement de 250 hommes pour mettre en œuvre ces appareils, il est aussi question d’envoyer 130 soldats pour entraîner et former les forces irakiennes.

    Canada

    Ottawa a annoncé le déploiement de plusieurs dizaines de militaires aux côtés des soldats américains conseillant les forces kurdes dans le nord de l'Irak. Une mission de trente jours reconductible.

    L’Allemagne, l’Italie, l'Albanie, la Pologne, et l'Estonie ont annoncé la livraison d'équipements militaires. Par ailleurs, les Philippines sont prêtes à rejoindre une alliance, selon les déclarations de son secrétaire aux affaires étrangères à l'Agence France-Presse, sans autre précision pour l'heure.

EQUIPEMENTS

Rafale configuration STRIKE / CAS (Deliberate and Dynamic Targeting):

  • -  4 bombes air-sol guidées laser GBU 12

  • -  1 missile air-air MICA IR (infrarouge)

  • -  1 nacelle aéroportée d'identification infrarouge et de désignation par laser de cibles au sol

    POD DAMOCLES Rafale configuration ISR :

  • -  1 système de reconnaissance de nouvelle génération POD Reco NG

  • -  1 missile air-air MICA IR (infrarouge)

    ATL2

  • Recueil de renseignements (d’origine électromagnétique ROEM ou image ROEM) ;

  • Guidage d’avions lors des missions de Close Air Support (présence à bord d’un « Forward Air

    Controller Airborne »)

  • Evaluation des tirs (Battle Damage Assesment)

    POD Reco NG :

    Le POD Reco NG peut prendre des photos en très basse comme en haute altitude, à courte comme à grande distance, à grande comme à très grande vitesse. Les capteurs optiques numériques,

placés dans une nacelle intégrée sous un Rafale, tournent à 180 degrés. Ils peuvent viser une zone, pointer un objectif sous différents angles ou pointer différents objectifs lors d’un seul passage.Le PodReco-NG opère sur deux bandes spectrales (visible et infrarouge) afin de réaliser des prises de vue diurnes et nocturnes.

POD Damoclès :

Le Pod Damoclèsest une nacelle aéroportée d'identification infrarouge et de désignation par laser de cibles au sol, de jour comme de nuit. Il est utilisé pour les frappes aériennes de précision. Il présente une forte augmentation des performances en portée et en qualité d'image par rapport au pod PDLCTS. En outre, il dispose d'une fonction permettant d'authentifier l'illumination d'un l'objectif désigné par un opérateur des forces spéciales situé au sol.

OPERATION CHAMMAL - Irak/"Daesh" - Reconnaissance des actions en interne

Allocution du Général d’armée aérienne Denis MERCIER

Chef d’état-major de l’armée de l’air

Base Aérienne 104
« Lieutenant-colonel Charles Pijeaud»
Al Dhafra

28 septembre 2014

 


Seul le prononcé fait foi

Officiers, sous-officiers, militaires du rang de la base aérienne 104,

    •    J’ai voulu venir vous voir. Tout de suite. Mais j’ai résisté… Une semaine.
    •    Parce que je voulais que vous restiez concentrés, sans visite parasite d’autorité.
    •    Et puis, parce que, moi aussi, j’ai du travail en ce moment, je vous l’assure.
    •    Mais ma patience a craqué et me voilà enfin au milieu de vous.

    •    Parce que les opérations, c’est le quotidien de l’armée de l’air,

    •     qu’elle les exécute depuis les bases métropolitaines ou prépositionnées. Les bases aériennes sont le système de combat de l’armée de l’air, opérationnelles 24h/24, 7j/7.  La belle base aérienne 104 d’Al Dhafra l’a encore prouvé.
    •    qu’elle les conduise du CNOA de Lyon ou du CAOC d’Al Udeid, au sein d’une coalition. La capacité C2 de l’armée de l’air permet d’ajuster l’équilibre entre souveraineté et interopérabilité, et dans tous les cas de figure.

    •    C’est donc votre quotidien que je suis venu saluer. Car ce que vous accomplissez ici a beau être le quotidien, dans vos ateliers, cabines d’exploitation ou cockpits, il n’en est pas moins exceptionnel.
    •    C’est ce message que je suis venu porter. La force de l’armée de l’air, c’est vous, les aviateurs, qui accomplissez l’extraordinaire tous les jours. Vos exploits ont été reconnus au plus haut niveau de l’état lors de vos premières missions de reconnaissance ou d’appui aérien, il y a une semaine.

    •    Mais je sais que l’effort de longue haleine pour en arriver là est tout aussi remarquable : entraînement, endurance, longue acquisition de compétences de nos équipages, de nos mécaniciens, de nos cellules renseignement et de tout le personnel de soutien. Tout ceci forme un ensemble cohérent, c’est ce qui fait notre force.

    •    Voilà ce qui me permet d’assurer au chef d’état-major des armées : « oui, mon général, ils décolleront à l’heure, opéreront à la minute près à 1277 milles nautiques (2300km) de leur base de départ, et frapperont à la seconde près, ou ramèneront le renseignement crucial pour la suite des opérations. Et ils recommenceront demain. »

    •    Voilà pourquoi  j’étais doublement fier la semaine dernière : les actions opérationnelles de l’armée de l’air sont illustratives de la réactivité de l’armée de l’air, au cœur de notre plan stratégique Unis Pour Faire Face. Notre action au Mali l’avait dévoilé. Votre action ces dernières semaines viennent de confirmer la pertinence de ce plan stratégique que nous développons tous ensemble et celle de la base d’Al Dhafra.

    •    Je repars donc encore plus fier que je suis arrivé, car je mets sur ces idées vos visages, vos voix, l’odeur du kérosène, le souffle chaud des réacteurs que je suis venu chercher ici.

    •    J’ai lu la concentration sur vos visages. J’ai aussi remarqué la fluidité de vos échanges, cette normalité des procédures qui ne change pas du temps de paix au temps de guerre. Les gestes et les paroles vous semblent machinaux, presque rituels.
    •    Je vous garantis aujourd’hui que vos mérites seront reconnus, que vos actions seront valorisées. C’est au commandant de base et aux commandants d’unité que je parle. Ecrivez les hauts faits de vos services.
    •    Je m’adresse ensuite à tous les aviateurs ici présents : partagez vos expériences, racontez vos impressions, entre vous. Vous découvrirez des compétences qui vous étaient encore inconnues. Le développement de cette connaissance mutuelle et la synergie entre les permanents, les MCD et les renforts OPEX :

    •    permettra de progresser encore dans la réactivité de la mission
    •    Mais ces échanges permettront surtout d’encore mieux vous apprécier, et de contribuer à une ambiance saine de travail.

    •    Vous évoluez également ici dans un cadre interarmées et international. Sachez cultiver ces contacts car chacun d’entre vous est aussi un ambassadeur de l’armée de l’air.

    •    La bonne humeur et la gestion de la fatigue représentent en ce sens mon dernier point de vigilance. Ces deux facettes sont liées. Soyez attentifs les uns aux autres, sachez vous préserver, car nul ne sait combien l’aventure va durer.
    •    J’en veux pour preuve la recrudescence d’opérations effectuées par les armées en général, et l’armée de l’air en particulier depuis 2013.
    •    Le rythme s’amplifie, et j’accorde la même vigilance à nos frères d’armes déployés ailleurs qu’ici, comme à ceux qui sont en alerte jour et nuit en métropole.
    •    Vous devez aussi savoir durer et poursuivre votre mission sur le long terme.

    •    Sachez donc utiliser tous les moyens pour gérer la pression que vous ou vos familles peuvent ressentir, que ce soit pour le personnel affecté ou les aviateurs en mission courte durée. Là encore, votre commandement représente un interlocuteur privilégié et votre expérience m’intéresse.

*****************************************

    •    Ce sera mon mot de la fin : la priorité de l’armée de l’air est celle du chef d’état-major des armées, c’est l’opérationnel, soutenu par les forces morales que vous représentez.

    •    Continuez à faire face, en tout lieu, à tout moment. VOUS êtes l’armée de l’air et toute l’armée de l’air est derrière vous.

 

Opération Chammal : deuxième frappe française en Irak Nous aimerions à cette occasion préciser à nouveau quel est le positionnement que nous adoptons à Theatrum Belli . Le mise en valeur de vidéos provenant de l'ECPAD ou de l'EMA COM n'est en rien un soutien à une politique étrangère souvent absconse pour le citoyen comme pour le soldat impliqué dans les opérations. Le travail de post-production n'est pas apologétique. Il se veut pédagogique pour les lecteurs intéressés par les questions de Défense et notamment pour la presse française, qui est très loin d'être curieuse sur cette dimension régalienne. Les sujets sont souvent "survolés" pour ne mettre en valeur que l'aspect "sensationnel". Les images, via TB, se veulent instructives. Notre soutien, à l'image de ce que nous avions accomplis lors de l' Opération NUNTIUS BELLI, est celui de nos soldats, si durement frappés. Malgré l'irresponsable pression que notre Armée subit, celle-ci continue de tutoyer l'excellence. Par patriotisme économique, nous sommes également soutien de nos industriels de défense car ils représentent aussi l'excellence française, qu'il faut inlassablement expliquer à nos concitoyens que c'est ici un secteur aux emplois à haute qualification, non délocalisables. Devons-nous rappeler ici que c'est un instrument de souveraineté déterminant ? Nous n'aurons également de cesse d'expliquer que c'est ici, qu'on le veuille ou non, que l'investissement en recherche & développement est le plus dynamique. Ceci est source de technologies duales. Cela permet par exemple à Dassault, dont il est de si bon ton de critiquer, toujours plus fallacieusement, son Rafale, d'être à la pointe de la technologie sur ses Falcon.. Car oui, notre presse "mainstream", si prompte à lapider nos joyaux industriels, oublie opportunément que 75% du chiffre d'affaire de Dassault Aviation est réalisé sur l'aviation dite d'affaire. Mais ceci, normalement vous le savez, car notre soutien aux armées et à l'industrie est systématiquement étayé de notre exigence "universitaire". Nous arrêtons ici notre laïus et vous proposons de visionner notre nouveau film, souhaitant que vous preniez autant de plaisir à le voir que nous en avons eu à le réaliser. Crédits Images : EMA Com / ECPAD / Armée de l'Air / Marine Nationale Post-Production : Theatrum Belli Le 25 Septembre 2014, au cours d’une nouvelle mission d’appui aérien effectuée au profit des forces armées irakiennes, deux Rafale français ont détruit quatre hangars contenant du matériel militaires utilisés par Daech, dans la région ouest de Bagdad, à proximité de Falloujah. Au cours d’une mission de reconnaissance armée, des cibles d’opportunité ont été transmises en vol aux équipages par le CAOC1. Elles ont été identifiées par les pilotes des Rafale puis détruites par quatre bombes guidées laser GBU 12. Les chasseurs français, équipés de pod de désignation Damocles, ont porté leurs frappes entre 9h50 et 10h22. Au cours de ce vol d’environ sept heures, les deux Rafale ont été ravitaillés à quatre reprises par l’avion ravitailleur C135-FR de l’armée de l’air et un ravitailleur de l’US Air Force. L’avion de patrouille maritime Atlantique 2 a procédé au Battle Damage Assesment2 au cours d’un vol ISR3 d’une dizaine d’heures, coordonné avec celui des Rafale. Les images prises ont été transmises immédiatement à l’état-major de l’amiral commandant la zone océan Indien (ALINDIEN) ainsi qu’au centre de planification et de conduite des opérations situé à Paris pour y être analysées. Conformément à la volonté du Président de la République, les missions d’appui aérien se poursuivront pour soutenir les armées irakiennes dans leur lutte contre Daech. Ces missions seront à nouveau effectuées en coordination étroite avec les autorités irakiennes ainsi qu’avec nos alliés présents sur le théâtre. 1 Coordination air operation center 2 Evaluation des frappes 3 Intelligence, surveillance and reconnaissance

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