Une économie le tourisme, mais ou en sommes-nous ? Dossier complet

Publié le par AL de Bx

La France se paupérise, les Français ne sont jamais aussi peu partis en vacances (et n'ont jamais payé autant d'impôts). Le pouvoir d'achat est en berne, La paupérisation de masse, c'est maintenant ! Heureusement pour le secteur du tourisme, les étrangers, eux, sont de plus en plus nombreux à venir dépenser leur argent en France.

Avec 1,1 milliard de personnes en 2013, le tourisme a connu, depuis la Seconde Guerre mondiale, une expansion exceptionnelle à travers le monde. En France, par son importance et par l’impact qu’il peut avoir sur d’autres secteurs d’activités, il participe à la performance économique du pays et s’inscrit dans le comportement social des Français, pour qui le temps des vacances est un moment privilégié, auquel ils sont attachés depuis la création des congés payés en 1936.

Interview avec  Philippe Violier

Philippe Violier est professeur de géographie et directeur de l’UFR Ingénierie du tourisme, du bâtiment et des services (IMIS-ESTHUA)-ITBS (université d’Angers).

Qui sont les touristes hier et aujourd'hui?

Avant de répondre sur le fond, il est nécessaire de définir ce que l’on entend par tourisme. En effet, l’idée dominante et qui est portée par l’Organisation mondiale du tourisme, est qu’un touriste est un individu qui passe plus de 24 heures hors de sa résidence principale pour toute une série de motifs dont l’agrément, les voyages d’affaires, les études et les voyages scolaires, les pèlerinages… Cette définition nous semble trop large. Elle recouvre des mobilités très différentes les unes des autres. Par exemple les voyages d’affaires s’intègrent dans des stratégies d’entreprise et sont pris en charge par ces dernières. Au contraire du tourisme au sens où nous l’entendons qui dépend de la marge de manœuvre des individus qui choisissent les lieux, les moyens de s’y rendre et ce qu’ils y font. Ce que nous développons ici se comprend dans ce cadre conceptuel.

Le tourisme est marqué par une diffusion à la fois sociale et spatiale. Le tourisme est une invention de l’Europe du Nord-Ouest au même titre que la révolution industrielle à laquelle il est lié de deux manières. D’une part, le tourisme est d’abord une invention permise par les capacités productives nouvelles. Certes les voyages existaient déjà et des formes de pré-tourisme peuvent être identifiées (Grand Tour, villégiature aristocratique, loisirs urbains) mais le tourisme constitue bien une rupture rendue possible par la mobilité accrue des individus et par la possibilité nouvelle de consacrer un surplus important à des dépenses qui peuvent paraître futiles. D’autre part, la civilisation industrielle induit une montée des contraintes intériorisées par les individus et n’a pu se déployer qu’en relation avec des temps de détente et de reconstruction de soi à travers les loisirs et le temps libre. Comme des lieux relativement lointains vont s’imposer par leur efficacité dans cette reconstruction le tourisme va se développer au sein de ce temps libre. C’est ainsi que les touristes inventent la montagne et la plage.

À partir de cette fondation, le tourisme s’est diffusé dans la société européenne. Au XVIIIème siècle il est réservé à une élite économique et sociale. C’est un tourisme du petit nombre. Une nouvelle rupture apparaît au milieu du XIXème siècle avec le passage à un tourisme élargi à plus d'individus. L’invention du guide imprimé, nouveau genre littéraire, et du tour operating (Thomas Cook) accompagne ce passage. Nous pouvons y ajouter l’appropriation du chemin de fer, initialement créé pour l’industrie, et la station, lieu de grande dimension créé par le tourisme – les constructions passent de quelques unités chaque année à des lotissements de dizaines de villas. Pour le grand nombre il fallait un mode de transport plus efficace et des lieux plus grands pour les accueillir. En même temps, l’amélioration du niveau de vie et les luttes sociales vont aboutir à de premiers congés payés à partir des années 1870. Ce temps libre continu va favoriser le développement du tourisme. Le passage au tourisme de masse, entendu comme l’accès au tourisme d'une grande partie des individus d’une société  s’opère à partir des années 1920 aux États-Unis et 1950 en Europe. Aujourd’hui dans les pays les plus développés le tourisme est une réalité, diverse certes, pour 65 à 80 % de la population. Il reste des exclus et dans la période actuelle de crise un tassement, voire un recul s’opère pour les employés et les ouvriers, surtout s’ils sont sans emploi. En France, la part de ceux qui ne peuvent accéder au tourisme peut être estimée à 15 %, malgré les acteurs du tourisme social, parmi lesquels l’Agence Nationale pour les Chèques-Vacances, diverses associations (l'Unat notamment) ... Cependant parmi ceux qui ne partent pas, pour une partie, environ la moitié, exerce un choix : même si la mobilité est valorisée dans notre société, 15 % des individus ont d’autres priorités.

Le tourisme s’est également diffusé spatialement selon deux modes. D’une part, les touristes ont cherché à aller toujours plus loin vers les lieux les plus appropriés à la réalisation de leurs projets. Il s’est agi de découvrir des lieux qui témoignent des grandes civilisations –l’Egypte figure au catalogue de Thomas Cook dès 1875–, et d'autres propices au délassement comme les plages des îles tropicales. La colonisation va favoriser cette diffusion par le contrôle exercé sur les territoires et par la création de lieux de villégiature pour les colons et leurs visiteurs. Le développement du transport aérien, puis de l’avion à réaction au début des années 1950, vont permettre ce déploiement.

D’autre part, les sociétés non européennes ont accédé progressivement au tourisme. Les colonies de peuplement des Européens et les États qui vont leur succéder y accèdent en premier dès le XIXème siècle. Atlantic City est ainsi fondée en 1854 en même temps qu’Arcachon, fréquentée depuis 1823, devient une station sous la houlette d’Émile Péreire. Ensuite, les pays qui réussissent à engager la révolution industrielle s’intègrent très vite dans le concert des sociétés qui pratiquent le tourisme : le Japon dans les années 1960, les « dragons asiatiques » ensuite dans les années 1980, les pays émergents aujourd’hui. Il est de ce fait passionnant d’étudier comment les individus et les sociétés des pays émergents accèdent au tourisme et comment ils le pratiquent. Nous faisons l’hypothèse d’un syncrétisme entre des pratiques transposées à partir de celles que mettent en œuvre les Européens ou les Américains et d’autres inventées à partir de la culture et du contexte  propre à chaque société.De la même manière que le parc naturel a été d'abord une création américaine, venue ensuite enrichir le tourisme européen.  

Aujourd’hui donc le tourisme est un phénomène réellement mondial, à l’exception des sociétés d’Afrique qui demeurent peu visitées. Cependant, il est permis de penser que ce continent s’engage dans la voie du développement et qu’à terme cette exception disparaîtra. Au-delà bien sûr les disparités persistent et les discours clivant, marqués par l’emploi du mot voyageur plutôt que touriste, et par la profusion de termes choisis : aventure, solidaire, durable… expriment bien l’évolution vers un tourisme de masse personnalisé ; c’est-à- dire un système caractérisé par une forte individualisation des pratiques.

Fait mondial, le tourisme connaîtra-t-il une croissance sans fin?

Nous ne pouvons pas répondre de manière simple à cette question fortement prédictive. Nous avons vu précédemment que le tourisme s’est diffusé dans le monde entier et, qu’à notre époque, rares sont les pays qui refusent d’accueillir des touristes, alors que cela a été une posture forte des pays qui se réclamaient du marxisme. Même la Corée du Nord semble s’ouvrir. Les interrelations entre la civilisation industrielle et le tourisme sont telles que nous pouvons supposer que la diffusion va se poursuivre et qu’à terme toutes les sociétés du monde seront touristiques.

Nous percevons dans la question, croissance sans fin, comme une crainte. Il y a une transposition à l’échelle mondiale d’angoisses qui sont apparues dans les années 1980 et qui persistent aujourd’hui qu’il y aurait à un moment donné trop de touristes dans les lieux touristiques. Cette inquiétude relève du fantasme. L' inquiétude porte surtout sur les dégradations de l'environnement et non sur la disparition des touristes.

À l’échelle mondiale, il n’y a pas lieu de s’inquiéter davantage. En effet, la mondialisation touristique demeure principalement une régionalisation. L’essentiel des mobilités s’inscrit dans une proximité relative. Pour la plupart des Européens, les pays limitrophes ou peu éloignés sont les destinations principales et notamment ceux de la Méditerranée car la pratique dominante demeure le repos au soleil et au bord d’une mer chaude. Il en est de même en Amérique du Nord et en Asie. De ce fait, les sociétés émergentes créent sur leurs territoires ou chez leurs voisins les lieux touristiques dont elles ont besoin et qui leurs correspondent. 

Au-delà, comme toute pratique sociale, le tourisme est confronté au défi des limites au développement qui apparaissent aujourd’hui. Dans cette problématique, la question du transport est centrale. Pour cette raison, la valeur du développement durable questionne et induit des évolutions au sein du système touristique qui montre à la fois des capacités d’évolution, des résiliences mais aussi des difficultés. Par ailleurs, le tourisme est confronté aux défis du réchauffement climatique et de l’épuisement des ressources non-renouvelables : il devra s’adapter.  

Secteur créateur d'emplois en France, quel rôle le tourisme pourrait-il jouer en cette période de  crise économique et de chômage?

La dynamique du tourisme repose  sur la fréquentation, c’est-à-dire sur le nombre de touristes reçus et sur les dépenses effectuées par les individus. Il est connu que la France est la première destination dans le monde, elle est au troisième rang pour la dépense moyenne. Il y a donc des marges de progression, y compris dans la fréquentation puisque si la France reçoit plus de 80 millions de touristes non-résidents, la Croatie accueille deux fois plus de touristes non-résidents qu’elle ne compte d’habitants, sans que cela ne semble poser de problèmes majeurs, et pour l’essentiel le long de la côte. Si la dépense moyenne est en France relativement plus faible qu’aux Etats-Unis et en Espagne, c’est en partie, semble-t-il, en raison de la situation géographique de la France qui induit des traversées rapides, incluant une nuit cependant,  pour accéder à la destination finale.

Le tourisme est un secteur qui a massivement créé des emplois dans le passé. Peut-il continuer ? Pour accroître la création d’emplois par le tourisme il y a deux leviers possibles. Le premier est la croissance du pouvoir d’achat des personnes qui résident en France. En effet, les deux tiers du tourisme en France sont le fait des résidents.  Le second est l’accueil des touristes non-résidents. Il faut souligner que la première place de la France n’est en rien naturelle. Elle date du début des années 1980  et a été construite par les efforts des acteurs. Le pays a des atouts pour poursuivre ce développement mais il doit aussi améliorer les compétences des professionnels… et des habitants car l’accueil reste un point faible. Or, les qualités humaines reposent sur un savoir-faire professionnel peu reconnu socialement. Nous en voulons pour preuve que les emplois en contact direct avec les touristes sont les moins bien rémunérés et sont souvent assurés par du personnel saisonnier peu considéré, et mal accueilli dans les lieux touristiques. L’enjeu essentiel est peut-être dans la capacité à former, à mobiliser et à motiver les "sans-grade" du tourisme.

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Une économie le tourisme, mais ou en sommes-nous ? Dossier complet

Le tourisme, activité ancienne, est à présent un fait mondial. Au fil des décennies, il est devenu non seulement un phénomène social central dans les sociétés contemporaines, mais le tourisme moderne est également l’un des secteurs économiques à la croissance la plus rapide du monde.

 

Le développement du tourisme

Barque lémanique

Barque lémanique, Evian-les-Bains.

© Jean-Pierre Bilem

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Dans "Le tourisme. Lectures géographiques ", n°8094 de la revue Documentation photographique (La Documentation française, juillet-août 2013), Philippe Duhamel affirme que « la croissance touristique suit … deux logiques : d’une part une mobilité internationale, pointe émergée de l’iceberg, dont la progression devient exponentielle ; d’autre part, une  mobilité domestique ou nationale beaucoup plus récente à l’échelle mondiale, qui connaît également une très forte croissance.

Les mobilités internationales représentaient 50 millions de touristes en 1950 ; elles concernent un milliard de touristes en 2012, soit une croissance moyenne interannuelle de 15 millions de personnes. L’augmentation fut régulière entre 1950 et 1980, avec une légère inflexion autour du premier choc pétrolier et une stabilisation assez nette au moment du second, avant de  connaître une nouvelle phase de croissance plus accentuée jusqu’au ralentissement provoqué par les attentats du 11 septembre 2001, suivis de l’épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) partie d’Asie en 2003.

Depuis, la croissance touristique internationale connaît des logiques contrastées, entre fortes progressions interannuelles et rares reculs (…) Tout porte donc à croire que rien ou presque n’arrête le développement du tourisme. Crise économique, catastrophes naturelles ou sanitaires, guerres ou actes terroristes produisent des temps d’arrêt qui peuvent durer plusieurs années à l’échelle d’une région ou d’un pays, mais qui sont peu sensibles à l’échelle continentale ou mondiale. Le plus intéressant est la vitesse avec laquelle les sociétés humaines redeviennent touristiques une fois la paix, la stabilité ou la résolution de la crise établie ».

Plage en Chine, 2009

Plage en Chine, 2009.

© Wikimedia Commons

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Si « l’actualité du tourisme est sa mondialisation (…), l’évolution la plus marquante des trente dernières années est l’avènement de nouvelles populations touristiques » dont notamment les touristes "émergents", souligne Philippe Duhamel. En effet, « depuis les années 1980, les populations d’Amérique centrale et du Sud et celles du monde asiatique se sont  progressivement affirmées sur le marché touristique dans chacun des pays concernés, dans les ensembles continentaux mais aussi à l’échelle du monde ».  Dans ces mutations en cours, « le bloc asiatique s’est imposé. Les populations japonaises ont voyagé [à partir des années 1970] (…) au cours de la décennie 1990, elles ont été rejointes par celles des pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), en dépit de la crise de 1997 qui a momentanément stabilisé cette évolution. L’émergence du monde chinois n’a fait que renforcer cette tendance et l’Asie devance désormais les Amériques».

Une demande évolutive et complexe

En France, différents facteurs politiques,  sociétaux et économiques ont été à l’origine de l’essor du tourisme. Son développement massif  y  est intiment lié à l’avènement, en 1936, des congés payés, et notamment à leur allongement progressif à cinq semaines en 1982. Cette cinquième semaine a par ailleurs ouvert la voie aux courts séjours en complément des habituels départs en vacances et par là à un foisonnement de pratiques nouvelles.

Le Colisée de Rome

Le Colisée de Rome, 2013

© Céline Bayou

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Dans "Le tourisme un phénomène économique" (Les Etudes de la Documentation française, 2013), Philippe Violier explique notamment  que  « le fractionnement des vacances et les dispositifs d’ARTT ont encouragé le développement des courts séjours. Selon l’Insee, en 1964, le nombre moyen de journées par séjour de  vacances s’élevait à 19,6 contre 11,8 en 2004. Depuis 1999, la durée moyenne des séjours s’est ainsi stabilisée à une douzaine de jours. Les séjours de bord de mer sont les plus longs, et les séjours en ville les plus courts.
Les courts séjours (1 à 3 nuitées) ont augmenté sur les dix dernières années (+ 10 % entre 1997 et 2006) et se stabilisent depuis. Ils représentaient en 2011 près de 21 % des voyages à l’étranger ou en outre-mer pour motifs personnels et plus de 56 % des voyages en France métropolitaine. Les courts séjours sont généralement plus onéreux que les longs séjours : en moyenne, tous espaces touristiques confondus, ils ont entraîné une dépense de 70,6 € par nuitée contre 40,1 € durant les longs séjours, en 2007, selon l’Insee. Le départ en courts  séjours est plus fréquent chez les 35-49 ans, chez les catégories sociales assez favorisées ou  les grands voyageurs, les classes les plus modestes et les petits voyageurs qui se déplacent peu dans l’année concentrant leurs dépenses sur la prise de vacances annuelles plus longues. Sans surprise, on note une relation inverse entre la taille des familles et les départs en courts  séjours : en 2004, la direction du Tourisme notait que 66,4 % des courts séjours étaient le fait de ménages sans enfants, et pour seulement 0,4 % celui de familles de 4 enfants et plus ».

L’impact des technologies numériques

Port Le Bouveret, Suisse

Port Le Bouveret, Suisse.

© Jean-Pierre Bilem

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La montée en puissance des technologies numériques et notamment de l'accès à Internet, a  rebattu les cartes du marché du tourisme mondial et a bouleversé les acteurs nationaux. Pour les usagers, le e-tourisme offre désormais des moyens de préparer, d'organiser et de réserver ses voyages via Internet. 

Selon un rapport  publié par le Sénat  en octobre 2013 ("Tourisme : une place de leader à reconquérir"),  « les voyages et le tourisme restent le premier secteur de produits et services achetés en ligne et internet le premier canal de distribution : 30 % du chiffre d’affaires de l’hôtellerie en France passe déjà par les réservations faites sur le web. En outre, des opérateurs hôteliers peuvent être amenés à perdre la commercialisation de leurs propres nuitées, dés lors qu’une partie a lieu au moyen de ces plates-formes en ligne. Ces dernières vont en effet jusqu’à interdire contractuellement aux hôteliers qui ne sont pas en mesure de s’y opposer de les concurrencer en offrant des chambres à des tarifs inférieurs à ceux  qu’elles pratiquent. 

(…) Le développement des plates-formes de réservation en ligne, est un phénomène récent et d’une ampleur massive (…) une source majeure d’inquiétude quant à la répartition de la chaîne de valeur dans l’industrie touristique. Booking.com, Ebookers.fr, Expédia.fr, Voyage privé.com, Last minute.com… toutes  ces centrales de réservation agrègent désormais l’offre proposée par un nombre croissant d’opérateurs physiques implantés sur le territoire national pour la proposer sur Internet aux voyageurs potentiels du monde entier. (…) Cette visibilité nouvelle à l’échelle planétaire constitue un avantage appréciable pour des opérateurs souvent territorialisés. Le "revers de la médaille" est la commission substantielle qu’empochent ces grandes centrales de réservation sur les transactions ainsi réalisées. Situées en dehors de la France,  parfois même de l’Union européenne, elles réalisent en outre, des bénéfices pour des prestations pour partie achetées par des consommateurs nationaux qui échappent entièrement à notre système fiscal. À l’opposé, des  centrales  "institutionnelles" basées dans notre pays, telles que Gites de France, prennent des marges bien moins élevées. Surtout, l’argent qu’elles récoltent grâce à leur activité de réservation est réinjecté dans l’économie du tourisme, par exemple à travers des actions de formation de personnels ou de promotion des offres ».

Paris fait la Une en Chine pour son insécurité. Pékin demande à la France de mieux protéger les touristes chinois suite à la multiplication des agressions et des vols qu'ils subissent. Les touristes chinois dépensent beaucoup d'argent en France mais Paris est devenu une destination à risque. Article : http://www.leparisien.fr/paris-75/par...

Au cours des soixante dernières années, le tourisme a connu une phase d’expansion et est devenu une activité diverse par ses acteurs et ses structures. Essentiel pour des territoires et sociétés, il est porteur de développement et producteur de richesse.

 
 

Un vecteur de croissance

Citant les chiffres du WTTC (World Travel and Tourism Council), Philippe Duhamel dans "Le tourisme. Lectures géographiques", n°8094 de la revue Documentation photographique (La Documentation française, juillet-août 2013) rappelle que  « pour 2012, [la] contribution directe du tourisme au PIB mondial [est] à hauteur de 1 500 milliards d’euros ; par ailleurs, il serait à l’origine de 100 millions d’emplois directs. Si l’on tient compte des impacts indirects et induits, l’économie touristique produirait plus de 5 000 milliards d’euros de richesse et représenterait 260 millions d’emplois, soit 8,7 % des emplois totaux. Elle représenterait 9,2 % de l’investissement international total et 3,8 % des dépenses publiques mondiales. Enfin, avec 6 % des exportations mondiales, elle serait en quatrième position après les hydrocarbures, la chimie et l’industrie automobile.  Selon l’organisation mondiale du tourisme (l’OMT)  le tourisme serait aujourd’hui la première activité économique au monde (…).

Touristes sur le Mont-Saint-Michel, 2005

Touristes sur le Mont-Saint-Michel, 2005.

© Wikimedia Commons

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En France, le tourisme est l’une des premières industries, avec un chiffre d’affaires estimé à 78 milliards d’euros et presque 1,2 million d’emplois directs. Si l’on inclut les contributions indirectes, les recettes du tourisme s’élèvent à 197 milliards d’euros et presque 3 millions d’emplois. L’hôtellerie et la restauration rassemblent la moitié d’entre eux, mais d’autres secteurs sont présents comme les tour-opérateurs, les agences de voyages (35 000 salariés) et le monde de la culture, des sports et des loisirs (42 000), plus indirectement lié au tourisme. Loin derrière, les offices du tourisme n’emploient que 11 000 permanents ».

Un secteur créateur d’emplois

Dans "Le tourisme. Un phénomène économique" (Les Etudes de la Documentation française, 2013), Philippe Violier souligne la contribution essentielle du tourisme à l’économie.

La foule devant le musée d’Orsay

La foule devant le musée d’Orsay, 2013.

© Wikimedia Commons

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« Le tourisme, dans son acceptation le plus large (…) représenterait 5 % de l’activité économique mondiale et 6 à 7 % des emplois. Les recettes du seul tourisme international, celui qui implique un franchissement de frontière, sont estimées à 1 030 milliards de dollars, soit 740 milliards d’euros, pour 2011, avec une progression en valeur (c’est-à-dire en tenant compte des fluctuations des taux de change et de l’inflation) de 3,9 % par rapport à 2010. (…) À l’instar des tendances internationales, l’emploi touristique  connaît également  une expansion en France. « L’emploi touristique, tel que défini par Pôle Emploi, progresse en France de 23,6 % entre 2000 et 2010. Dans l’ensemble des activités caractéristiques, les évolutions sont contrastées. Dans l’hébergement, la hausse la plus nette vient des terrains de camping, tandis que l’hôtellerie se maintient, mais rappelons qu’elle représente près de 20 fois plus d’emplois que le camping. La restauration rapide progresse très nettement et de manière continue, sans empêcher le secteur traditionnel de connaître également une forte croissance des emplois, si bien que cette dernière représente toujours plus du double des emplois proposés par la première en 2010, alors que le rapport était de 2,5 à 1 en 2000 ».  

 

Evolution des emplois salariés dans les activités caractéristiques du tourisme en France 2008-2012

Secteur d’activité

2008

2009

2010

2011

2012

Structure en 2012
(en %)

Évolution
2012/2011
(en %)

Hôtels et hébergements similaires

176 136

172 835

176 650

178 508

176 483

14,2

- 1,1

Hébergements touristiques et autres hébergements
de courte durée

30 621

29 961

29 256

28 842

29 417

2,4

2,0

Terrains de camping et parcs pour caravanes(1)

10 121

10 276

10 854

10 912

10 850

0,9

- 0,6

Restauration traditionnelle

334 275

340 939

352 543

361 703

365 234

29,3

1,0

Cafétérias et autres libres-services

18 543

17 530

17 657

17 419

17 055

1,4

-  2,1

Restauration de type rapide

136 330

144 302

154 217

163 479

167 867

13,5

2,7

Débits de boisson

47 063

46 630

46 782

47 667

47 588

3,8

- 0,2

Services de transport non urbain(2)

280 460

281 837

281 391

275 624

276 719

22,2

0,4

Activités des agences de voyages

32 066

30 135

29 604

29 196

28 259

2,3

-3,2

Activités des voyagistes

6 874

6 380

6 053

6 096

5 664

0,5

- 7,1

Autres services de réservation et activités connexes

11 132

11 701

12 032

12 323

12 530

1,0

1,7

Locations de courte durée de matériel(3)

15 477

14 536

14 324

15 002

14 826

1,2

- 1,2

Musées, spectacles et autres activités culturelles

21 042

21 219

21 547

21 688

22 0329

1,8

3,0

Parcs d’attractions et autres services récréatifs

39 117

39 021

40 847

39 605

41 298

3,3

4,3

Jeux de hasard et d’argent

20 142

19 312

19 380

19 041

18 699

1,5

- 1,8

Téléphériques, remontées mécaniques(4)

10 267

10 067

10 980

10 323

10 924

0,9

5,8

Ensemble

1 189 666

1 196 681

1 224 117

1 237 428

1 245 742

100,0

0,7

 

(1) L’activité de ces établissements étant essentiellement réalisée en période estivale, ces effectifs mesurés au 31/12 ne reflètent pas la réalité de l’emploi dans ce secteur.
(2) Transport de passagers (aérien, ferroviaire, par autocar, maritime, fluvial).
(3) Véhicules de tourisme, articles de sports et de loisirs.
(4) Le champ de l’Acoss ne couvre pas les salariés des collectivités publiques ; la chambre professionnelle « Domaines Skiables de France » estime que les collectivités publiques emploient environ 10 % de l’ensemble des salariés du secteur « téléphériques, remontées mécaniques ».
Champ : France métropolitaine.
Source : Acoss; Mémento du tourisme 2013.

 

Le touriste consommateur

Plage à Alicante en Espagne, 2005

Plage à Alicante en Espagne, 2005.

© Wikimedia Commons

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Le tourisme est un apport considérable pour les sociétés qui le développent. Philippe Violier explique que «même si les premières destinations dans le monde sont les métropoles (Paris, Londres, New York, Las Vegas…), les flux d’individus se traduisent par des transferts financiers des métropoles vers les marges. Il ne s’agit cependant pas que d’un déplacement de richesses. Certes, on peut estimer que les consommations alimentaires, par exemple, ne créent pas réellement de richesses puisqu’elles seraient de toute façon survenues au lieu de résidence. Mais les individus ne consomment pas de la même manière et ont recours, dans les destinations où ils se rendent, à des services. D’autres consommations, et singulièrement les hébergements, sont intrinsèquement liés au tourisme et supposent des investissements lourds. (…)

Marché sous le palais Dioclétien

Marché sous le palais Dioclétien, Croatie, 2012

© Jean-Pierre Bilem

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La création de valeur par le tourisme peut être appréciée à partir des dépenses des touristes, à savoir de leur consommation, et à partir de l’investissement des entreprises. (…) Le compte satellite du tourisme (CST) permet d’apprécier l’évolution et la structure des  dépenses des touristes. (…) [Il] cherche à mesurer les consommations des visiteurs (touristes et  excursionnistes) ; sont prises en compte celles qui relèvent de la sphère marchande comme celles qui relèvent du non marchand. Ces dernières ne donnent pas lieu à un échange  monétaire : il s’agit par exemple de l’usage d’une résidence secondaire, d’un hébergement chez des parents et amis ou d’un service de renseignement auprès d’un office de tourisme. (…)Sur la longue durée, depuis 1990, les dépenses des touristes sont en hausse. Cependant, elles sont sensibles aux fluctuations de la conjoncture, comme l’attestent notamment les fléchissements de 1993 et de 2003. Les études montrent que, si le taux de départ est affecté par le ralentissement de l’activité économique, les ménages réagissent aussi en maintenant leurs séjours mais en en réduisant les dépenses. (…) Globalement, la consommation touristique intérieure (CTI) représentait, au titre de 2010, 137,6 milliards d’euros (soit 7,1 % du PIB), dont 94,2 milliards pour la consommation touristique des visiteurs français (68,5 % de la CTI et 4,9 % du PIB) ».

 

Evolution de la dépense du tourisme intérieur en France (visiteurs français et étrangers) 2008-2012

 

Montant
(en milliards d'euros courants)

Évolutions 2012/2011
(en %)

2008

2009

2010

2011

2012

 

I Dépenses en services caractéristiques

85,160

80,937

83,244

87,670

89,656

2,3

1. Hébergements touristiques marchands
Hôtels
Campings (1)
Gîtes ruraux et autres locations saisonnières
Autres hébergements marchands (2)

21,257
11,772
1,785
5,666
2,034

21,295
11,335
1,920
5,989
2,052

21,860
11,915
2,005
5,972
1,968

23,534
12,577
2,119
6,640
2,198

24,130
12,966
2,148
6,806
2,210

2,5
3,1
1,4
2,5
0,5

2. Restaurants et cafés

16,701

16,527

16,591

17,562

17,952

2,2

3. Services de transport non urbain
Transport par avion
Transport par train (3)
Transport par autocar
Transport fluvial et maritime

26,986
16,733
7,290
2,231
0,732

24,140
14,252
6,819
2,313
0,755

25,056
15,003
6,857
2,413
0,783

26,401
15,944
7,211
2,455
0,791

27,379
16,832
7,285
2,482
0,780

3,7
5,6
1,0
1,1
-1,4

4. Location de courte durée de matériel
Location de véhicules de tourisme
Location d’articles de sports et loisirs

3,692
2,313
1,379

3,533
2,133
1,400

3,560
2,147
1,413

3,640
2,111
1,529

3,683
2,142
1,541

1,2
1,5
0,8

5. Services des voyagistes et agences de voyages

8,261

7,333

7,871

8,036

7,889

-1,8

6. Services culturels, sportifs et de loisirs
Musées, spectacles et autres activités culturelles
Parcs d’attraction et autres services récréatifs
Casinos
Remontées mécaniques

8,263
2,061
2,476
2,826
0,900

8,109
2,080
2,325
2,772
0,932

8,306
2,183
2,287
2,896
0,940

8,497
2,273
2,335
2,937
0,951

8,624
2,327
2,266
3,057
0,974

1,5
2,4
-2,9
4,1
2,4

II Autres postes de dépenses

40,832

38,224

37,625

42,353

44,316

4,6

Carburants
Péages
Aliments et boissons (4)
Biens de consommation durables spécifiques (5)
Autres biens de consommation (6)
Taxis et autres services de transport urbain
Autres services (7)

11,147
3,189
8,592
5,151
8,389
1,584
2,780

8,878
3,310
8,362
4,931
8,384
1,540
2,819

9,681
3,261
8,246
5,012
7,046
1,539
2,841

11,293
3,388
8,616
5,496
8,759
1,759
3,042

11,987
3,424
8,888
5,476
9,433
1,887
3,221

6,1
1,1
3,2
-0,4
7,7
7,2
5,9

III Dépense touristique (III = I + II)

125,991

119,161

120,869

130,024

133,972

3,0

IV Hébergement touristique non marchand (8)

13,650

14,122

14,474

14,740

15,073

2,3

V Consommation touristique (V = III + IV)

139,642

133,283

135,343

144,764

149,046

2,3

 

(1) Y compris campings municipaux.
(2) Résidences de tourisme et résidences hôtelières, villages de vacances, auberges de jeunesse, etc.
(3) Hors transilien.
(4) Hors restaurants et cafés.
(5) Camping-cars, bateaux de plaisance, articles de voyage et de maroquinerie et certains types de matériels de sport utilisés spécifiquement sur les lieux de vacances.
(6) Shopping en produits locaux, souvenirs, cadeaux, etc.
(7) Réparations autos, soins corporels, etc.
(8) Résidences secondaires de vacances (valeur locative imputée).
Note de lecture : La consommation touristique intérieure s’élève en valeur à 149 milliards d’euros en 2012. Elle est en hausse de 3 % par rapport à 2011 dont
+ 0,6 % en volume et + 2,3 % en prix. Le transport par avion contribue pour + 0,8 point à l’évolution en volume.
Source : Compte satellite du tourisme, base 2005, Dgcis; Acoss ; Mémento du tourisme 2013.

Une économie le tourisme, mais ou en sommes-nous ? Dossier complet
Une économie le tourisme, mais ou en sommes-nous ? Dossier complet
Une économie le tourisme, mais ou en sommes-nous ? Dossier complet

Le touriste est un voyageur particulier, le tourisme une expérience humaine qui se déroule dans un espace-temps du hors quotidien où chacun décide de partir habiter ailleurs temporairement.

 
 

Culture et pratiques touristiques

Mer des Wadden et camping, 2013

Mer des Wadden et camping, 2013.

Photo : Martina Nolte. © Wikimedia Commons

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À l’heure actuelle, le touriste est tout le monde et partout. Dans "Le tourisme. Lectures géographiques", n°8094 de la revue Documentation photographique (La Documentation française, juillet-août 2013), Philippe Duhamel apporte un éclairage pertinent sur la diversification culturelle des touristes :« En effet, le tourisme est une invention anglaise, mais reprise très rapidement par les pays européens et l’Amérique du Nord. Il est donc d’origine et de conception occidentale, mais cette pratique se développe dans des pays dont la culture est différente (le terme n’existe d’ailleurs pas dans toutes les langues). Dès lors, des spécificités apparaissent dans l’usage d’espaces communs à l’ensemble des touristes. Ainsi, si nous allons tous à la plage, nous ne la fréquentons pas tous de la même manière. Au Vietnam, à Hon Rom et Mui Né, les regards croisés des Occidentaux et des nationaux montrent une manière très différente de vivre le bord de mer. La diffusion des pratiques ne signifie donc pas leur duplication à l’identique. Des pratiques similaires peuvent également être vécues différemment, à l’instar du pique-nique, très répandu dans les pays arabes ou asiatiques comme moment de grande sociabilité familiale et amicale, très au-delà de ce que l’on peut observer dans les pays occidentaux. Cette variété culturelle est importante pour le tourisme car découvrir, se reposer, jouer ou être en société ne revêt pas du tout le même sens selon les  sociétés, comme le montre la définition variable de ce qu’est un beau paysage par exemple ».

 

Des manières différentes d'être touristes

 

A la plage de Hom Rom

A la plage de Mui Né

Ce qu'aiment les touristes vietnamiens

Ce que n'aiment pas les touristes occidentaux

Ce qu'aiment les touristes occidentaux

Ce que n'aiment pas les touristes vietnamiens

Sociabilité

  • On peut venir nombreux, avec sa famille, ses collègues.
  • C'est gai et joyeux.
  • Il y a trop de monde, on est les uns sur les autres.
  • C'est bruyant
  • Il y a peu de monder et de l'espace.
  • C'est calme, on respire.
  • Il y a tellement peu de monde qu'on ne se voit pas arriver tous ensemble.
  • C'est triste.

Commodités

  • On peut se garer facilement.
  • Il y a tout ce qui faut pour s'installer (tables, chaises, transats, etc.).
  • On peut acheter ce qu'on veut grâce  aux vendeuses ambulantes.
  • C'est pratique.
  • La plage a perdu son aspect naturel et sauvage.
  • C'est moche.
  • les vendeuses ambulantes venant sans cesse vous solliciter sont pénibles, d'autant qu'il faut tout négocier.
  • La plage semble plus naturelle : des constructions basses et peu nombreuses, beaucoup de bois.
  • C'est beau.
  • On n’achète seulement quand on veut, dans des boutiques, c'est plus agréable.
  • Ce n'est ni pratique pour ce garer, ni confortable pour s'installer.
  • Il faut tout emmener avec soi, personne ne vient vous servir.
  • C'est cher : les prix sont fixes, on ne peut rien marchander.

Rapport au soleil
 et à la plage

  • On peut se protéger du soleil grâce aux parasols et aux auvents. C'est plus frais.
  • La plage est répulsive.
  • Il n'y a personne sur la plage, on n'ose pas y aller se faire bronzer.
  • On ne peut pas profiter du soleil.
  • On peut se faire bronzer et profiter de la plage (volley, badminton, etc.).
  • La plage est attractive
  • Il fait trés chaud, il n'y a aucun coin d'ombre.
  • C'est dangereux, on va finir par avoir une insolation.

Rapport au corps

  • Les femmes sont habillées et plus pudiques.
  • On préserve la blancheur de sa peau.
  • On n'ose pas se mettre en bikini.
  • On ne peut pas se faire bronzer.
  • On porte des bikinis, c'est beau et pratique.
  • On peut se faire bronzer, c'est tellement plus beau.
  • Les femmes sont impudiques.
  • C'est moche de se faire bronzer.

Rapport à la mer

  • Il y a tout ce qu'il faut pour se baigner : on peut louer des maillots de bain, des  bouées.
  • On reste là où on a pied car ceux qui savent nager sont rares.
  • On ne peut pas se baigner : les premiers mètres du bord sont encombrés.
  • On ne peut pratiquer aucun sport nautique.
  • On peut nager : les gens se dispersent dans l'eau, on a plus d'espace.
  • On peut faire du surf, de la planche à voile, du jet ski.
  • Il n'y a pas grand chose pour se baigner, on ne peut rien louer.
  • C'est dangereux.

 

Source : Emmanuelle Peyvel, L'émergence du tourisme domestique au Vietnam : lieux, pratiques et imaginaires, thèse soutenue en 2009.

 

Le goût de l’autre

Galway,  Irlande, 2013

Galway,  Irlande, 2013.

© Céline Bayou

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Selon Philippe Duhamel, « les touristes recherchent avant tout la compagnie des autres humains. (…) Ce goût de l’autre relève de plusieurs logiques : rencontrer les habitants d’un lieu différent et partager un moment de leur existence ; rencontrer d’autres touristes, soit dans le cadre d’un voyage organisé (…), soit sur son lieu de séjour. À partir de là, toutes les combinaisons sont possibles ».Dans l’avant-propos de l’ouvrage "Le tourisme. Un phénomène économique" (Les Etudes de la Documentation française, 2013), Pierre Py explique à cet égard que « le tourisme est – ou peut être – un temps pour la découverte d’autres civilisations ou de valeurs différentes de la civilisation à laquelle le touriste appartient. La dimension culturelle du tourisme est d’abord la découverte d’un patrimoine, qui donne au touriste l’occasion de découvrir les créations architecturales et artistiques, ainsi que l’histoire d’un peuple et d’une nation. Mais le tourisme est aussi l’occasion de découvrir les mœurs, les coutumes et la cuisine d’un peuple ».

Se confronter à l’altérité

Fête sur un bateau près de l’île espagnole d'Ibiza, 2012

Fête sur un bateau près de l’île espagnole d'Ibiza, 2012.

Photo : Kelly Ibiza. © Wikimedia Commons

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Si le tourisme apparaît indéniablement comme une source d'enrichissement et de croissance, d’aucuns insistent aussi sur les effets négatifs et les enjeux possibles entre touristes et populations locales. Ainsi, Pierre Py observe que  « le tourisme réalise une rencontre de populations différentes, ce qui n’est pas sans conséquences. Il produit tout d’abord des phénomènes d’acculturation, au sens qu’il permet à une culture de prendre le pas sur une autre. L’exemple des Baléares est bien connu. Avant le développement du tourisme, cette île connaissait une civilisation patriarcale, le droit d’aînesse, une économie fondée sur l’agriculture et les femmes au foyer. Le tourisme a modifié l’affectation des terres, qui sont devenues des terrains à bâtir, ce qui a pour effet de remettre en cause le droit d’aînesse. Il a également remis en question l’autorité des patriarches et conduit les femmes à travailler dans le secteur touristique. Le tourisme produit aussi des phénomènes de banalisation des arts et des coutumes : l’expression d’"art d’aéroport" illustre ce phénomène en signifiant que l’art d’une civilisation a perdu son âme. La transformation des cérémonies religieuses en spectacle pour touristes en est une autre illustration ».    

1900
Première édition des guides Michelin.
1910 
Création de l’Office National du Tourisme.

1913
Loi sur les monuments historiques.

1917
Création de la Chambre nationale de l’hôtellerie française.

1929
Création de l’Office du Tourisme Universitaire. (O.T.U)

 1936
Adoption de la loi instituant deux semaines de congés payés pour tous les salariés.(PDF, 55,4 Mo)

1950
Premiers villages de vacances du Club Méditerranée.

1956
Loi n°56-332 (PDF, 96 Ko) portant sur les 3 semaines de congés payés. 

1958
Création de Villages Vacances Familles (V.V.F)

1962
Création du Commissariat au Tourisme.

1969
Loi n° 69-434 (PDF, 86 Ko) portant à quatre semaines la durée minimum des congés payés annuels. 

1982
L’ordonnance n° 82-41 du 16 janvier 1982 relative à la durée du travail et aux congés payés instaure la cinquième semaine de congés payés.

1982
Création des chèques- vacances. 

1986
Création de la Maison de la France, agence chargée de la promotion de la destination «France» à l'étranger.

1995
Mise en service de l’eurotunnel

2009
Atout France  devient l’Agence de développement touristique de la France, unique opérateur de l'État dans le secteur du tourisme.

Bertrand Delanoë, qui ne sera bientôt plus maire de Paris, va laisser derrière lui une ville devenue dangereuse pour les touristes.

Les inégalités face aux vacances

15 juillet 2014 - 70 % des cadres supérieurs partent en congés chaque année, contre 40 % des ouvriers. Et encore, entre catégories, on ne part ni aussi souvent, ni aussi longtemps, ni dans les mêmes conditions.


43 % de la population n’est pas partie en vacances en 2013 selon les données du Crédoc [1]. Le taux de départ en vacances a légèrement augmenté du début des années 1980 jusqu’au milieu des années 1990, de 59 % à 66 %. Depuis, il s’est sensiblement réduit et atteint 57 % en 2013.

Qu’est-ce que partir en vacances ?

Les données présentées ici considèrent que l’on part en vacances quand on quitte son domicile au moins quatre nuits consécutives pour des raisons non-professionnelles. Du coup on englobe dans le même mot des congés très différents : une semaine à la campagne vaut autant que quatre semaines aux Seychelles.

Taux de départ en vacances selon les revenus

Le niveau des revenus détermine en grande partie le fait de partir en vacances ou non : seuls 35 % des foyers aux revenus inférieurs à 1 200 euros mensuels sont partis en 2013, contre 79 % de ceux qui disposent de plus de 3 000 euros. De fait, un « budget vacances » pour une famille peut représenter plusieurs milliers d’euros : impossible pour la majorité des bas salaires.

Des inégalités qui se creusent

Depuis la fin des années 1990, les écarts se creusent selon les niveaux de vie. Pour les bas revenus [2], le taux de départ en vacances a baissé de 9 points entre 1998 et 2013, de 44 à 35 %. Ces dernières années, ce taux a atteint son niveau le plus bas en 2010 et 2011 (33 %). Il connait une légère hausse depuis 2012 (35 %). Parmi les hauts revenus [3], on a assisté à une baisse de 6 points de ce taux entre 1998 et 2007 mais sur l’ensemble de la période 1998-2013, leur taux de départ a seulement diminué de 4 points, pour rester de l’ordre de 80 %.

Pourquoi on ne part pas

Avertissement : les données suivantes sont issues de l’enquête 2010 du Crédoc [4]. Elles n’ont pas été actualisées, contrairement aux données précédentes sur le taux de départ selon le niveau de vie.

En 2010, la moitié des personnes ne sont pas parties en vacances car elles n’en avaient pas les moyens financiers. Il faut dire qu’une semaine de location équivaut souvent au minimum à un demi-Smic. D’autres ne sont pas partis pour des raisons de santé (13 %), familiales (11 %) ou professionnelles (11 %). Moins d’une personne sur dix n’est pas partie par choix.

Taux de départ en vacances selon la catégorie sociale

71 % des cadres supérieurs partent en congés contre 41 % des ouvriers. Plus on monte dans l’échelle sociale, plus on a de chances de partir en vacances.

Ceux qui partent plusieurs fois

Partir est une chose, mais les vrais privilégiés sont ceux qui peuvent le faire plusieurs fois par an. C’est le cas pour 22 % de la population (données 2009). Les cadres sont 43 % à être dans ce cas, mais les ouvriers quatre fois moins nombreux. Pouvoir s’offrir des congés hors de l’été reste un luxe pour la grande majorité.

 

Prendre l’avion reste un privilège
 

Prendre l’avion pour ses déplacements personnels ou professionnels est loin d’être une pratique démocratisée. La moitié des voyages sont réalisés par les 2 % des personnes les plus riches. En 2008, les 10 % des habitants les plus riches ont fait en moyenne 1,3 voyage aérien, alors que jusqu’aux 50 % les plus pauvres, le nombre moyen de vols est proche de zéro (moins de 0,2, soit un voyage tous les 5 ans). Pour la grande majorité des personnes, prendre l’avion est impossible financièrement, en dépit du développement des compagnies à bas prix.

Source : La mobilité des Français, panorama issu de l’enquête nationale transports et déplacements 2008, ministère des transports, décembre 2010.

En savoir plus :

A lire sur notre site :

 

Notes

[1Le Crédoc publiera prochainement ces données.

[2Qui vivent avec moins de 1 200 euros par mois pour une personne seule, et avec moins de 3 000 euros pour un couple avec deux enfants.

[3Qui déclarent des revenus supérieurs à 3 000 euros par mois.

[4Vacances 2010 : Les contraintes financières favorisent de nouveaux arbitrages, enquête « Conditions de vie et Aspirations des Français », Crédoc, octobre 2010.

Une économie le tourisme, mais ou en sommes-nous ? Dossier complet

En 2013, le nombre de touristes étrangers arrivant en France s’établit à 84,7 millions, soit une croissance de 2,0% par rapport à 2012 (83,0 millions). Le nombre de touristes étrangers arrivant en Europe a augmenté de 5% entre 2012 et 2013, selon l’Organisation mondiale du tourisme.

En outre, selon une enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), la croissance du nombre des nuitées des touristes étrangers dans les hébergements de tourisme collectifs français s’établit à 4,6%. La durée des séjours des touristes étrangers en France s’allonge.

Ces chiffres sont positifs dans l’ensemble et confirment que la France, qu’il s’agisse des touristes français ou étrangers, est une destination touristique très attractive. C’est particulièrement vrai pour les touristes asiatiques, dont les arrivées en France ont augmenté de 12,9% entre 2012 et 2013.

Le tourisme est un secteur en expansion, dont la taille va doubler d’ici 2030 (deux milliards de touristes). Il est essentiel de poursuivre tous les efforts pour que le tourisme français soit le premier au monde, et que la France soit en mesure d’accueillir 100 millions de touristes, objectif fixé à l’occasion de la clôture des Assises du tourisme le 19 juin dernier.

Pour aller plus loin : 30 décisions très concrètes pour un tourisme français leader mondial, sur le portail du Gouvernement

L'essentiel des données officielles dans le domaine du tourisme sont rassemblées sous la rubrique Statistiques du tourisme du site de la DGCIS  :


Le site Veille info tourisme assure une veille sur les publications en matière événementielle, juridique ou sectorielle et compile des données d'Atout France, l'Agence de développement touristique de la France, et de la DGCIS. Il rassemble également sur une page  les études, rapports et statistiques sous forme d'une cartographie des connaissances stratégiques du tourisme.

Sur le site de l'Insee, la rubrique thématique consacrée au tourisme rassemble des tableaux par type d'hébergement, le palmarès des sites les plus visités, ainsi que des comparaisons régionales de capacités et de fréquentations.

L'Insee édite également des publications disponibles en ligne :

La plateforme de données publiques Data.gouv propose également des données relatives au secteur du tourisme, notamment l'offre et la fréquentation de l'hôtellerie de tourisme et de plein air (données départementales et régionales au format xls, depuis 2007).
 

Le tourisme en Europe

Eurostat rassemble des données issues des statistiques fournies par les États membres. La page consacrée aux données sur le tourisme au sein de l'Union européenne propose des données mensuelles sur l'industrie touristique et des données annuelles sur les voyages des résidents UE.
 

 

Pour en savoir plus

Fréquentation touristique dans les hôtels et autres hébergements collectifs touristiques(1) en France métropolitaine - Résultats du 1er trimestre 2014

Mise à jour : 6 juin 2014

Au 1er trimestre 2014, la fréquentation dans l'ensemble des hébergements collectifs touristiques est en recul (-3,3%) par rapport à la même période de 2013. Dans les hôtels, la baisse de 2,9 % est imputable autant au repli des clientèles françaises (-2,9 %) qu'étrangères (-2,7 %). Dans les AHCT (autres hébergements collectifs touristiques), la baisse de fréquentation est encore plus marquée (-4,0 %) en raison d'une diminution importante des nuitées étrangères (-10,1 %), alors que la clientèle française (-1,9 %) y diminue moins que dans les hôtels.

Dans les hôtels, le parc de chambres commercialisées est stable sur un an, alors que la tendance ces dernières années était à une progression à un rythme annuel situé entre 0,5% et 1,5 %. Dans ce contexte de stabilité du parc, la baisse des nuitées provient d'une diminution de la location des chambres commercialisées (-1,8 %) et, dans une moindre mesure, d'une baisse du nombre moyen de nuitées par chambre.

Les hôtels non classés (selon les nouvelles normes de classement) ou 2* observent un recul moindre de leur fréquentation que les hôtels de moyenne ou haut de gamme. Dans les 4* et 5*, la baisse est accentuée pour la clientèle étrangère.

Dans les AHCT, les résidences de tourisme ou hôtelières de chaine, qui représentent le segment le plus important (79 % des nuitées des AHCT), voient leur fréquentation chuter de 3,9 %, en raison d'un vif repli de la clientèle étrangère (-12,3 %).

La région parisienne est la région où la proportion de nuitées étrangères est la plus élevée : environ la moitié pour les hôtels comme les AHCT. Elle concentre 37 % de l'activité hôtelière nationale mais à peine 9 % de l'activité des AHCT. Toutefois, cette situation évolue avec une part de marché croissante des AHCT. En effet, dans l'hôtellerie, la baisse des nuitées (-2,4 %) est comparable à celle de l'évolution nationale, avec un repli moins marqué pour la clientèle étrangère (-2,2 %). A l'inverse, la progression des AHCT est vive (+6,2 %), avec une hausse très marquée pour les étrangers (+10,9 %) et dans une moindre mesure pour la clientèle française (+1,5 %).

Dans les agglomérations urbaines de province, le constat est globalement similaire. La baisse de fréquentation hôtelière est contenue (-1,7 %) grâce à un moindre repli de la clientèle étrangère (-0,8 %). En revanche, les AHCT y enregistrent de bons résultats (+3,6 %), grâce à la poursuite de la progression de la clientèle française (+5,0 %) et alors que la clientèle étrangère reste atone.

L'espace montagne qui, durant ce trimestre hivernal, concentre 17 % des nuitées hôtelières et 60 % des nuitées dans les AHCT, voit sa fréquentation chuter dans tous les types d'hébergement : respectivement -6,1 % et -6,8 %. La baisse de la clientèle étrangère est plus marquée dans les AHCT et moindre dans l'hôtellerie.

L'espace rural connait une situation très contrastée : un repli (-3,5 %) dans l'hôtellerie, alors que la clientèle des AHCT progresse vivement (+9,6 %).

Sur le littoral, toujours peu actif au premier trimestre, le recul de la fréquentation est plus marqué dans les autres hébergements (-8,3 %) que dans les hôtels (-1,6 %).

Évolutions mensuelles : Le mois de janvier permet de limiter les mauvais résultats de ce trimestre : +0,7 % dans les hôtels et +0,3 % dans les AHCT. Le mois de février est en recul dans les hôtels (-0,9 %) et les autres hébergements (-3,9 %). Mais c'est le mois de mars qui affiche les plus mauvais résultats dans tous les segments d'hébergement. En effet, les vacances d'hiver de la zone C englobant notamment l'académie de Paris, ont été positionnées entièrement en février cette année alors qu'elles l'étaient en mars l'année dernière.

Nombre de nuitées au premier trimestre 2014 et évolution par rapport à 2013

  Nombre de nuitées en 2014 T1 (moyenne mensuelle en millions) Évolution en glissement annuel 2014 T1/2013 T1 (en %)
Ensemble Touristes en provenance de France Touristes en provenance de l'étranger
Source : Insee, enquêtes de fréquentation dans les hôtels et autres hébergements collectifs .
* les données 2013 de l'enquête hôtelière ont été rétropolées selon la méthodologie 2014.
Hôtels* 12,5 -2,9 -2,9 -2,7
Autres hébergements collectifs 7,1 -4,0 -1,9 -10,1

Durée moyenne des séjours et taux d'occupation aux premiers trimestres 2014 et 2013

  Durée moyenne des séjours en 2014 T1 (en jours) Durée moyenne des séjours en 2013 T1 (en jours) Taux d'occupation en
2014 T1** (en %)
Taux d'occupation en
2012** (en %)
Source : Insee, enquêtes de fréquentation dans les hôtels et autres hébergements collectifs .
* les données 2013 de l'enquête hôtelière ont été rétropolées selon la méthodologie 2014.
** le taux d'occupation est calculé en chambres pour les hôtels et en unités d'hébergement (chambres, appartements, dortoirs.) pour les autres hébergements collectifs.
Hôtels* 1,8 1,8 50,3 51,2
Autres hébergements collectifs 4,6 4,7 48,6 49,8

 

Nombre de nuitées dans les hôtels au premier trimestre 2014 en fonction de la catégorie

Hôtels Nombre de nuitées en
2014 T1
(moyenne mensuelle en millions)
Évolution en glissement annuel
2014 T1/2013 T1
(en %)
Source : Insee, enquête de fréquentation hôtelière.
1 et 2 étoiles 3,4 -1,9
3 étoiles 4,4 -3,4
4 et 5 étoiles 2,7 -4,2
Non classés 2,0 -1,4
Ensemble 12,5 -2,9

Évolution comparée 2012-2013-2014 du nombre mensuel des nuitées

Hôtels

Hôtels : évolution comparée  2012-2013-2014 du nombre mensuel de nuitées dans les hôtels

Source : Insee; enquête de fréquentation dans les hôtels

ACHT

Évolution comparée 2012-2013-2014 du nombre mensuel des nuitées dans les ACHT

Insee, enquête de fréquentation dans les autres hébergements collectifs

Nombre de nuitées dans les hôtels au premier trimestre 2014 en fonction de la situation géographique, et évolution par rapport à 2013

Hôtels Nombre de nuitées en
2014 T1
(moyenne mensuelle en millions)
Évolution en glissement annuel
2014 T1/2013 T1 (en %)
Source : Insee, enquête de fréquentation hôtelière.
Agglomération parisienne 4,5 -2,5
Littoral 1,5 -1,6
Montagne 2,1 -6.1
Urbain 3,8 -1,7
Rural 0,6 -3,5
Ensemble 12,5 -2,9

Nombre de nuitées dans les ACHT au premier trimestre 2014 en fonction de la situation géographique, et évolution par rapport à 2013

Autres hébergements collectifs Nombre de nuitées en
2014 T1
(moyenne mensuelle en millions)
Évolution en glissement annuel
2014 T1/2013 T1 (en %)
Source : Insee, enquêtes de fréquentation dans les autres hébergements collectifs.
Agglomération parisienne 0,3 6,0
Littoral 0,8 -8,3
Montagne 4,3 -6,8
Urbain 1,1 3,6
Rural 0,6 4,0
Ensemble 7,1 -4,0

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(1) Les hébergements collectifs touristiques autres que les hôtels et campings comprennent les résidences de tourisme, les résidences hôtelières de chaîne, les villages vacances, les maisons familiales, les auberges de jeunesse, les centres sportifs et les centres internationaux de séjour.

Une économie le tourisme, mais ou en sommes-nous ? Dossier completUne économie le tourisme, mais ou en sommes-nous ? Dossier complet
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Gregory Bodylski 26/09/2014 11:37

Il paraît qu'il existe carrément un mot pour désigner la déprime qu'éprouvent les touristes en France.

Gerard Rhit 26/09/2014 12:14

le tourisme comme indicateur économique c'est un leurre.lorsque l'on réduit le temps de travail comme en francette ,on a plus de temps pour dépenser l'argent que l'on a pas, donc évidemment ça coince