Pollution des océans, l'effet plastique

Publié le par AL de Bx

Des scientifiques ont calculé que des particules de plastique polluent 88 % de la surface des océans, sans pouvoir en déterminer les effets sur la vie marine.

 

Les déchets de plastique flottant sur les océans pèseraient seulement 7 000 à 35 000 tonnes. Mais ils ne représentent qu'une fraction de l'ensemble des micro- particules infiltrées dans la vie marine et les eaux du globe.  On pensait que le phénomène était contenu par les courants marins, il n'en est rien. Des micro-fragments de plastique, d'une taille inférieure au millimètre, pollueraient jusqu'à 88 % de la surface des océans, selon des chercheurs espagnols dont l'étude a paru lundi aux États-Unis*. "Les courants océaniques transportent des objets de plastique réduits en de très petits fragments par les radiations solaires, et ces micro-plastiques, qui peuvent demeurer ainsi des centaines d'années, ont été détectés dans 88 % des échantillons de la surface des océans lors de l'expédition Malaspina en 2010", a expliqué Andrés Cózar, un des auteurs de l'étude et scientifique au Centre supérieur de la recherche scientifique (CSIC) de l'université de Cadix en Espagne. L'expédition Malaspina, un projet conduit par le CSIC, compte plus de quatre cents chercheurs venant de plusieurs pays. Ces scientifiques ont récolté près de 200 000 échantillons d'eau, de plancton, de particules atmosphériques et de gaz dans 313 endroits dans les océans Indien, Pacifique et Atlantique, à différentes profondeurs allant jusqu'à 6 000 mètres.

Impact inconnu

Cette recherche a également confirmé l'existence de cinq grandes zones de convergence, parfois appelées continents de plastique, où s'accumulent ces déchets à la surface. Ils correspondent aux cinq grandes circulations des eaux autour du globe. Ces petits fragments de plastique contiennent souvent des contaminants, tels que des dérivés de mercure utilisés comme catalyseurs dans la fabrication du plastique. Ils peuvent être avalés et digérés par les animaux marins et passer dans la chaîne alimentaire, hommes compris. De plus, l'abondance des déchets qui flottent sur les océans permet à de nombreux petits organismes de coloniser des zones auxquelles ils n'avaient pas accès auparavant, expliquent-ils. Mais, selon ces scientifiques, "le plus grand impact de cette pollution sur l'écosystème marin reste inconnu". Les principaux résidus trouvés dans ces déchets sont le polyéthylène et le polypropylène, des polymères utilisés dans la fabrication d'objets quotidiens, tels que des sacs, des contenants alimentaires et de boisson, des ustensiles de cuisine ou des jouets.

Sous la surface, où est passé le reste ?

Le remède existe-t-il ? Il y a bien le projet de "nettoyer les océans" d'un jeune étudiant courageux et dont le financement est ouvert à tous. Mais certains scientifiques se montrent sceptiques devant cette entreprise de dépollution, étant donné la taille microscopique des déchets incriminés. La seule solution ayant pour l'instant fait ses preuves ne peut que limiter le problème, non le résoudre : produire moins de plastique. En attendant, le rejet dans les océans de déchets plastique provoque des dégâts estimés à au moins 13 milliards de dollars et menace la vie marine, le tourisme et la pêche, a averti l'ONU à l'ouverture de sa première Assemblée sur l'environnement le 23 juin à Nairobi. La mer est "un univers en danger", estime dans nos colonnes Pascal Lamy dans un plaidoyer pour l'économie bleue. L'ancien directeur général de l'OMC appelle, en tant que membre de la Global Ocean Commission, a un "programme anti-rejets de plastique s'adressant directement aux citoyens". Cependant, la contamination en surface par le plastique est moins importante qu'on se l'imaginait : "La bonne nouvelle dans tout cela, c'est que l'abondance de ces déchets de plastique en surface est beaucoup moins grande qu'attendu", relève Carlos Duarte, coordinateur de l'expédition Malaspina. Les chercheurs ont estimé que les déchets de plastique flottant sur les océans pèsent de 7 000 à 35 000 tonnes, avec une plus grande concentration dans le Pacifique Nord qui représente 33 à 35 % du total. "Mais le grand problème est de déterminer où vont tous les micro-plastiques qui entrent dans l'océan", nuance-t-il. L'Espagnol explique au Point que cette estimation en surface ne représenterait en fait qu'un seul pour cent du plastique total dans les eaux. Quand on sait que, selon les industriels du secteur, la production mondiale de plastique a frôlé les 300 millions de tonnes en 2012 et que la majorité de ces déchets ne sont pas valorisés, on ne peut en effet que se demander : où sont passés les 99 % restants ? Les scientifiques formulent pour l'instant plusieurs hypothèses sur le ou les processus qui entraîne(nt) la disparition du plastique en surface : est-il mangé par les microbes ? Enfoui dans les sous-sols marins ? Finit-il dans l'estomac des poissons ? Et donc, potentiellement, dans votre assiette...

* Plastic debris in the open ocean, in Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS), publié le 30 juin 2014.

 

Une étude confirme que les océans sont devenus une soupe au plastique

Source, journal ou site Internet : le Point

Date : 1er juillet 2014

Auteur : avec AFP/ Jason Wiels

Pollution des océans, l'effet plastique
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lydie10 10/07/2014 19:04

Avec un simple masque de plongé c'est flagrant, les fragments plastiques et pollutionq sont visibles partout

Luc Wilquin 09/07/2014 00:03

boaf, les méduse survivront

El Db 08/07/2014 14:18

Dans les PVD les gens balancent ça à la flotte comme si c'était du papier