Bercy est vorace malgré déjà la paupérisation accélérée de nos armées ! Patriotisme oblige, les militaires ne bronchent mots...

Publié le par AL de Bx

  1. La chercheuse Bénédicte Chéron déplore que, depuis le Livre blanc de 2008 jusqu'à l'amputation récente du budget des Armées de 1 milliard d'euros, la Grande Muette fasse l'objet d'un intérêt médiatique intermittent

    Souvenez-vous. Au printemps 2008, la révolte gronde: le Livre blanc de la Défense est en préparation, la réforme de la carte militaire est attendue. Les militaires craignent les coupes budgétaires et les conséquences de ces décisions pour leurs capacités opérationnelles. Le 17 juin 2008, le Livre blanc est remis au Président de la République. Le 18 juin, un «groupe d'officiers généraux et supérieurs des trois armées terre, air, mer, tenu à l'anonymat» signe une tribune dans Le Figaro, sous le nom de «Surcouf» . Ceux qui lisent le journal, ceux qui s'intéressent à ces questions reçoivent ces informations. Ils sont au courant. Mais pour un public large qui n'ouvre que rarement les grands quotidiens nationaux et s'informe essentiellement par la télévision, le sujet n'existe pas. Dans les journaux télévisés, c'est en effet le grand silence, ou presque. Tout juste peut-on trouver dans l'émission «C dans l'air», le 9 avril, intitulée «Sarko dégraisse les mammouths», un reportage consacré à la réforme de la carte militaire, tourné à Dieuze, au début duquel la voix off annonce: «Il y aura 35 000 soldats en moins en France d'ici 2014 selon un pré-rapport, en attendant le livre blanc sur la question». Mais en dehors de ce reportage, lors du débat en plateau entre Christophe Barbier, de l'Express, François Chérèque, alors patron de la CFDT, et l'économiste Elie Cohen, pas une fois le sujet n'est abordé. Un seul journal télévisé, le «19.20» de France 3, le 22 juin, évoque cette question à l'occasion d'un déplacement du Ministre de la Défense, Hervé Morin, à Dax. Puis, en quelques jours, dans des circonstances dramatiques, ce malaise des armées est devenu un sujet médiatique et télévisuel explosif. Le 26 juin, un militaire utilise accidentellement des balles réelles au lieu de balles à blanc lors d'une démonstration pendant les portes ouvertes de son régiment, le 3e RPIMA, à Carcassonne. Bilan: 16 blessés, certains gravement, et parmi eux, 4 enfants. Le sujet fait la une des JT. Le grand public apprend en vrac les informations des jours suivants: le général Cuche, chef d'Etat-major de l'Armée de Terre démissionne, et est remplacé par le général Irastorza ; on prête à Nicolas Sarkozy des propos très sévères («Vous êtes des amateurs», aurait-il dit aux militaires), la gauche monte au créneau et critique la relation tendue que le chef de l'Etat entretiendrait avec l'institution militaire. Dans «C dans l'air», le 2 juillet, le malaise des armées et la question de leurs moyens constituent cette fois-ci le thème principal de l'émission. D'anciens militaires et des journalistes «de Défense» sont en plateau. Le 14 juillet relance l'intérêt médiatique pour le sujet. Deux fois, «C dans l'air» y revient, le jour même de la fête nationale puis le 19 juillet. Dans les JT, cependant, la question s'efface. La torpeur de l'été envahit les médias jusqu'au 18 août. Ce jour-là, dans une embuscade à Uzbin, en Afghanistan, meurent 10 soldats français ; 21 autres sont blessés. La polémique sera violente, des familles porteront plainte. Parmi les sujets de débats médiatiques houleux, lors des semaines qui suivent, ressurgit la question du matériel. Et donc des budgets consacrés à la Défense.

A des rares exceptions près, aucun discours audible et cohérent n'a été tenu et relayé, pour expliquer, pédagogiquement à quoi servent les armées, où va cet « outil de Défense », pourquoi et avec quels objectifs servent les militaires français.

Au cours de ces quelques mois, il y a eu des morts et des blessés. On a pleuré, les Français se sont émus et parfois scandalisés de ces décès. C'est parce qu'il y a eu ces morts et ces blessés que les caméras se sont préoccupées du fameux «malaise». Mais le sujet n'a quasiment pas été traité sur le fond, dans la durée. Le grand public n'a pas pu comprendre le lien existant entre le contenu du Livre blanc et ce malaise, entre les objectifs fixés aux armées et les moyens qui leur étaient alloués. Nous sommes au printemps 2014. Un nouveau Livre blanc a été publié en 2013 et une loi de programmation militaire votée. Pendant deux ou trois semaines, à nouveau, le sujet a agité les milieux politiques et de Défense. Les Français ont pu entendre les politiques de tous bords s'écharper sur les rumeurs de réductions budgétaires à venir. Entendre les suppositions et les démentis, les preuves des uns et les promesses des autres. Le 2 juin, le général Vincent Desportes a prévenu sur RTL: «Nos soldats sont en danger» ; il évoqué une armée de terre «paupérisée», avec des «trous capacitaires importants». L'après-midi même, lors d'un conseil de Défense, le président de la République a affirmé que seraient tenus «les engagements financiers de la loi de programmation militaire» tout en demandant au gouvernement de «faire des propositions pour améliorer la gestion des matériels et projets». Depuis, le soufflet médiatique est retombé. Regonflé épisodiquement par des révélations, comme celles faites sur le site de la Tribune le 11 juin ; le journaliste l'affirme «Bercy a amputé le budget de la Défense de 1 milliard d'euros en 6 mois». Pendant ce temps, les militaires continuent de remplir, autant que possible, leur mission. Qu'ont pu comprendre les Français après cet énième épisode médiatique sur le malaise des armées? Sans doute pas grand chose, et on ne peut leur en vouloir. A des rares exceptions près, aucun discours audible et cohérent n'a été tenu et relayé, pour expliquer, pédagogiquement à quoi servent les armées, où va cet «outil de Défense», pourquoi et avec quels objectifs servent les militaires français. Souhaitons que l'été 2014 ne soit pas aussi dramatique que celui de 2008. Mais si hélas des morts surviennent à nouveau, il ne faudra alors pas se plaindre si, décidément, la société française ne comprend plus pourquoi et comment de jeunes soldats tombent, en son nom, à des milliers de kilomètres.

  1. Ni grève, ni syndicats : pourquoi le malaise des armées est ignoré

    Source, journal ou site Internet : figarovox

    Date 12 juin 2014

    Auteurs : Bénédicte Chéron Adressé par indiqué par l’ANRAT

Bercy est vorace malgré déjà la paupérisation accélérée de nos armées ! Patriotisme oblige, les militaires ne bronchent mots...

Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, a annoncé qu'il visait des réductions de dépenses de fonctionnement dans les armées. Bercy est vorace. Après avoir coupé 1 milliard d'euros de crédits budgétaires en six mois au ministère de la Défense, dont 350 millions d'euros dans le budget 2014, le ministère du Budget ne compte pas s'arrêter à cette somme. Selon les propos du secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert devant la commission des finances de l'Assemblée nationale, il compte bien s'attaquer encore au budget du ministère de la défense dans les mois à venir.

Il y a des dépenses de fonctionnement du ministère de la Défense, du fonctionnement des armées en général, qui peuvent faire l'objet de mesures d'adaptation. Il en reste

Christian Eckert aux députés, rappelant que c'était d'ailleurs le sens de la déclaration du président de la République.

François Hollande avait demandé début juin une amélioration de la gestion du budget Défense. Une balle prise au bond par Bercy, qui tient à sa revanche sur l'Hôtel de Brienne. Pour autant, la loi de programmation militaire (LPM) prévoit déjà la suppression de 34.500 postes dans les armées en six ans, qui viennent s'ajouter aux 45.000 déjà supprimés au cours de la LPM précédente. Et les armées estiment être à l'os.

La LPM, avait expliqué Jean- Yves Le Drian,

contribue au redressement de nos comptes publics. Parce qu'il y a 34.000 suppressions de poste, parce qu'il y a une masse salariale réduite de plus de 4 milliards, parce qu'il y a eu, par rapport à un Livre Blanc antérieur, une réduction des commandes d'environ 14 milliards d'euros, parce qu'il y a des restructurations qui parfois sont difficiles pour les territoires

Jean- Yves Le Drian

Mais visiblement, cela ne suffit toujours pas à Bercy.

250 millions d'euros de recettes exceptionnelles supplémentaires

Quant aux 250 millions d'euros de recettes exceptionnelles supplémentaires piochées dans le programme d'investissement d'avenir (PIA) pour compenser l'annulation des 350 millions d'euros d'annulations de crédits budgétaires, Christian Eckert oublie de dire que c'était déjà une promesse de Bercy fin 2013... pour compenser l'annulation de 650 millions de crédits budgétaires à la fin de l'exercice 2013. Alors que la somme des trois ressources (PIA, cessions immobilières et redevances de fréquences) n'aboutirait pas au montant total prévu par la LPM

pour 2014, selon la Cour des comptes, le ministère de la Défense avait arraché fin 2013 à Bercy 500 millions d'euros de REX supplémentaires "afin de sécuriser la programmation des opérations d'armement jusqu'à la première actualisation de la programmation si la soutenabilité financière de la trajectoire des opérations d'investissement programmée par la présente loi apparaît compromise". Cet amendement à l'article 3 de la LPM visait à compenser l'annulation de crédits de paiement de 650 millions d'euros, qui a touché en fin des gestion 2013 les investissements du programme 146 et qui remettait en cause le point d'entrée de la LPM 2014-2019.

 

Défense : Bercy promet de couper encore le budget des armées

Source, journal ou site Internet : la Tribune

Date : 13 juin 2014

Auteur : Michel Cabirol

Défense

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Patrick Dam 17/06/2014 10:41

La suisse à un budget presque du tiers du notre en %. Mais eux, leur population a le droit de s'armer.
à 0.8%, nous avons 2.3%, un peu au dessus de la moyenne mondiale de 2%.
http://donnees.banquemondiale.org/indic.../MS.MIL.XPND.GD.ZS