Le ralentissement economique en Chine inquiete les groupes etrangers

Publié le par AL de Bx

A l'heure du ralentissement, les entreprises européennes perdent foi dans le marché chinois. Elles jugent que la décélération économique n'est pas compensée par davantage d'ouverture et revoient leurs ambitions à la baisse, selon le sondage de la chambre de commerce européenne en Chine sur la confiance des milieux d'affaires européens dans l'empire du Milieu, publié jeudi 29 mai. Signe de cette méfiance, seuls 53 % des entreprises interrogées estiment que le pouvoir chinois appliquera, au cours des deux prochaines années, de manière significative, les

réformes annoncées en novembre 2013, à l'issue du troisième plénum du 18e congrès, réunion que le parti unique s'est pourtant efforcé de présenter comme un nouveau tournant majeur dans l'ouverture de la Chine. Seulement 26 % de ces entreprises songent à augmenter leurs investissements sur ce marché du fait de ce calendrier ambitieux sur le papier. Cette perte de confiance résulte d'abord d'une croissance du produit intérieur brut (PIB) qui a chuté à 7,4 % au premier trimestre cette année. La proportion d'entreprises pouvant se targuer d'une hausse de leur chiffre d'affaires sur ce marché est passée de 78 % en 2010 à 59 % en 2013. La part de celles engrangeant des bénéfices glisse de 74 % à 63 % sur cette même période. Pour la

première fois, une majorité d'entre elles réalise des marges plus élevées hors de Chine que sur ce marché, longtemps présenté comme l'eldorado. « Du fait de la hausse des coûts et de la continuité des problèmes de réglementation, les entreprises européennes commencent à geler leurs projets d'expansion », constate Joerg Wuttke, président de la chambre de commerce européenne.

LES AUTORITÉS LOCALES RÉTICENTES À DÉPENSER

Certes, elles ne sont pas les seules exposées. Les acteurs économiques chinois subissent eux aussi ce ralentissement, marqué par l'incertitude sur la capacité du pays à tenir son objectif d'une croissance d'« environ 7,5 % » en 2014. Signe de l'inquiétude ambiante, le ministère des finances a ordonné aux collectivités locales « d'accélérer les dépenses dans les projets de construction d'infrastructures et faire que ces dépenses se matérialisent aussi vite que possible ». Pékin menace, dans ce communiqué daté du 21 mai, mais affiché sur le site du ministère mercredi 28 mai, de récupérer les fonds qui n'auraient pas été dépensés. Pour Gao Xu, chef économiste chez Everbright Securities, les autorités locales se sont montrées

réticentes à dépenser ces derniers mois, subissant elles-mêmes les temps difficiles et préférant conserver les fonds car elles jugent que leurs rentrées d'argent ne vont pas s'améliorer. « Il est clair que la croissance est sous forte pression et les gouvernements locaux n'ont pas suffisamment joué leur rôle dans la relance. Pékin veut les contraindre à agir plus rapidement », dit M. Gao. Ce ralentissement est venu détrôner la hausse des coûts du travail, au premier rang des préoccupations des femmes et des hommes d'affaires européens en Chine. Il s'accompagne du sentiment que les entreprises étatiques chinoises se sont quant à elles renforcées au cours de l'année passée. « Une levée des contraintes d'accès au marché convaincrait plus de la moitié des entreprises européennes de renforcer leurs projets d'investissements chinois », argue Joerg Wuttke. Or pour l'heure, malgré un discours progressiste sur le front de l'ouverture économique, les entreprises étrangères demeurent une cible favorite de Pékin. La Chine a ainsi imposé, jeudi 29 mai, pour 19 millions de yuans (2,2 millions d'euros) d'amendes, à cinq fabricants de verres optiques pour manipulation des prix, dont le français Essilor, l'allemand Carl Zeiss, le japonais Nikon et les américains Bausch & Lomb et Johnson & Johnson.

Le ralentissement economique en Chine inquiete les groupes etrangers

Source, journal ou site Internet : le Monde

Date : 30 mai 2014

Auteur : Harold Thibault (Shanghaï correspondant)

Publié dans International

Commenter cet article

Kuing Yamang 30/05/2014 22:55

Ils feraient mieux de s'inquiéter pour la croissance économique de la France, mais non, c'est plus facile de détourner l'attention sur les chiffres chinois. ^^