Le Rafale sur la piste d’envol au Qatar ?

Publié le par AL de Bx

Le 23 juin le nouvel émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, pourrait annoncer lors de sa visite à Paris avoir sélectionné le Rafale. Le 23 juin pourrait être une date très importante pour le Rafale. Pourquoi ? Le nouvel émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, devrait venir ce jour-là à Paris, selon des sources concordantes. Il pourrait annoncer à cette occasion avoir choisi l'avion de combat français et entrer en négociations exclusives avec Dassault Aviation dans la foulée. C'est ce que toute la filière industrielle aéronautique militaire tricolore espère. Tout comme le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui a bâti la loi de programmation militaire (LPM) sur un contrat export de l'avion de combat et François Hollande, qui vont dérouler le tapis rouge au cheikh Al Thani durant son séjour. D'autant qu'actuellement il souffle un vent d'optimisme dans les rangs des industriels de la filière, sondés ces derniers jours par La Tribune. "Tout est prêt, il suffit que Qatar appuie sur le bouton", assure l'un d'entre eux. Et de préciser qu'une année environ sera nécessaire pour finaliser un contrat beaucoup moins complexe que celui négocié en Inde.

REPRISE DES NÉGOCIATIONS EN MARS

Les discussions entre la France et le Qatar avaient repris depuis le mois de mars après une période où Doha avait mis en suspens ce dossier. Durant trois mois environ, les Qataris n'avaient plus donné signe de vie sur le Rafale. Pour autant, à Paris, durant cette période, les industriels et les étatiques ne semblaient pas trop inquiets par ce silence. "Il faut s'inscrire dans la durée avec Doha, ils ont leur propre tempo", expliquait-on à "La Tribune". Et c'est en mars que les Qataris ont finalement repris langue avec le Team Rafale (Dassault Aviation, Thales et Safran) en posant de nouvelles questions sur l'avion de combat. Notamment sur le prix de l'appareil selon le volume d'une éventuelle commande (12, 24, 36, 72 Rafale) afin de mieux cerner la structure de coûts de l'avion de combat.

72 AVIONS DE COMBAT

De douze appareils - des Mirage 2000-5 -, le Qatar voudrait augmenter sa flotte d'avions de combat à 72, dont un premier lot de 36. En tout cas c'est que Doha souhaitait l'été dernier. Un client qui a de toute façon les moyens de s'offrir 72 avions de combat. Dans ce cadre, l'émirat avait envoyé en août dernier un appel d'offres (Request for Proposal) à trois candidats : Dassault Aviation, Lockheed Martin et le consortium Eurofighter. Selon un calendrier informel, le Qatar devait choisir un fournisseur pour un premier lot de 36 appareils d'ici à la fin 2013 et entrer ensuite avec ce constructeur en négociations exclusives. Dassault Aviation tenait la corde pour ce premier lot. Mais le calendrier a dérapé en raison, notamment, du jeu 

étrange des Américains. Mi-septembre, Londres, qui propose Eurofighter Typhoon, et Paris, qui soutient le Rafale (Dassault Aviation), avaient rendu leur offre conformément au calendrier fixé par Doha. Mais pas Washington. Du coup, les deux enveloppes contenant les offres du consortium Eurofighter (BAE Systems, EADS et l'italien Finmeccanica) et de Dassault Aviation ont dormi plusieurs mois au fond d'un coffre avant d'être décachetées... une fois la réponse des Américains réceptionnée par les Qataris. Et curieusement, les États- Unis n'ont finalement pas proposé le F-35, selon des sources concordantes.

LE PARI DE L'EXPORT DE JEAN-YVES LE DRIAN

Dans la construction de la LPM, l'export du Rafale est un pari pour Jean-Yves Le Drian. Non pas qu'un contrat soit inaccessible. Loin de là. Mais quand sera-t-il signé pour libérer des marges de manoeuvre pour le budget de la défense ? Bien sûr tout le monde pense à l'Inde, qui pourrait achever les négociations avec Dassault Aviation en 2015. New Delhi a choisi le Rafale en janvier 2012 après un appel d'offres portant sur 126 appareils et une option de 63 avions supplémentaires. Et pourquoi pas le Qatar qui pourrait choisir un standard proche du Rafale français. Il est d'ailleurs très possible que la France associe le Qatar au développement de l'appareil dans le cadre d'une coopération plus large et très étroite entre les deux pays. Bref, le ministre a fait un sacré pari en inscrivant la livraison de seulement 26 Rafale sur 2014- 2019. Le ministère peut-il réduire le nombre de livraisons de l'avion de combat fixé à 11 appareils par an, soit autour de 1 milliard par an ? A priori, non sauf à s'exposer à des pénalités très lourdes. "Le contrat stipule la livraison annuelle de onze Rafale, avait rappelé l'automne dernier le Délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon. C'est la cadence minimale fixée au regard de la continuité industrielle et de la capacité des fournisseurs de Dassault à produire les équipements nécessaires".

26 RAFALE LIVRÉS ENTRE 2014-2019 À L'ARMÉE DE L'AIR FRANÇAISE
La LPM assure la livraison de 11 Rafale en 2014 et 2015. Après, c'est le pari de l'export qu'avait déjà fait la précédente majorité avec seulement quatre avions livrés en 2016. Le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, avait estimé que les premiers Rafale pourraient être livrés à l'Inde trois ans après la signature du contrat. Soit en 2018 si le contrat est signé en 2015. Enfin, si les prévisions de la LPM en terme d'export n'étaient pas au rendez-vous, le ministère a prévu fin 2015 un rendez-vous pour la réactualiser si nécessaire. Soit une clause de revoyure.

 

Source, journal ou site Internet : La Tribune
Date : 28 mai 2014
Auteur : Michel Cabirol

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